Fables amères. De tout petits riens de Christophe Chabouté

Fables amères. De tout petits riens de Christophe Chabouté

Catégorie(s) : Bande dessinée => Adultes

Critiqué par Dirlandaise, le 10 novembre 2010 (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 65 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 987ème position).
Visites : 3 627 

Bouleversant...

Ce nouvel album de mon bédéiste préféré met en scène des gens ordinaires dans des situations de la vie quotidienne. Ce sont de petits histoires courtes, de petits riens mais combien évocateurs et lourds de sens, qui portent à réfléchir sur nos travers, nos aveuglements face à la souffrance d’autrui, notre égoïsme triomphant. Les thèmes exploités dans ces courts récits racontés surtout par le biais de l’image avec très peu de dialogues sont la solitude des grandes villes, l’itinérance, le sort des immigrants, le mépris et le snobisme affichés par certains face aux employés subalternes, le monde de l’enfance, la vieillesse, le confort et l’indifférence.

Comme à l’accoutumée, les dessins en noir et blanc de monsieur Chabouté sont très expressifs, très parlants, très touchants. Les histoires ne sont pas toutes de la même intensité mais les deux dernières sont de petits chefs-d’œuvre de sensibilité et de fine observation de la nature humaine. Je n’ai de cesse d’admirer le talent de cet auteur, son extrême humanité, sa grande compassion devant la dureté de la vie et le sort parfois cruel réservé à certains dans la société. Avec très peu de mot, monsieur Chabouté vient chercher en nous l’émotion, il vient remuer nos cordes sensibles, il me bouleverse littéralement et je referme ce livre avec une grande tristesse au cœur et des regrets devant la stupidité des hommes et devant tous ces bonheurs que nous laissons s’enfuir faute de réagir à temps ou par manque de courage et de compassion.

Merci monsieur Chabouté pour ce bel album qui sous des dehors modestes abrite des vérités que nous ne désirons pas toujours voir et que nous préférons enfouir dans notre subconscient afin de ne pas troubler notre belle assurance et notre petite vie confortable. Merci de nous confronter à notre propre lâcheté et à notre aveuglement. Merci.

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De tout petits riens qui en disent long

8 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 41 ans) - 24 mai 2013

S'il fallait trouver l'équivalent du genre de la nouvelle en bande dessinée, ce recueil de courtes histoires serait un très bon exemple. En effet, chaque épisode se termine par une chute, qui souligne l'égoïsme de l'être humain, ou bien son égocentrisme qui ne lui permet plus de tenir compte d'autrui.

Ces histoires en noir et blanc sont d'une grande simplicité et pourtant se révèlent bouleversantes. Je pense surtout à la première et à la dernière. Les êtres peints ne sont pas cruels consciemment, mais leurs remarques maladroites ou irréfléchies soulèvent un pan de l'injustice universelle. L'alternance des différents plans ( gros plans essentiellement ) et l'expressivité des visages permettent à Chabouté de toucher son lecteur.

Ces fables amères soulignent nos erreurs et notre manque d'écoute. L'humanité décrite par l'artiste souffre. L'on ressent de la déception et de la colère face à la bêtise humaine et l'on ressort de cette lecture, avec l'envie d'être plus attentif aux autres. C'est parfois dans l'extrême simplicité que l'on touche à l'essentiel.

Dans l’amer de nos déserts

8 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 11 mars 2013

C’est avec cet ouvrage que je découvre Chabouté et je dois dire que j’ai plutôt bien accroché. Si ces onze historiettes se lisent presque trop vite, ça ne m’a pas empêché d’être interpelé par le talent de cet auteur. Tout d’abord, j’aime beaucoup son utilisation du noir et blanc qu’il applique à merveille à ces formes accidentées et ces visages qu’on dirait cabossés par la vie. Il y a quelque chose de très visuel où le texte est rare (ce qui explique aussi pourquoi ça se lit vite) avec un cadrage très réussi car particulièrement évocateur. Un gros plan sur une main, sur un regard, sur une boîte de cassoulet vide, de « tout petits riens » qui disent tout… A noter aussi l’absence de titre pour chaque histoire, un parti pris qui efface toute rupture car finalement ces anecdotes parlent toutes de la même chose, de l’absence de « liens » dans notre monde moderne justement… Le tout est fait avec beaucoup de sensibilité et d’humanité, mêlé à une dose d’humour acide qui fait que l’on ne rit pas vraiment mais évite de plomber le propos. Ces petites histoires sont toujours cruelles et montrent ce que des paroles ou des gestes anodins peuvent avoir de blessant, révélant par ailleurs plusieurs des tares de nos modes de vie urbains : incommunicabilité, solitude, indifférence, égoïsme, perte des racines……

J’aurais juste une réserve sur la scène du métro que je trouve un peu caricaturale, mais dans l’ensemble ça sent incontestablement le vécu et suffit à me donner envie de découvrir d’autres œuvres de cet auteur.

SECOUANTE

10 étoiles

Critique de Koudoux (SART, Inscrite le 3 septembre 2009, 56 ans) - 22 février 2013

"C'est dimanche, merde!!
Retourne te coucher!"

Petites histoires quotidiennes banales mais dont les fins sont amères.
Le dessin en noir et blanc représente bien l'atmosphère très spéciale à la Chabouté.
Je suis sortie de cette lecture secouée mais très contente du choix de CL.
Bref, un coup de cœur!

L’art de la chute

9 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 51 ans) - 22 janvier 2013

Quelques courtes histoires avec une fin amère. Beaucoup de génie dans ces petits scénarios. Il y’avait longtemps que j’avais lu des vignettes aussi efficaces. C’est une bédé qui nous fait réfléchir sur nos comportements en société, comment parfois inconsciemment ou non nous sommes coupables de mépris et prétention alors qu’il y’a toujours pire que nous.

Le dessin noir et blanc grossier se prêtait bien à l’univers marin sombre de ‘Terre-neuvas’, ici il contribue à l’ambiance déprimante et lourde. D’ailleurs tous les personnages sont laids et semblent soient épuisés ou indifférents. Parce que c’est bref cela n’affecte pas trop le moral.

Définitivement une bédé hors norme, percutante et dévastatrice.

Remet notre lâcheté sous le nez

7 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 20 décembre 2012

« Essayez au moins d’être un tout petit peu... souriante !! Non ? »

Dans une dizaine de petites fables on est confronté au monde déshumanisé de la ville, avec des gens centrés sur eux qui ne cherchent pas à comprendre comment peut sentir son prochain.

On se met facilement dans la peau des personnages, on comprend leurs émotions, c’est très direct. Cependant, tout en sonnant vrai et nous révoltant de situations dont les gens (et sûrement les lecteurs) ne font pas grand-chose, parfois je trouvais que c’était arrangé (comme c’est souvent le cas des fables, la bédé Tout seul aussi était comme ça). Les dessins sont clairs et remplis de sentiments, mais avec un bémol qui me déconcentrait parfois, esthétiquement je trouvais que les plusieurs traits des visages se ressemblaient (ce qui m’a fait demander au début si c’était l’histoire de la même personne à différents âges, mais non). Ce n’est pas mon Chabouté préféré, mais c’est celle qui m’a fait réfléchir le plus, la plus grinçante. Je recommande.

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