Une odeur de gingembre de Oswald Wynd

Une odeur de gingembre de Oswald Wynd
( The ginger tree)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone , Littérature => Romans historiques

Critiqué par Saule, le 12 octobre 2006 (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 55 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (999ème position).
Visites : 7 952  (depuis Novembre 2007)

Tribulations en Extrême-Orient

1900 : une sympathique et volontaire jeune écossaise de 20 ans embarque dans un paquebot pour la Chine : elle va y rejoindre son fiancé, un officier anglais, afin de le marier. Et voila le lecteur embarqué également, dans une grande fresque romanesque, fresque qui couvrira 50 ans et deux pays exotiques, la Chine et le Japon au début du 20ème siècle.

Tout est raconté à travers le journal intime et la correspondance de la merveilleuse héroïne. Un procédé classique qui parfois lasse un peu mais dans l'ensemble ça passe bien. Ce livre se lit souvent avec plaisir et permet de découvrir un univers très particulier, celui de la Chine juste après l'épisode des boxers et aussi le Japon nationaliste du début du 20ème siècle, en plein développement. A lire pour les amateurs de romanesque genre Pearl Buck, quant à moi j'apprécie moyennement ce genre mais je ne me suis jamais ennuyé.

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Au pays des courbettes

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 60 ans) - 20 décembre 2016

L'histoire démarre avec le vingtième siècle, en 1903 pour être précis et se termine en 1942.
Mary MacKenzie quitte son Ecosse natale afin de rejoindre la Chine et son futur époux, Richard.
De cette union naîtra une fille, Jane. Mais le couple s'étiole, les longues absences du mari provoquent l'ennui chez Mary, qui peine à trouver ses marques avec ce curieux pays aux coutumes étranges et au langage incompréhensible.
Une rencontre bouleversera la routine. L'insondable Comte Kentaro, Colonel de l'armée japonaise, en convalescence qui deviendra l'amant de la jeune femme. Après son départ, Mary découvrira avec stupeur qu'elle est enceinte.
S'en suivra la disgrâce et le bannissement.

Une lecture délicate, bien structurée en passages clairs. Une approche parfaite de la vie sociale au Japon où l'étranger n'a pas vraiment sa place.
L'auteur a réussi à intégrer l'histoire peu banale d'une jeune femme qui s'est retrouvée au banc de la société occidentale et a pu construire sa survie.

Tout en douceur

10 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 48 ans) - 3 octobre 2015

J'ai beaucoup aimé ce roman, mais j'ai mis du temps à le lire. Peut-être qu'il demande qu'on prenne son temps. En effet il retrace toute la vie de l'héroïne, et quelle vie! C'est une très belle histoire, j'ai adoré la fin. C'est doux, c'est beau, ça m'a changé des histoires violentes lues juste avant.

Une lente libération

9 étoiles

Critique de DE GOUGE (Nantes, Inscrite le 30 septembre 2011, 64 ans) - 26 décembre 2011

je serai moins dure que Saule, je trouve que ce livre, par son incursion dans la vie coloniale et la lente libération de l'héroïne, mais surtout par la description au quotidien du monde japonais, qui reste pour nous si déconcertant, présente un véritable sujet !
Jamais mièvre, cet ouvrage, essentiellement, dans la partie japonaise, est une superbe épopée quoique surtout constitué d'une approche du quotidien.
Lu, puis relu, il y a déjà quelques années, ce livre reste pour moi une intéressante plongée dans ce monde si peu accessible des codes qui régissaient (régissent encore ?) la société japonaise.

