Shelton
avatar 14/07/2017 @ 06:13:47
L’été c’est fait pour lire et le 14 juillet arrivant, il m’a semblé important de trouver un ouvrage spécifique pour cette grande fête nationale… Tiens, pourquoi pas la bande dessinée Les génies de l’Arc de Triomphe de Fonteneau, Arnoux et Millien aux éditions Glénat. Excellente occasion de mettre en valeur la collection qui met en scène régulièrement des monuments de notre patrimoine national. Cette fois-ci, le monument du 14 juillet par excellence, l’Arc de Triomphe de la place de l’Etoile-Charles de Gaulle !

D’ailleurs, qui connait vraiment bien les origines de cet arc de triomphe ? Il m’est même arrivé d’entendre dire que c’était un arc romain. Heureusement, cette personne n’est pas allée jusqu’à me dire que César en personne avait défilé sur les Champs Elysées, mais, on n’en était pas si loin… Alors, faisons un bon en arrière et retournons au dix-neuvième siècle, à Paris…

En 1835, un grand sculpteur travaille d’arrachepied sur sa frise… Il faut dire qu’en 1833, après avoir été décoré de la Légion d’honneur, il obtient une commande inespérée : une frise pour l’Arc de Triomphe sur le départ des volontaires en 1792… C’est la gloire qui va arriver !

La bande dessinée montre François Rude en train de travailler sur l’armée d’Egypte et le travail est interrompu par un clochard bruyant et aviné : « Honte à vous les vivants ! Qu’avez-vous fait de nos pauvres morts ! Vive l’Empereur ! »

Il s’agit d’un ancien grognard de l’Empereur. Il faut dire qu’à cette période de rétablissement de la monarchie, il y a de grandes tensions en France entre monarchistes, républicains et supporters de l’Empereur Napoléon ! Rude va proposer à cet ancien de l’Armée impériale de poser pour lui et ce sera le début d’un retour dans le passé qui sera prolongé par différentes périodes de notre histoire… A travers la construction de cette fresque, on va revivre avec ces génies de l’Arc de Triomphe tous les moments chauds de l’histoire de France depuis Napoléon, du moins ceux en lien avec l’Arc de triomphe…

C’est tout d’abord la direction de la Bérézina en 1812 que l’on prend avec une partie tragique… et froide, bien sûr ! Puis, on sera dans les tranchées, le soldat inconnu, cette terrible première guerre mondiale et ses drames humains… Enfin, nous manifesterons au pied de l’Arc de Triomphe avec les premiers résistants de la seconde guerre mondiale…

Tous ceux qui ont fait vivre la Nation se retrouvent d’une certaine façon à hanter les passages secrets de l’Arc de triomphe… C’est une promenade patriotique et fantastique, onirique et historique dans un monument qui est entré dans le panorama visuel des Franciliens, des Parisiens, des Français et de tous les touristes de Paris… Quant à moi qui regarde distraitement l’Arc de Triomphe presque une fois par semaine toute l’année, cette bande dessinée a été l’occasion de découvrir ce monument dans lequel je ne suis jamais entré, sur lequel je ne suis jamais monté… Ce sera peut-être pour très bientôt car j’ai envie de dialoguer avec ces génies !

Alors, oui, ce n’est peut-être pas une bande dessinée géniale, probablement pas une synthèse de notre histoire nationale mais certainement une petite porte qui s’entrouvre pour faire découvrir un monument, un sculpteur, une histoire nationale et une fête nationale… Bon 14 juillet !

Et puisque l’été c’est fait pour lire, pourquoi ne pas commencer par lire cette bande dessinée, Les Génies de l’Arc de Triomphe ? Très bonne lecture, bonne promenade dans le temps et à très bientôt !

Shelton
avatar 15/07/2017 @ 06:39:14
L’été c’est fait pour lire et pour voyager aussi, ne l’oublions pas ! Quand je dis voyager, je ne parle pas ici de ces grands voyages chers qui vous conduisent au bout du monde où vous découvrirez une plage parfaite et dégusterez le soir dans une salle à manger aux normes internationales un steak grillé accompagné de frites… Non ! Je voulais évoquer le fait d’aller retrouver votre famille, vos amis, les gens qui vous sont chers même si ce n’est qu’à une heure de voiture de chez vous… Vous traversez alors la France et comme c’est l’été vous prenez le temps de visiter une église par-là, un petit château par ici et c’est cela le propre des vacances : prendre son temps et être disponible à la découverte !

