Je devrais recevoir le livre vendredi et commencer ce w-e.
Lâhistoire de MoĂŻse est touchante quelque part avec ce besoin dâamitiĂ© dans laquelle il sâest jetĂ© avec passion. Mais elle permet de comprendre dĂ©jĂ comment fonctionnent les rapports dans ce village de RiviĂšre au sel petite communautĂ© oĂč lâon nâhĂ©site pas Ă rejeter celui qui ne ressemble pas aux âautres â avec une mĂ©chancetĂ© et une intolĂ©rance choquante ; que lâon soit Etranger comme Francis Sancher (âLes histoires les plus folles se mirent Ă circulerâŠaurait tuĂ© un hommeâŠtrafiquant de drogueâ) ou laissĂ© pour compte comme MoĂŻse (âA lâĂ©cole, la maĂźtresse lâoubliait, mi-Chinois mi-NĂšgreâŠâ). On comprend aussi quâil y a un profond mystĂšre certainement dramatique dans le personnage de Francis et une grande souffranceâŠ
Quant Ă Mira je crois que cette seule phrase la rĂ©sume Ă elle seule ,âIls ne savent pas ce que câest que de sortir brĂ»lante du ventre dĂ©jĂ froid de sa mĂšre, de lui dire adieu dĂšs le premier moment du mondeâ ; fille sauvage, en communion avec la nature seule consolatrice face Ă la mĂ©chancetĂ© et comme une intruse au coeur de cette famille Lameaulnes qui rĂšgne en maĂźtre grĂące Ă sa rĂ©ussite et son argent .
Les descriptions sont denses, les histoires se mĂȘlent les unes aux autres au fur et Ă mesure que l'on passe d'un portrait Ă l'autre d'une façon trĂšs habile et addictive.
Quant Ă Mira je crois que cette seule phrase la rĂ©sume Ă elle seule ,âIls ne savent pas ce que câest que de sortir brĂ»lante du ventre dĂ©jĂ froid de sa mĂšre, de lui dire adieu dĂšs le premier moment du mondeâ ; fille sauvage, en communion avec la nature seule consolatrice face Ă la mĂ©chancetĂ© et comme une intruse au coeur de cette famille Lameaulnes qui rĂšgne en maĂźtre grĂące Ă sa rĂ©ussite et son argent .
Les descriptions sont denses, les histoires se mĂȘlent les unes aux autres au fur et Ă mesure que l'on passe d'un portrait Ă l'autre d'une façon trĂšs habile et addictive.
Jâai lu Mira et Aristide, page 49 Ă 80.
On fait la connaissance de Mira, un personnage pittoresque, dĂ©crite dans un style trĂšs personnel. Quoique toute sa vie tienne sur seulement 16 pages, on voit le genre de fille quâelle est : une fille libre et fantasque mais mal aimĂ©e.
Son frĂšre Aristide est moins sympa. Jaloux, mĂ©chant, persuadĂ© que sa sĆur a Ă©tĂ© violĂ©e. DrĂŽle de personnage dĂ©crit lui aussi sur 16 pages dans un style un peu confus et assez spĂ©cial mais pas dĂ©sagrĂ©able.
On fait la connaissance de Mira, un personnage pittoresque, dĂ©crite dans un style trĂšs personnel. Quoique toute sa vie tienne sur seulement 16 pages, on voit le genre de fille quâelle est : une fille libre et fantasque mais mal aimĂ©e.
Son frĂšre Aristide est moins sympa. Jaloux, mĂ©chant, persuadĂ© que sa sĆur a Ă©tĂ© violĂ©e. DrĂŽle de personnage dĂ©crit lui aussi sur 16 pages dans un style un peu confus et assez spĂ©cial mais pas dĂ©sagrĂ©able.
J'ai terminé le livre.
Bon moment de lecture.. J'attendrai début février pour les commentaires.
Bon moment de lecture.. J'attendrai début février pour les commentaires.
Récupéré hier, commencé ce matin, c'est parti ...
Voici le tableau:
Aaro: en cours
Koudoux: Terminé
Lobe: en cours
Ludmilla: en cours
Myrco: attente de réception
Pieronnelle: en cours
SJB: en cours
Tistou: reçu
Aaro: en cours
Koudoux: Terminé
Lobe: en cours
Ludmilla: en cours
Myrco: attente de réception
Pieronnelle: en cours
SJB: en cours
Tistou: reçu
Oh, plus que reçu puisque j'attaque le chapitre "Sonny" (en fait j'en suis Ă la moitiĂ©). C'est l'intĂ©rĂȘt de passer de (trĂšs) mauvaises nuits et de ne pas dormir !
