Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa

Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa
( Travesuras de la niña mala)

Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine

Critiqué par Jules, le 11 novembre 2006 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 74 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 14 avis)
Cote pondérée : 8 étoiles (559ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 11 948  (depuis Novembre 2007)

Très beau livre sur une passion inconditionnelle

Un nouveau Vargas Llosa est toujours un événement et celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Nous sommes à Lima et Ricardo Somocurcio, encore adolescent, dès les premières pages, va tomber éperdument amoureux d’une jeune fille de quatorze ans au nom de Lily. Elle va l’accepter, mais de la façon la plus discrète possible. Sa sœur et elles se prétendent chiliennes et non comme péruviennes. Ce mensonge découvert, elles vont totalement disparaître !

Notre narrateur s’en remet mal mais arrive néanmoins à accomplir son vœux le plus cher : vivre à Paris. Il y sera traducteur et interprète. Il devient très ami avec un autre Péruvien, Paul, qui se trouve engagé dans le mouvement révolutionnaire latino-américain suite à la victoire de Cuba. Lui-même n’y adhère aucunement n’étant pas intéressé par la politique et ayant accompli ce qui, pour lui, était son souhait le plus important dans la vie.

Un jour, il accepte cependant d’aider Paul, empêché, et va chercher trois nouvelles recrues à l’aéroport de Paris. Quelle n’est pas sa surprise en découvrant qu’une des candidates révolutionnaires, appelée Clara, n’est autre que Lily.

Il retombe instantanément sous le charme et ils passent une dizaine de jours ensemble jusqu’au jour où elle doit regagner Cuba pour y faire sa formation.

L’amour que porte Ricardo à Lily – Clara, est un amour total, sans limite, de celui que l’on ne ressent qu’une seule fois dans sa vie, obsessionnel. Bien ou mal lui en prendra car, dès ce moment, sa vie va s’en retrouver totalement chamboulée. Lily va s’appeler tantôt Clara, tantôt Madame Robert Arnoux, puis Mrs. Richardson et même Kiruko à Tokyo. Entre chacun de ces hommes, elle se donnera à Ricardo qu’elle appelle ironiquement « le bon garçon » et lui utilisera l’expression de « la vilaine fille ».

Mais entre chaque épisode d’amour fou et de bonheur pour Ricardo, il va se passer des années !... Il est totalement incapable de lui résister et au moindre appel il accourt même si pendant des mois il a tout fait pour tenter de l’oublier. Cela va le mener loin !...

Vargas Llosa, comme d’habitude, écrit merveilleusement bien et donne vie à ses personnages. Les études psychologiques sont plus qu’excellentes !

Même s’il y avait l’une ou l’autre petites longueurs, ce livre est vraiment à lire !...

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

  • Tours et détours de la vilaine fille [Texte imprimé], roman Mario Vargas Llosa traduit de l'espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan
    de Vargas Llosa, Mario Bensoussan, Albert (Traducteur)
    Gallimard / Du monde entier (Paris)
    ISBN : 9782070780839 ; EUR 22,00 ; 05/10/2006 ; 404 p. ; Broché
»Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Les livres liés

Pas de série ou de livres liés.   Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

Réflexion sur un amour sans borne

8 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 54 ans) - 22 mars 2018

C’est mon troisième roman de l’auteur péruvien, et sans doute le plus accompli des trois lus à ce jour. Une sorte de synthèse des deux précédents, soit « Qui a tué Palomino Molero? » et « Eloge de la marâtre », dès lors qu’on retrouve le drôle de drame du premier avec l’érotisme du second.

Ce ne sera donc certainement pas mon dernier de cet auteur séduisant qui nous raconte avec une certaine légèreté une histoire qui pourrait être un pur drame lié à l’amour et à la passion démesurée qu’on porte à un être et qui d’une manière ruine une possible existence stable et heureuse.

Cette réflexion sur un amour sans borne fait aussi passer le lecteur par toutes les émotions bien que l’auteur dit l’essentiel à mi-chemin du roman et que la suite se tire un peu en longueur.

Vargas Llosa est bien un auteur marquant de son époque.

il suffit d'y croire

8 étoiles

Critique de Joanna80 (Amiens, Inscrite le 19 décembre 2011, 63 ans) - 9 octobre 2013

Et Ricardo, il croit. Je ne raconte plus rien sur le livre, c'est déjà fait et bien fait. Ce qui m'étonne est que personne n'a pensé à Dino Buzzati et son "désert de Tartares" ou même à Kafka et "le château.