La découverte peut être dans les paysages qui changent, évoluent et nous surprennent. Là, il suffit de regarder en prenant son temps. Parfois, la découverte est dans l’assiette… N’hésitez pas à goûter les spécialités locales, ces produits sont toujours meilleurs sur place ! Chaque région française – on le dit souvent mais c’est tellement vrai – a son fromage, son vin, ses saveurs… Et je ne vais pas vous chanter les louanges de la Bourgogne car il me faudrait beaucoup plus d’une chronique !

Reste, enfin, l’architecture. Là aussi les régions ont su construire avec particularité, avec leurs pierres, leurs styles, leurs influences… Quand on regarde les cathédrales de France, on est immédiatement frappé par ces différences alors que finalement il s’agit bien de la même religion, catholique pour être précis. Or ce catholicisme de Lille à Nice, de Toulouse à Strasbourg, de Quimper à Chambéry, il a pris ses aises locales et dans chaque cathédrale on retrouve des bribes de l’histoire locale, des spécificités architecturales, des éléments profondément humains et uniques. C’est cela que je vous invite à découvrir que vous soyez catholiques ou pas, pratiquants ou pas… Ces cathédrales appartiennent à notre patrimoine et elles sont presque toutes à redécouvrir… Tout simplement !

Bien sûr, fidèle à mes habitudes, puisque l’été c’est fait pour lire, je vous propose un petit accompagnement livresque avec l’ouvrage de poche de Théodore Rieger, Les cathédrales, aux éditions Gisserot. Théodore Rieger, grand spécialiste de l’architecture religieuse, va organiser notre voyage au pays des cathédrales et même si on reste dans sa chambre, très bon lieu de voyage imaginaire, on va passer de l’une à l’autre sans aucune difficulté…

On commencera par les plus anciennes, celles que l’on qualifie souvent de romanes mais qui ont pu être construites dès les débuts du christianisme en France. Elles ne sont pas très nombreuses chez nous mais on peut citer Saint Pierre d’Angoulême commencée vers 1125 ou Saint Front de Périgueux sachant que cette dernière a été fortement restaurée au XIXème siècle ce qui n’est pas un gage de qualité, du moins pour le respect de son style… En France, ce sont plus les abbayes qui portent le style roman comme chez nous en Bourgogne, Vézelay et Tournus pour ne citer que les deux plus connues…

L'art gothique est archi connu chez nous et les cathédrales de Paris, Reims, Chartres, Bourges, Amiens, Laon… sont tellement visitées que je vais les oublier un instant pour ne citer que quelques pièces plus rares ou moins connues de notre patrimoine. Par exemple, Strasbourg avec son style si particulier et sa couleur fascinante, Saint Étienne de Bourges avec sa très large façade aux cinq portails et aucun recul pour réaliser des photos souvenir, enfin, Saint Corentin de Quimper parce que je l’aime bien ! Mais en France presque toutes nos cathédrales méritent le détour… donc à vous de faire votre choix en fonction de vos déplacements estivaux !

Ce petit opuscule, Les cathédrales, saura vous accompagner dans chacune d’elle et vous permettra de regarder notre patrimoine architectural religieux d’une autre façon. Bonne lecture, belles découvertes et à très bientôt !

Shelton
avatar 16/07/2017 @ 07:38:45
L’été c’est fait pour lire et se marier ! Oui, j’ai bien dit se marier même si chacun sait que les amours d’été ne durent jamais… Encore que ce soit à prouver ! Pourquoi parler d’amour dans une chronique sur les livres et la lecture, tout simplement parce que j’ai lu Histoires d’amours royales de Cyrille Boulay, un livre chez Hors collection, et que j’ai ainsi réalisé deux siècles d’histoire à travers de très nombreuses belles histoires d’amours. J’ai trouvé cet ouvrage assez léger pour l’été mais consistant sur le fond pour mériter notre attention…

Cyrille Boulay est un journaliste et historien spécialiste de la famille russe des Romanov, expert lors de nombreuses ventes de souvenirs des familles royales et très proche des héritiers Romanov. Mais, dans cet ouvrage, il va surtout parler des familles occidentales sous l’angle des amours tumultueuses et il ne manque pas d’anecdotes à raconter… Oui, cela fait très léger mais je vous avoue qu’en ces périodes estivales c’est plutôt une lecture sympathique et très bien écrite.

