Café Nostalgia de Zoé Valdés

Café Nostalgia de Zoé Valdés
( Café Nostalgia)

Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine

Critiqué par Darius, le 4 novembre 2002 (Bruxelles, Inscrite le 16 mars 2001, - ans)
La note : 9 étoiles
Visites : 4 759  (depuis Novembre 2007)

Dans cette île-là

J'ai eu quelques réticences à lire Zoé Valdés, émigrée cubaine.
Non parce que je défends tout azimut un castrisme médiatiquement diabolisé, mais les quelques critiques que j’avais pu glaner ci et là sur la dizaine d’ouvrages qu’elle a pu rédiger me semblaient mettre l'accent sur un anti-castrisme primaire. En fait, il n’en est rien.
Les lecteurs qui ne retiennent de Zoé Valdés qu’une attaque en règle contre Castro sont passés à côté de l'essentiel, ont mis en exergue certaines phrases assassines pour assener leur point de vue personnel, largement entretenu par les médias.
Zoé Valdés aime Cuba par-dessus tout, un pays où la mer est belle, non pas un pays où ne coule que des fleuves imbéciles et putrides (en parlant de la Seine..), et où il y a une préférence pour les chiens qui l’épouvante…
Café Nostalgia est un livre sur la nostalgie, la nostalgie d’une insulaire qui va vivre sur le continent et qui ne pourra jamais trouver sa tranquillité. "Vous autres, Cubains, vous dépendez beaucoup trop de la famille, de la mère, des amis d’autrefois. Vous devez apprendre à élargir le cercle, personne ne naît collé à personne, les amis, çà se remplace.
Vos esprits se sont transformés en planisphères.
Tu parles, d’une telle, celle d'Argentine, ou de telle autre, de l’Equateur, celui de Miami, Saint Domingue, Caracas, Ténériffe, New York, Paris… comme si le monde était un quartier de La Havane".
"Nous ne pourrons jamais nous débarrasser du poids écrasant de l’île, nous aurons beau vivre à Paris, à New York, à Mexico, à Buenos Aires, à Quito, à Miami, nous ne pourrons nous en délivrer".
L’héroïne du livre, Marcela, tour à tour, photographe et maquilleuse à Paris ne vit qu'au rythme des coups de téléphone et des lettres qu’elle reçoit de Buenos Aires, Caracas, Miami ou New York, de rencontres avec des gens "de cette île-là", de souvenirs d'enfance "de cette île-là.."
Ce livre est à la fois un cri d’amour et un cri de haine. "T'en as pas marre, toi, de ce foutu pays ? Chaque fois que tu vas quelque part, tu te heurtes à la mer. Il n’y a pas d’issue, nous sommes entourés d’eau".
"Sur cette île merdique, personne ne nous entend. Il n’y a rien de mieux que de crier contre la mer, contre les sourds de ce monde, contre les bateaux imaginaires…"
Puis, cette phrase que j’ai trouvé belle "Quand une femme habite dans une île, il ne lui reste d’autre recours que de vivre prisonnière de la clameur de l’océan.. "
Il y a tant à dire sur l’ambiance cubaine qui se dégage de ce livre, une sexualité débridée, des shoots au rhum, des bandes de jeunes qui dansent au rythme des magnétophones posés sur le parapet du Front de Mer, des gens qui font des trafics de rhum, de cigarettes, de marijuana, de cocaïne, des putes et des pineurs qui déambulent à la chasse aux étrangers, dépourvus de tout, sauf de dollars.

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Les éditions

  • Café Nostalgia [Texte imprimé], roman Zoé Valdés trad. de l'espagnol, Cuba, par Liliane Hasson
    de Valdés, Zoé Hasson, Liliane (Traducteur)
    Actes Sud / Babel (Arles).
    ISBN : 9782742724024 ; 9,70 € ; 03/01/2000 ; 392 p. ; Poche
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