La vilaine fille et le bon garçon !

8 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 59 ans) - 28 juillet 2013

Tout a été dit (et bien dit) lors des précédentes critiques. Je voudrais m'attarder sur ma perception de la vilaine fille.
Tout d'abord l'expression "vilaine fille". J'ai longtemps cherché où j'avais lu cette curieuse expression et la lumière fut (mais je m'avance peut-être) quand l'auteur fait une timide allusion à Hemingway le tilt me vint : Dans L'ADIEU AUX ARMES il est toujours question d'une "bonne fille". Vargas Llosa a-t-il voulu créer son contraire ??? Je me poserai encore longtemps la question.
Mais revenons à notre héroïne. Il faut suivre car c'est corsé. Née Otilita, surnommée "la petite chilienne" puis "la vilaine fille" suite au mensonge concernant ses origines en étant enfant. Elle deviendra la maîtresse du Commandant Chacon à Cuba. Elle se nomme "camarade Arlette". Elle niera avoir entretenu avec lui des relations intimes mais en toute fin du roman avouera s'être fait ligaturer les trompes car ce dernier avait des désirs de paternité.
Puis elle sera Madame Robert Lanoux en France, ensuite elle devient bigame et épouse en Angleterre Mr Richardson dont elle portera le nom. Ensuite le Japon où elle devient la compagne d'un nommé Fukuda. Puis elle épouse le narrateur et enfin s'enfuit avec le mari de Martine (son amie et employeur).
Une minute d'inattention et on perd vite le fil !!!
Il faut attendre la page 273 pour que l'auteur parle de relation "sado-maso" entre la vilaine fille et le bon garçon... c'est le moins que l'on puisse dire car cet amour qui frise l'obsession est vraiment hors limite.

Un roman intéressant avec quelques longueurs mais très agréable.

Superbe ...

9 étoiles

Critique de HakuRyoku (, Inscrit le 9 juin 2010, 54 ans) - 23 février 2012

Auto-destruction, passion aveugle et inconditionnelle, ou comment rater sa vie de façon magistrale ... mais ensemble.

destruction et reconstruction amour toujours

10 étoiles

Critique de Printemps (, Inscrite le 30 avril 2005, 61 ans) - 13 février 2011

Un bijou à savourer sur des rapports amoureux on ne peut plus improbables et pourtant recherchés et attendus par Riccardo et son amante. Une femme multiple, maîtresse et dominée à son tour. L'histoire d'une passion qui va d'Amérique du Sud en Europe en passant par le Japon. Suspense et répétition. Un bon moment de lecture et une plongée dans la vie d'errance de Péruviens au vingtième siècle et d'images variées des relations possibles homme-femme.

Des exilés péruviens en Europe

8 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 79 ans) - 9 janvier 2011

J'ai vraiment l'impression que la "vilaine fille" qui apparaît et disparaît au fil du récit n'est qu'un prétexte pour l'auteur qui souhaite montrer l'existence chaotique de ces exilés ( pour des raisons très diverses ) en Europe et en premier lieu : comment vivent-ils ? Comment participent-ils à tous ces évènements qui secouent le monde et leur pays d'origine parfois ?

C'est une réussite et on prend beaucoup de plaisir à connaître ces personnages originaux et souvent attachants. La langue de Vargas Llosa est précise et claire, le traducteur y est sans doute pour quelque chose (noter que le narrateur et personnage principal est lui-même interprète-traducteur...). La description des lieux, à Paris notamment, dénote une observation intelligente et sans faille, que les "autochtones" apprécieront !

Abnégation morbide

8 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 51 ans) - 9 août 2009

Comme pour beaucoup d’entre vous, cette lecture fut un plaisir. Plaisir lié à la narration, à la tension qui naît de cette relation entre la vilaine fille et son bon garçon.

Et pourtant, je ne peux m’empêcher d’évoquer le poids de deux faiblesses… D’une part, j’ai trouvé assez agaçants et maladroits tous ces soi-disant hasards qui mettent en présence les deux protagonistes à des années d’intervalle. Le « oh, vous ici ! », ça marche une fois, mais après, ça énerve tant c’est improbable. D’autre part, si l’on peut comprendre cette domination exercée par la vilaine fille, on ne peut s’empêcher de hurler face à la soumission de Ricardo. Au début, on se dit « waouw, magnifique, quel amour, quelle passion, exemplaire ! Puis, la manipulation finit par écoeurer… Une abnégation pareille, ce n’est plus de l’amour, c’est de l’auto-flagellation ! Enfin, ça n’engage que moi…

Un amour improbable.