Attention, on apprend de très nombreuses choses et très vite. En effet, on commence par la famille Bernadotte de Suède. En effet, on a tous appris que le maréchal du même nom avait été mis sur le siège de Suède par l’empereur Napoléon. Cette fois-ci, on va comprendre comment la décision a été prise, pourquoi le roi Charles XIII l’a adopté et transformé en prince héritier… et derrière toute cette histoire, il y avait une femme, Eugénie-Désirée Clary…

Certaines histoires sont plus connues que d’autres car mises à l’honneur au cinéma ou dans des ouvrages populaires, comme celle d’Elisabeth d’Autriche… la fameuse Sissi ! Oui, un destin tragique car elle a perdu de façon tragique presque tous ses proches avant d’être elle-même assassinée à Lausanne… Heureusement, une petite lueur de bonheur en tant que reine de Hongrie…

Je n’ai pas envie de passer en revue toutes ces amours royales qui, à chaque fois, sont replacées dans le temps, c’est-à-dire dans une époque et un contexte historique et politique, mais insister sur un élément que l’on va retrouver régulièrement à partir de la moitié du vingtième siècle, les amours avec des roturiers. Un roturier, pour préciser les choses, est une personne qui n’est pas noble. Or dans ces familles royales, il était de tradition de se marier avec un membre d’une autre famille royale, pas avec un roturier… Et il se trouve que de nombreux rejetons royaux ont préféré suivre leur cœur en se mariant – contre l’avis de leurs parents – avec des roturiers. Généralement, ce fut très profitable à l’image de la famille royale et cela a rendu ces héritiers beaucoup plus humains et proches des peuples… Comment ne pas évoquer Grace Kelly ?

Parfois, les amours royales ont du mal à se mettre en place et c’est l’histoire assez touchante d’une certaine Camilla Parker-Bowles devenue très récemment, 2005, duchesse de Cornouailles. Charles n’a finalement aimé que cette femme et c’est ce qui a provoqué la vie dramatique de Lady Di… On a souvent une mauvaise image de cette femme et j’ai trouvé que Cyrille Boulay lui donnait un vrai caractère, une véritable présence humaine aux côtés de Charles… Après tout, elle était là la belle histoire d’amour de Charles… Mais il n’est pas facile d’être l’héritier de la couronne d’Angleterre ! N’est-il pas ?

Donc, voilà un bon livre au pays des princes et princesses, une lecture d’été indiscutablement et on peut même en profiter si on est républicain forcené car cela n’empêche pas de lire ces destinées humaines, de ces Histoires d’amours royales et de profiter de ces rappels historiques… Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et à très bientôt !

Cyclo
avatar 16/07/2017 @ 19:53:09
A propos de Jean Ray et de ses nouvelles sur Harry Dickson, que Shelton cite dans une de ses chroniques, je regrette beaucoup, en tant que cinéphile, qu'Alain Resnais n'ai jamais pu mener à bien le film qu'il devait tourner sur le sujet. Et qu'on n'ait jamais publier son scénario (si tant est que celui-ci existe)...

Shelton
avatar 17/07/2017 @ 06:40:35
L’été c’est fait pour lire et aussi, vous le savez bien, prendre le temps de réfléchir. C’est cette réflexion qui peut nous emmener en ces périodes estivales prendre de beaux virages dans nos vies… ou pas ! Mais, pourquoi faudrait-il que cette phase cérébrale soit réservée aux seuls adultes ? Pourquoi un livre pour enfant ne serait-il pas capable de pousser à la réflexion, de stimuler le cerveau d’un jeune lecteur ?

C’est bien parce que le livre pour enfant peut être de qualité, y compris intellectuelle, spirituelle et même métaphysique que pour illustrer mon propos j’ai choisi de vous présenter l’excellent ouvrage, La graine et le fruit, signé Alexis Jenni et Tom Tirabosco publié par La joie de lire !

