Océan Pacifique de Hubert Mingarelli

Océan Pacifique de Hubert Mingarelli

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Nouvelles

Critiqué par Tistou, le 9 mai 2006 (Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (41 039ème position).
Visites : 2 629  (depuis Novembre 2007)

La mer, les hommes.

Dernier opus en date d’Hubert Mingarelli, ce recueil contient 3 nouvelles. Trois nouvelles en liaison avec l’océan, et les hommes, et les bateaux. Hubert Mingarelli a été amené à s’engager à l’âge de 17 ans dans la Marine Nationale et l’expérience ressort régulièrement sous une forme ou une autre. La forme est très explicite dans les 2 premières : Océan Pacifique, et Giovanni. Le bonheur n’est pas au rendez-vous. Enfin au rendez-vous du lecteur, si § C’est au rendez-vous du matelot que le bonheur a fait faux bond.
Dans la première ; Océan Pacifique, l’art de Mingarelli de pousser jusqu’au bout l’analyse d’une situation restreinte, en audience restreinte, a un sacré os à ronger. L’expérience de matelots « couvrant » un essai nucléaire dans le Pacifique. Ou comment un évènement de ce type peut déstabiliser des hommes. Une vision de l’horreur très intériorisée puisqu’on parlera essentiellement du souffle de l’explosion.
Et toujours deux, trois personnages. Un laps de temps de l’ordre de la journée. L’apocalypse envisagée par le petit bout de la lorgnette ; le nôtre.
Dans la seconde, Mingarelli exprime à merveille la déshérence et le mal-être de ces hommes appelés à se retrancher du monde pour naviguer, à se mettre entre parenthèses, avec la douleur intérieure que ça peut représenter.
« J’étais fatigué, la nuit était passée, et nous manquions tous de bonté à bord. Alors je me suis mis à pleurer. Je pleurais sur moi, sur Giovanni et le vrai Giovanni. Puis j’ai joint les mains derrière la nuque et resserré mes bras sur les tempes, et alors j’ai pleuré sur la mère de Bocchi, et sur toutes les mères qui ignorent combien nous souffrons. »
Pas de doute Hubert Mingarelli possède l’art de réveiller en nous des sentiments enfouis, pas toujours faciles à regarder en face.
Dans la troisième, l’océan n’est qu’évoqué, même si omniprésent. Un père, son fils. Une relation jamais simple. Encore moins quand décrite par Mingarelli.
Un bien beau recueil, annoncé dans l’interview donné en 2004, et qui figure sur le site. A l’époque c’était de l’écriture de ces nouvelles dont il aurait voulu parler. C’était son présent. Et bien c’est disponible maintenant !

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Les éditions

  • Océan Pacifique [Texte imprimé], nouvelles Hubert Mingarelli
    de Mingarelli, Hubert
    Seuil / CADRE ROUGE
    ISBN : 9782020827034 ; EUR 17,00 ; 06/04/2006 ; 181 p. ; Broché
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Océan silencieux

10 étoiles

Critique de Feint (, Inscrit le 21 mars 2006, 56 ans) - 12 mars 2008

J’ai failli faire l’impasse sur ce livre-là d’Hubert Mingarelli, parce que ce « n’était qu’un recueil de nouvelles ». C’était une bien mauvaise raison sans doute ; au final Océan Pacifique est sans doute l’un de ses plus beaux livres, de ses plus émouvants – et qui sans doute connaîtra moins de succès que les autres, pour cette même mauvaise raison que j’ai failli cautionner.
Trois nouvelles réunies par un thème, la marine, et un même âge, celui où l’on est censé devenir un homme. On retrouve la couleur singulière des romans, la même épuration, le même refus de l’événement spectaculaire, de l’intrigue, ou même de la belle écriture. Mingarelli est un poète de l’instant. L’instant où quelque chose d’inaperçu se passe, qui fait que l’on ne sera plus tout à fait le même – l’instant parfois où l’on souhaiterait quelque chose se passe (et ce n’est rien d’autre qu’un oiseau entraperçu sur un toit), l’instant où l’on comprend qu’un rêve d’enfant (avoir une « belle vie ») ne se réalisera jamais (tandis qu’à l’horizon se déroule un champignon atomique). Et cela, il n’y a pas de mot pour le dire ; et les êtres que l’auteur fait vivre sont hommes de peu de mots, qui le savent bien. Pour dire cela quand même, il nous faut les livres silencieux de Mingarelli.

Vide abyssal

1 étoiles

Critique de TELEMAQUE (, Inscrit le 9 février 2006, 71 ans) - 24 octobre 2006

La quatrième de couverture ne doit pas servir de critique, si j'ai bien compris la règle du jeu de Critiques Libres, mais que dire de ce livre si ce n'est la surprise que suscite cette appréciation de la 4ème: .... "dans la lignée de ces bouleversants dialogues auxquels nous a habitués Hubert Mingarelli", lorsque l'on découvre ces dialogues (là ou il y en a).

Florilège.
- Putain, mais qu'est ce que vous avez tous?
- Je crois que tu m'emmerdes, Moriaty, ai-je dit.
- Alors vous voulez savoir ce qui s'est passé? m'a-t-il demandé.
...
Un autre.
- Tu as fait ça, Bocchi? a demandé Mayer.
- Oui
- Ta gueule, Bocchi ! lui a dit Mayer, c'est pas vrai.
- Si, je l'ai fait.
...
Un dernier, je ne voudrais pas bouleverser.
- Alors? j'ai demandé.
D'abord il m'a expliqué:
- Je ne veux pas lui demander si sa mère est une putain.
- Comme tu veux, j'ai dit.
- Mais je vais lui dire qu'il arrête de me prendre pour un pauvre type.

Bouleversant. Le reste vaut les dialogues.

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