Parfum de voyage surrané

10 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 60 ans) - 2 juillet 2011

Une odeur de gingembre, écrit par l'anglais Oswald Wynd qu'on pourrait croire du début du siècle alors que le bouquin date de 1977.
Un parfum délicieusement vieillot, un brin rétro, une odeur de bonbon anglais, un peu dans la même veine que les Prodigieuses créatures de l'américaine Tracy Chevalier.
Avec la même sensibilité, la même finesse d'esprit.
Et aussi des propos très voisins sur la libération féminine, ce doit être l'époque.
À tout juste vingt ans, Mary MacKenzie quitte son Ecosse natale pour aller rejoindre le mari qui lui a été promis, attaché militaire au consulat de Pékin.
Après avoir découvert la Chine et Pékin, la jeune femme découvrira le Japon et Tokyo (l'auteur est né au Japon). Il s'agit donc bien entendu d'un récit de voyage (sous forme de 'journal' et de lettres).
Mais c'est aussi le récit d'une émancipation.
Dès le deuxième jour de bateau sur le S.S. Mooldera, c'est à dire dès la deuxième page du bouquin, Mary commence par ne plus mettre son corset (il fait trop chaud en mer Rouge).

[...] Il parait que les gens changent à l'est de Suez et c'est peut-être ce qui est en train de m'arriver. [...] C'est presque effrayant d'être sur un bateau et de se sentir changer. Cela n'arrive pas à tout le monde. La plupart des passagers sont trop vieux.

Il s'ensuivra une lente mais inexorable libération d'une jeune femme qui découvre et le monde, et la vie, et qui ne peut rester confinée dans l'étouffante oppression anglicane. Et donc quelques deux cent pages plus loin :

[...] Cela fait presque exactement deux ans que j'ai emprunté la passerelle du S.S. Mooldera à Tilbury. Cette jeune fille que j'étais aurait été horrifiée à l'idée de partager une cabine avec la femme que je suis devenue.

Alors bien sûr quand, après déjà quelques aventures, Mary rencontre une sorte de suffragette tokyoïte emprisonnée pour avoir oser lever les yeux sur l'Empereur Meiji, c'est un vrai régal :

[...] « Deux femmes de mauvaise réputation comme nous devraient être amies, qu'en pensez-vous ? »
Je pense que oui. Nous allons ensemble au théâtre Kabuki la semaine prochaine.

On manque de place ici pour citer ne serait-ce que quelques unes des multiples perles que recèle ce bouquin.
L'écriture d'Oswald Wynd est un pur régal : on apprécie son sens de la formule, de l'ellipse explicative (oui c'est paradoxal mais c'est ainsi), son humour et son art d'enfiler les perles fines.
Passant habilement d'un savoureux exotisme :

[...] J'ai comme l'impression que les Japonais sont assez désinvoltes pour ce qui touche à la religion, et ne croient pas à grand-chose à part aux fantômes.
C'est un grand pays pour les fantômes, tout y est hanté, y compris les arbres !

à des vérités assénées avec une rare férocité :

[...] Je n'ai rien reçu quant à un éventuel divorce, mais je suppose qu'avec la loi anglaise, il pourrait être prononcé sans que cela me soit notifié.

Curieusement, cette Odeur de gingembre est le seul 'vrai' roman d'Oswald Wynd qui a publié de nombreux polars.

Plongée sous adrénaline eurasienne

8 étoiles

Critique de Enparenthese (, Inscrite le 5 décembre 2010, 45 ans) - 6 février 2011

En ce temps mi-froid/mi-gris, « Une Odeur de Gingembre » a mis l’ambiance maussade au placard ! Un de ces livres rarissimes que, chaque jour, vous ne manquez pas de dévorer tellement il vous évade, mais qui, dans le même temps, vous laisse amère quand pointe la sentence finale.