L’auteur du texte, Alexis Jenni, est celui qui a obtenu le prix Goncourt en 2011 pour L’Art français de la guerre. Il n’est pas ici question de prendre parti sur ce prix littéraire qui a reçu une critique mitigée car ne l’ayant pas lu, je serai bien en difficulté pour affirmer quoi que ce soit ! Par contre, cet album illustré pour enfant est très bien construit…

C’est l’histoire d’un grand-père et de son petit-fils. Quand l’enfant est tout petit, son grand père plante des arbres dans son jardin. Un olivier en particulier. Puis, il invite son petit-fils à regarder ces arbres pousser… lentement mais surement !

Le grand-père montre à l’enfant comment les petites graines du départ peuvent engendrer de si beaux et si grands arbres… Les saisons passent, les arbres changent mais sont toujours là, de plus en plus grands…

On se demande où il veut en venir puis le grand-père explique à son petit-fils que Dieu est comme une graine… « Dieu commence petit. Comme une graine qui ne ressemble pas un arbre. » Il faut du travail, de l’eau, de la patience pour obtenir un arbre qui porte des fruits… « A la fin, l’idée de Dieu est plus grande que toi… »

En fait, c’est une parabole que nous racontent Jenni et Tirabosco. Elle est profonde, touchante et humaine. Elle ne parle pas que de Dieu. Elle aborde la transmission… L’intergénérationnel comme on dit aujourd’hui…

On veut transmettre à nos enfants l’envie de vivre, le goût de la lecture, le sens des autres, le respect de l’humanité, de la vie, de la planète, l’amour de Dieu ou toute autre valeur. On plante des petites graines dans le cœur de nos enfants et, parfois l’arbre grandit et porte des fruits ; dans d’autres circonstances, sans que l’on comprenne pourquoi, l’arbre ne grandit pas ou reste un petit arbuste… c’est le mystère de la vie !

Tom Tirabosco, l’illustrateur, a choisi de se focaliser sur le jardin, cadre de la vie et, de page en page, ce jardin évolue avec les saisons qui passent, les arbres qui grandissent, et le petit garçon qui, lui aussi, passe de petite graine à arbre… D’ailleurs, la dernière image le montre jeune homme en pleine découverte de l’amour…

Un beau livre qu’il faut prendre comme une belle fable sur la vie humaine et la transmission. J’ai adoré texte et dessin et je ne peux que le conseiller pour dialoguer avec les enfants… Soyons patients, rien ne vient vite et il faut laisser du temps au temps… même en été. Et comme l’été c’est fait pour lire, y compris en famille avec les plus jeunes, bonne lecture familiale et à très bientôt !

Shelton
avatar 18/07/2017 @ 06:28:27
L’été c’est fait pour lire et comme vous le savez pour certains d’entre vous je me suis lancé un petit défi… Lire les dix-neuf enquêtes de sir Malcolm Ivory écrites par Mary London, alias Frederik Tristan, et comprendre la trame qu’il a suivi dans l’écriture de ces polars à l’anglaise !

Je ne suis pas complètement arrivé au résultat mais cette fois-ci, je dois avouer que j’ai réussi à percer le mystère avant la fin du roman, au deux tiers pour être précis… Je suis probablement sur la bonne voie…

Mais, pour le reste, soyons honnêtes, je pense que nous sommes là en face d’un roman policier bien sympathique que je ne peux que vous conseiller de lire même si vous n’avez lu aucun autre roman de la série. On peut le lire de façon indépendante sans aucun souci…

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, il s’agit toujours d’enquête dans les milieux assez riches et hauts placés de la société britannique. Cette fois-ci nous nous retrouvons chez un des plus grands avocats, maitre John Stone. Il travaille dans une étude qu’il a créée, il est conservateur et même partisan de la peine de mort. Rude, rustre et même quelque peu phallocrate, cet homme mène la vie difficile à sa femme, ses deux enfants, son gendre, sa secrétaire et son meilleur ami, le docteur Terrings…

Un soir où tout ce petit monde est réuni autour de la table pour un diner habituel, notre bon avocat va être empoisonné en buvant sa petite liqueur du soir… Comme à chaque fois dans cette série :

- d’une part, le criminel a de grandes chances – pour ne pas dire plus – de se retrouver parmi les convives ;
- d’autre part, sir Malcolm Ivory, supplétif de Scotland Yard, va être chargé de l’enquête en compagnie de son vieil ami le superintendant Forbes…