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 53 ans) - 21 décembre 2008

Ce livre nous fait voyager beaucoup, dans l'espace et le temps : on démarra au Pérou, alors que Ricardo, encore adolescent, tombe amoureux fou d'une soi-disant Chilienne dont il ne pourra jamais plus se passer. Cette première partie, l'épisode du Pérou et l'établissement de Ricardo à Paris, est vraiment excellente, on voyage dans ces deux villes comme dans un vieux film, avec une ambiance nostalgique et de nombreuses références culturelles et politiques. Le passage à Londres, pendant la période hippie, est moins surprenant. Ensuite le récit continue au fil des années et des villes, avec toujours Paris en arrière fond. L'auteur réussit de faire vieillir son personnage sur une période de 30 ans, avec chaque fois des retrouvailles, et cela sans nous lasser.

Il n'y a pas d'amour heureux

8 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 75 ans) - 17 juin 2008

« Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n’y a pas d’amour heureux. »

Mario Vargas Llosa aurait pu mettre ce poème d’Aragon en exergue de ce roman tragique, désespéré et pourtant si plein de vie et de bonheurs. La vie, en somme.
Le premier chapitre sur un quartier huppé de Lima dans les années cinquante est tout à fait merveilleux tant l’auteur sait faire revivre une époque enfouie dans sa mémoire, temps de la jeunesse, de l’insouciance, des premières amours, des serments définitifs et des chagrins inconsolables. La suite est de la même veine avec la découverte du Paris des années soixante qu’il rend, pour quelqu’un qui a connu cette époque, de façon prodigieuse et si certain lecteur s’est agacé de tous ces noms de rues, de cafés (aujourd’hui transformés en resto rapide), ce fut pour moi une promenade dans ce que j’ai tant aimé et que j’ai reconnu. Il en est de même pour l’époque londonienne. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas connu ces temps là, ces lieux là qu’il faut se détourner de la vilaine fille. Dans ces décors magnifiquement reconstitués, Vargas nous raconte une histoire folle, incroyable mais, sûr de son art, il sait nous captiver et nous faire croire à sa vérité qui est le mensonge vrai du romancier.
Il y a bien une certaine redite dans ce retour régulier de la mauvaise fille, un certain systématisme dans la poursuite éperdue de Ricardo et la fin est un peu convenue. Mais tout cela est sublimé par le style et la puissance d’étude des caractères. Et plus encore dans la deuxième partie du roman quand nous passons brusquement d’une histoire d’amour contrarié à un drame. L’histoire reste la même mais les acteurs ont changé, ils ont vieilli et le départ qui était en quelque sorte une espérance de retrouvailles devient un crépuscule hasardeux où la joie folle fait place à la résignation passionnée. Cette rupture de ton est superbement rendue par l’auteur. Seul un très grand écrivain est capable d’un tel tour de force.

L’amour est une maladie, mais une maladie qui sait mêler le désespoir le plus absolu au bonheur le plus excessif. Et surtout l’amour est un miracle et c’est de ce miracle autant que de cette folie que parle parfaitement Vargas Llosa.

« Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri…
Il n’y a pas d’amour heureux
Mais c’est notre amour à tous deux. »

"En attendant ton retour, comme dans une vieille chanson d'amour"

9 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans) - 14 juillet 2007

Le protagoniste attend sans cesse le retour de la femme qui a enflammé son adolescence dans son pays, qui l'a trompé, quitté, qu'il a retrouvée, reperdue et trouvée de nouveau.
L'auteur arrive à filer cette trame apparemment éculée de manière captivante, par son cadre historique, vu qu'il a à connaître tous les soubresauts socio-culturels de la seconde moitié du XXème siècle, par ses décors, puisqu'il décrit les lieux où le personnage a vécu et qu'il a adorés, le Pérou, Paris, Londres et Madrid, et dans lesquelles il s'est glissé comme un caméléon.
Cet interprète est une éponge d'événements, ceux qu'ils vit, qui ne relèvent pas franchement du premier degré de l'anecdotique, et par sa profession d'interprète, vu qu'il ne fait que transférer des mots.
Il découvre sa passion ratée, d'écrivain, à laquelle il ne pourra éventuellement se consacrer qu'après le dénouement de l'intrigue, fatalement curieux, vu le parcours chaotique de la vie de l'intéressé.