1903, Mary, une jeune Ecossaise, promise à un attaché militaire britannique en mission en Chine, traverse les océans pour rejoindre cet amant inconnu. Du haut de ses 20 ans, ultra-protégée dans l’univers feutré et bien-pensant d’une famille bienséante, Mary va découvrir la vraie vie. Tout commence par le décès de sa « chaperonne » censée la surveiller sur le bateau. Arrivée seule en Chine, Mary va vite déchanter de sa vie rêvée comme exotique… un profond ennui targué d’une nonchalance ambiante… tel est son quotidien auprès de son promis parti le plus souvent par monts et par vaux au gré de ses missions. C’est lors d’une semaine de congés entre amis, qu’elle tombe sous le charme soudain de Kentaro, un soldat japonais déjà marié. Un enfant arrive de cette union et c’est le déclencheur d’une vie qu’elle va mener tambours battants, seule, face aux us et coutumes japonaises. Séparée par Kentaro de Tomo -l’enfant illégitime devant rejoindre le giron familial-, Mary va puiser en elle seule toutes les ressources pour maintenir son indépendance mentale et matérielle. Un merveilleux combat interne qu’elle mène contre les préjugés et sur fond de traditions eurasiennes faites de peu de mots et de beaucoup de devoirs. Avec une candide impertinence et un regard toujours bienveillant sur la société japonaise des années 30, Mary se fera sa place malgré tout, toujours sur un fil affrontant la discrimination, les tremblements de terre incessants, les apparitions épisodiques et passionnelles de Kentaro… avec une force incroyable.

Des anachronismes drôles apparaissant subrepticement au fil de la lecture, finissent de rendre ce livre attachant.. . l’un parmi tant d’autres » Il va falloir que la cuisine japonaise fasse des progrès ! les voyageurs occidentaux ne vont pas défaillir d’enthousiasme devant des bouchées de riz froid enveloppées dans des algues ! » Si Mary savait …;)

Je viens de terminer ce roman, il me faut maintenant le regretter ;) Puisse ce livre vous évader hors du temps qui passe et du sacro-saint espace. Une véritable évasion immobile comme je les aime.

Un beau souvenir de lecture...

8 étoiles

Critique de FranBlan (Montréal, Québec, Inscrite le 28 août 2004, 78 ans) - 14 octobre 2010

J'ai lu ce roman dans sa version originale (The Ginger Tree) à l'été 1993, livre édité pour la première fois en Angleterre en 1977, après avoir vu à la télé la série télévisée réalisée par la BBC Television basée sur ce roman.
J'avais beaucoup aimé cette réalisation, j'ai ensuite voulu lire le livre. Mon plaisir en fut doublé!
Il s'agit d'un récit magnifique où dès les premières lignes on s'attache irrésistiblement (et pour toujours) aux personnages et à tous les détails qui de près ou de loin ont une influence sur eux.
Un très beau livre, un grand divertissement.

A la sauce douce-amère

8 étoiles

Critique de Aria (Paris, Inscrite le 20 juin 2005, - ans) - 31 mars 2007

J’ai beaucoup aimé ce roman écrit par un écrivain écossais (né en 1913) et dont c’est le seul ouvrage vraiment connu.
Mary Mackenzie est un sacré personnage : en 1903, à 20 ans, elle embarque vers la Chine pour y rejoindre son futur mari, attaché militaire britannique à Pekin. Rien que la traversée entre la Grande-Bretagne et la Chine est assez épique : petits scandales à bord entre les dames plus mûres qui pensent mieux maîtriser les règles de savoir-vivre et passage dans un typhon qui terrorise et rend malade tous les passagers.
A son arrivée, elle découvre en même temps le petit monde des diplomates occidentaux, l’inconfort des demeures européennes (fini le paradis douillet de chez maman) et le quotidien des Chinois qui l’approchent, ses domestiques principalement. Son mari est un personnage très ennuyeux, aussi fait-elle tout pour se faire des amis plus intéressants et voilà qu’elle se déshonore ! Elle doit fuir au Japon, y mener une vie d’abord effroyable (je ne vous donne aucun détail), puis passionnante.
« Une odeur de gingembre » est loin d’être un roman traditionnel comme l’on pourrait s’y attendre. O. Wynd nous raconte la vie très rude et les sentiments bien mis à mal d’une jeune femme au caractère sacrément trempé, qui refuse de se laisser enfermer dans le rôle où voudrait la confiner d’abord la bourgeoisie occidentale puis, à plus forte raison, la société japonaise. Ce roman est de surcroît un tableau très intéressant du Japon du début du XXème siècle, qu’Oswald Wynd a bien connu pour y avoir séjourné longtemps.
Je vous le recommande !

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