Petite différence avec certains romans, cette fois-ci sir Malcolm Ivory n’est pas appelé en renfort parce que l’enquête touche la noblesse anglaise mais parce que la victime, John Stone lui-même, l’a demandé de façon exprès. En effet, il a écrit une lettre qui dit que s’il est assassiné ce doit être sir Malcolm Ivory qui mène l’enquête ! Pourtant les deux hommes ne sont pas amis et se sont même affrontés lors d’une célèbre affaire policière…

L’histoire est toujours aussi bien écrite et les personnages très crédibles, de la femme éplorée et bouleversée au gendre un peu niais qui se demande ce qu’il fait dans cette tragique histoire… Sir Malcolm Ivory fonctionne toujours avec ses matières cérébrales même s’il se fait toujours surprendre au départ par les criminels qui le manipulent… La raison finit toujours par triompher et cette fois-ci on ne passe pas loin du KO technique !

Je trouve qu’une fois de plus nous sommes en présence de bons romans pour l’été et comme l’été c’est fait pour lire je ne peux que vous conseiller cette série d’enquêtes de sir Malcolm Ivory écrite par Frederik Tristan, un de nos très bons romanciers Français ! Ah, j’oubliais, le titre de ce roman est Un crime sans assassin !

Shelton
avatar 19/07/2017 @ 05:46:59
L’été c’est fait pour lire mais aussi pour fréquenter les festivals de toutes natures, celui de Chalon dans la rue, par exemple ! Or, parfois, le lien entre les livres et les arts de la rue est très fort, que dis-je, essentiel, capital, évident, incontournable et la liste pourrait être allongée à l’infini ou presque ! Quand je prépare mon festival, je guette toujours avec beaucoup d’attention les spectacles liés à un livre, une œuvre, un auteur… J’ai ainsi pu profiter avec beaucoup de plaisir d’un Hamlet en 30 minutes avec la Compagnie Bruitquicourt ou d’un Hamlet revu et corrigé avec les Batteurs de pavés ! Mais ce ne furent pas les deux seuls spectacles adaptés de livres et Shakespeare eut beaucoup d’autres compagnons d’aventures sur le bitume chalonnais de Molière à Camus, d’Eschyle à Italo Calvino…

Italo Calvino ? Oui, j’ai toujours beaucoup aimé cet auteur et j’ai déjà lu et relu sa trilogie mythique : Le Baron perché, Le vicomte pourfendu et Le chevalier inexistant ! Je peux affirmer sans peine que j’aime beaucoup cet auteur dont j’ai lu presque tous les textes traduits en français. Italo Calvino est un auteur italien contemporain (1923-1985), très réaliste, spécialiste de textes courts, certains parlent même à son propos de fables ou de paraboles… La trilogie évoquée ici porte le nom de Nos ancêtres et nous allons revenir sur un titre spécifique, Le Baron perché.

Pourquoi Le baron perché ? Tout simplement parce qu’en 2012, lors du festival Chalon dans la rue, j’ai repéré un spectacle portant ce nom et j’y suis allé. Grand bien m’en a fait puisqu’il s’agissait bien d’une adaptation du roman d’italo Calvino. Le spectacle était de qualité car la compagnie avait réussi à garder la philosophie du roman, l’univers de Calvino tout en offrant au public un véritable spectacle de rue… enfin, de rue, disons plutôt un spectacle aérien ! C’était juste à côté de la Maison des vins de Chalon-sur-Saône, en plein soleil, à l’heure de la sieste… mais je m’en souviens comme si tout cela s’était passé hier… Mais revenons un peu sur le texte de Calvino !

Blaise, le narrateur, nous conte la vie de son frère Côme. Nous sommes en Ligurie, en 1767. Cette date, cette époque combinée au style littéraire choisi fait que le lecteur est presque immédiatement convaincu que le texte est signé Voltaire…

Le jeune Côme va quitter sa famille car il refuse de manger des escargots. Mais il ne va pas très loin, il se contente de monter dans un arbre… Quelle fuite ! On se dit que Côme fait du boudin et que tout rentrera vite dans l’ordre, sauf que Côme va rester dans son arbre, va y construire sa vie ! Côme fait même la promesse, le serment, de ne jamais redescendre sur la terre ferme…

Notre nouveau Robinson des arbres va devoir tout réapprendre, tout découvrir et se construire une philosophie de vie cohérente, ou presque… On retrouve des thèmes chers à Rousseau sur la nature et l’humanité, des idées prérévolutionnaires et une réflexion métaphysique particulière, celle d’un certain Italo Calvino, probablement un hybride entre le Dieu de Voltaire et celui de Rousseau…

Comme dans toutes les paraboles et fables, on se retrouve face à soi, face au vingtième siècle et ses horreurs… Le texte est très agréable à lire, que dis-je, à dévorer, et le spectacle restait dans le même tempo… Que du bonheur !