Ce roman vous tient en alerte jusqu'au bout, grâce à de nombreux rebondissements, de belles descriptions et des analyses assez fouillées des personnages.

Amour toujours...

9 étoiles

Critique de Papyrus (Montperreux, Inscrite le 13 octobre 2006, 59 ans) - 2 juillet 2007

Vous voulez passer un bon moment ?
Lisez ce dernier roman de Mario Vargas Llosa qui vous entrainera dans les méandres de l'âme humaine sur les traces d'un amour aussi incohercible qu'inaccessible.
Le héros, Ricardo, est souvent pathétique, soumis, sans grande volonté, mais néanmoins attachant. Lily, quant à elle, nous agace, nous glace, nous irrite le plus souvent et pourtant elle exerce sur nous la même fascination que sur Ricardo.
L'écriture est belle, fluide, reposante. Elle nous entraîne dans un courant auquel il est difficile de résister, du Pérou au Japon en passant par l'Angleterre, l'Espagne et Paris...
Un de mes voyages préférés de ces six derniers mois de lecture.

Des tours et des torts

8 étoiles

Critique de Jean Meurtrier (Tilff, Inscrit le 19 janvier 2005, 44 ans) - 15 mai 2007

A la manière de Forrest Gump, Ricardo Somocurcio traverse la seconde partie du 20ème siècle aux premières loges de l’histoire, d’un point de vue culturel en tout cas. Durant ce long voyage sur la ligne du temps, il est épisodiquement accompagné de quelques amis proches, mais principalement de cette vilaine fille qui joue tant avec son cœur.
La première partie du roman, un peu naïve, n’est pas réellement convaincante. Les personnages manquent de profondeur et l’énumération des quartiers, théâtres et cafés de la ville lumière ne remplacent pas une bonne mise en situation pour fixer l’ambiance quand, comme moi, on ne connait pas Paris. Ricardo, pourtant au cœur de l’effervescence culturelle, semble vivre son époque en tant que simple spectateur, décrivant chaque courant artistique comme un historien et non comme un contemporain.
Heureusement, le récit évolue favorablement et gagne en maturité. La structure devient moins systématique et les personnages plus subtils, concrets et attachants. Avec les années qui passent, un inévitable parfum de nostalgie enivre le lecteur.
En définitive, ce livre à l’écriture classique, presque transparente, a de quoi passionner un large public dont je fais partie.

Une nouvelle "Education sentimentale"

8 étoiles

Critique de Alma (, Inscrite le 22 novembre 2006, - ans) - 9 février 2007

Ce roman présente une éducation amoureuse s'étendant sur une quarantaine d'années : depuis l'adolescence du narrateur jusqu'à son déclin; l'une des identités de la "vilaine fille" n'est-elle pas Mme Arnoux, nom de l'héroïne du roman de Flaubert .
Il analyse les ravages de la passion, au sens où ce terme renvoie à la notion de souffrance, une passion qui traverse une alternance de phases de plénitude, de rupture, de retrouvailles .
Rédigé dans une écriture classique, efficace, il fait traverser au lecteur la 2de moitié du 20e siècle et l'emméne successivement dans les capitales où séjournent les 2 protagonistes . La vie dans ces capitales n'apporte pas seulement dépaysement ou exotisme au lecteur; les actions des personnages sont toujours ancrées dans la realité politique et socio-culturelle de ces villes : le mouvement post-existentialiste à Paris, le mouvement hippie à Londres, la Movida à Madrid, le modernisme froid et inquiétant de Tokyo, avec des retours réguliers aux racines péruviennes du narrateur, un Pérou en proie aux guérillas communistes . C'est tout cet arrière-plan historique qui sert de toile de fond à l'intrigue amoureuse et lui apporte densité et richesse .
Une oeuvre particulièrement romanesque (dont la fin frise le mélo...), rigoureusement construite autour de multiples rebondissements et qui donne vie à toute une galerie de personnages secondaires attachants qui,loin d'être simplement décoratifs, non seulement éclairent le comportement des deux protagonistes, mais ouvrent chacun sur un univers nouveau et témoignent d'un parcours et d'un destin digne d'intérêt .

Forums: Tours et détours de la vilaine fille

  Sujets Messages Utilisateur Dernier message
  Aragon et Vargas LLosa 5 Aria 4 juillet 2008 @ 12:27

Autres discussion autour de Tours et détours de la vilaine fille »