L’artiste était Alex Trillaud, un circassien de formation qui n’a pas eu peur de se frotter à la philosophie comme un passeur. Le spectacle était accessible à un très large public et j’espère voir encore de très nombreux spectacle de cette trempe !!!

Comme l’été c’est fait pour lire, n’hésitez pas à glisser dans votre sac de Chalon dans la rue un exemplaire du Baron perché ! Bonne lecture, bon spectacle et à très bientôt !

Shelton
avatar 20/07/2017 @ 08:43:48
L’été c’est fait pour lire et aussi cuisiner ! C’est ainsi, je vous l’ai déjà dit on ne peut pas dévorer un ouvrage le ventre vide. Donc, une seule solution, lire des livres de cuisine pour préparer le temps suivant, celui de la lecture d’un bon roman ou d’une excellente bande dessinée… Seulement, comme le temps vous est compté, du moins si vous êtes comme moi toujours en train de courir, il faut de petits livres de cuisine sur lesquels sont identifiées les bonnes recettes, pas chères et rapide à exécuter ! Je parle bien du temps d’exécution réelle et non du temps passé dans le four car pendant que ça cuit, vous avez le droit de lire puisque l’été c’est fait pour lire !

Pour répondre à ce cahier des charges de notre cuisine estivale, j’ai pris d’abord un petit ouvrage des éditions ESI, la collection Carrés à croquer, car ce petit format tient dans tous les sacs de vacances et de week-end. Deuxièmement, j’ai choisi un livre de Sylvie Aït-Ali car c’est une infirmière qui est devenue une autrice de cuisine par plaisir et passion. Chez elle, le moteur, c’est d’abord son propre plaisir, pas la carrière dans la gastronomie… On se rapproche donc du plaisir estival !

Dans son ouvrage pratique, Délicieuses petites cocottes, nous allons donc trouver tout ce qu’il nous faut pour cet été, pour recevoir nos enfants et petits-enfants et comme la cuisson est au four et en cocotte, cela nous laissera plus de temps pour profiter de nos petits-enfants… Rusé, non ?

Je sais bien que certains diront que ces petites cocottes en été, c’est peut-être un peu trop chaud. Mais, mettons-nous en situation : vous avez marché toute la journée en montagne et essuyé un orage en fin d’après-midi… vous rentrez d’une journée de pêche au grand large, vous êtes revenus face au vent avec des vagues qui vous ont éclaboussés… Vous étiez en forêt quand une averse vous surpris… vous revenez d’une belle journée de plage en Bretagne face au vent – c’est rare mais par expérience je sais que cela peut arriver de temps en temps – et vous avez envie d’un peu de calme et de chaud… bref, toutes les conditions sont réunies pour dévorer une cocotte de fruits de mer au safran – version Bretagne – ou une endive à l’orange et au canard – version sud-ouest – ou, enfin, un flan de courgette au chèvre – pour la version alpestre !

Ces trois plats qui sont un véritable régal sont très simples à préparer. Quant au prix, on n’est jamais obligé de tout faire au plus cher. Parfois, par exemple, on peut remplacer les coquilles Saint Jacques par des noix de pétoncle, surtout si on n’est pas en Bretagne et que l’on n’a pas la possibilité d’en trouver des très fraiches accessibles !

A chaque fois, vous pouvez préparer la cocotte le matin, stopper la cuisson avant la fin et faire réchauffer le soir en rentrant, c’est encore meilleur !!! Oui, les plats de cette nature peuvent largement supporter les réchauffages même le jour suivant. Du coup, ce sont des préparations très pratiques pour les vacances : vous préparez quand tout le monde dort encore et vous réchauffez quand tout le monde se douche et on se retrouve tous ensemble à table !!! Que du bonheur !!!

On trouve aussi dans cet ouvrage quelques recettes de desserts comme le far breton aux abricots sec – et cela fonctionne très bien avec des pruneaux – et le clafoutis de fraises de Phalempin – juste parce que les fraises de Bretagne sont excellentes !

On peut retrouver les bonnes recettes et idées de Sylvie Aït-Ali sur son blog culinaire :
http://www.amusesbouche.fr/

En attendant, vous avez un bel outil pour recevoir cet été, Délicieuses petites cocottes, un livre à lire et cuisiner mais comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et bon appétit !

Shelton
avatar 21/07/2017 @ 06:55:33
L’été c’est fait pour lire et rien n’empêche de lire des bandes dessinées durant l’été puisqu’il s’agit bien de lecture ! Surtout quand la bande dessinée nous emmène, que dis-je nous précipite dans les grands mythes de l’humanité… Sisyphe, Icare, Faust… D’ailleurs, aujourd’hui, grâce au magnifique album de Scott McCloud, Le sculpteur, c’est vers ce dernier, le mythe de Faust, que je souhaiterais vous guider, vous accompagner…

Le mythe de Faust, pour faire simple sans fâcher mon ancien professeur de philosophie, est un grand classique de l’humanité : l’homme, ici l’alchimiste Faust, passe un pacte avec le diable pour avoir le savoir universel. Il devient le savant qui sait tout et profite de tout… Mais on a eu des déclinaisons diverses, Faust pouvant aller jusqu’à vendre son âme pour avoir la jeunesse éternelle et on se met aussi à penser au roman d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray…

On peut se demander légitimement si ce mythe pouvait encore nous révéler quelque chose, s’il y avait encore matière à réflexion de ce côté-là, si un auteur pouvait encore explorer ce thème sans s’user… Scott McCloud a relevé le défi et avec Le sculpteur, il a revisité ce mythe avec brio et talent pour le plus grand plaisir des lecteurs !

Notre sculpteur, David Smith, est un homme qui a le sentiment de rater sa vie. Son talent ne semble pas évident aux yeux des autres et sa côte est presqu’au plus bas… Soudain, une opportunité se présente avec un mystérieux personnage. Un pacte est possible : il va avoir le pouvoir de sculpter à mains nus toutes les matières sans restriction mais, en échange, il n’a plus que deux cents jours à vivre ! Et notre David accepte !

Bon, à ce stade-là, les choses sont posées et la bande dessinée de Scott McCloud peut démarrer et le lecteur plonge dans l’univers du créateur américain. Il naviguera entre jubilation et frayeur, en béatitude et angoisse, entre création et amour, entre vie contemporaine réaliste et fantastique merveilleux… Presque 500 pages de bonheur intégral !

Alors, je sais bien que certains vont dire et écrire que cet album est trop parfait, trop travaillé, trop professoral et que Scott McCloud a écrit comme un théoricien qui ne veut pas être pris en défaut… Moi, en lisant Le sculpteur j’ai complètement oublié que l’auteur était aussi un théoricien de la bande dessinée, je me suis laissé porter par un roman graphique puissant, une histoire presque parfaite, une bande dessinée efficace et géniale et je n’ai ressenti que le grand bonheur d’un lecteur rassasié par un auteur de génie !

Oui, à la deuxième lecture, on peut voir que tout est ciselé à la perfection, travaillé avec un sens du détail absolu, mais est-ce réellement un défaut que de voir un auteur respecter ses lecteurs à ce point ? Non, il nous invite à réfléchir sur nos vies, nous met en position de David, nous laisse nous interroger sur ce que nous serions capables d’accepter pour réussir notre vie… puis, dans la relation avec Meg, il interroge l’humanité entière sur le sens de l’amour, le respect de l’autre, la vie ensemble… Et je trouve cela beau, puissant et finalement excessivement bien ficelé !

Un défaut ? Oui, je sais bien, il faut toujours en trouver un ! Le sculpteur est un livre trop lourd ! Si, je vous promets il est trop lourd pour que l’on puisse le prendre en main facilement… pour le reste, c’est juste parfait !

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, comme certains sculptent l’été des belles choses en sable, n’hésitez pas à lire Le sculpteur de Scott McCloud, c’est édité chez Rue de Sèvres. Bonne lecture et à très bientôt !

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