<i>TraversĂ©e de la mangrove</i> se rĂ©vĂšle trĂšs agrĂ©able Ă lire. C'est le genre de lecture oĂč il faut accepter de lĂącher prise et de se laisser trimballer par l'auteur. Et cette forme de roman choral, moi, me plait beaucoup. Tiens ça m'Ă©voque cet exercice d'Ă©criture rĂ©alisĂ© sur C.L. Vos Ecrits ; "Bohain", que nous avions rĂ©alisĂ© Ă 8 mains, fin 2014 dĂ©but 2015. Et dont je conserve un excellent souvenir !
Personnellement, dans cette <i>Traversée de la mangrove</i>, j'accepte tout ce qui vient, aussi bien les fréquents commentaires négatifs concernant la personnalité de Francis Sancher que les (beaucoup) plus rares positifs. Je me laisse porter, littéralement ...
Bon choix de lecture commune.
<i>TraversĂ©e de la mangrove</i> se rĂ©vĂšle trĂšs agrĂ©able Ă lire. C'est le genre de lecture oĂč il faut accepter de lĂącher prise et de se laisser trimballer par l'auteur. Et cette forme de roman choral, moi, me plait beaucoup. Tiens ça m'Ă©voque cet exercice d'Ă©criture rĂ©alisĂ© sur C.L. Vos Ecrits ; "Bohain", que nous avions rĂ©alisĂ© Ă 8 mains, fin 2014 dĂ©but 2015. Et dont je conserve un excellent souvenir !
Personnellement, dans cette <i>Traversée de la mangrove</i>, j'accepte tout ce qui vient, aussi bien les fréquents commentaires négatifs concernant la personnalité de Francis Sancher que les (beaucoup) plus rares positifs. Je me laisse porter, littéralement ...
Bon choix de lecture commune.
J'ai commencĂ© le livre aussi, j'attaque Ă©galement le chapitre Sonny. Pour l'instant je n'accroche pas trop, je l'ai peut-ĂȘtre lu trop distraitement et je vais reprendre au dĂ©but pour voir.
Les mauvaises nuits s'enchainant ... et bien voilà , lecture terminée. J'attends Février comme convenu ...
Merci Tistou! Ce fut bref et efficace!
@Saule
Jâavoue quâil est facile de perdre sa concentration. Puisque chaque chapitre est un peu une mini-biographie dâun personnage, jâai tendance Ă ĂȘtre distrait si cela ne concerne pas le dĂ©fun au centre de l'intrigue.
@Saule
Jâavoue quâil est facile de perdre sa concentration. Puisque chaque chapitre est un peu une mini-biographie dâun personnage, jâai tendance Ă ĂȘtre distrait si cela ne concerne pas le dĂ©fun au centre de l'intrigue.
Je suis sur le point de terminer le livre et je croyais que la rĂšgle Ă©tait de donner son avis au fur et Ă mesure de lâavancement ; disons toutes les trente pages environ.
J'attendrai début février pour les commentaires.Bon, je vais faire comme Koudoux : j'attendrai début février pour les commentaires.
Je suis sur le point de terminer le livre et je croyais que la rĂšgle Ă©tait de donner son avis au fur et Ă mesure de lâavancement ; disons toutes les trente pages environ.
Oui SJB ...tous les 50 pages environ en s'adaptant bien sûr à la structure propre à chaque ouvrage. C'est la méthode que nous avions adoptée pour les lectures communes. Sans vouloir le moins du monde offenser Benjamin - que nous devons remercier sincÚrement pour son initiative et son implication dans l'animation de CL- je la crois préférable à cette méthode décalée.
Je crains en effet qu'on se prive de remarques plus spontanĂ©es qui naissent au fur et Ă mesure de la lecture, ont trait parfois Ă des points prĂ©cis, peuvent s'inscrire dans une impression Ă©volutive...et constituent la matiĂšre plus ou moins riche propice Ă de vĂ©ritables Ă©changes (ce qui me semble ĂȘtre le but d'une lecture commune).
Au lieu de cela, j'ai peur que l'on aboutisse Ă l'expression d'un sentiment final global peu Ă©loignĂ© des critiques que nous pouvons ĂȘtre amenĂ©s Ă faire Ă l'issue de nos lectures individuelles...mais je peux me tromper;-)
Chaque livre est diffĂ©rent. Pour celui-ci, je crois que les gens peuvent commenter Ă leur guise car je ne crois pas quâil yâaura de grands revirements.
Peut-ĂȘtre juste garder la fin pour plus tard.
Je fais confiance aux participants. Alors si vous dĂ©sirez inscrire des commentaires aprĂšs chaque pĂ©riode de lecture, ou souligner des points importants pendant quâils sont frais en mĂ©moire, allez-y.
De toute façon, ceux qui ne veulent vraiment pas ĂȘtre âcontaminĂ©â attendent toujours avant de lire le fil.
Peut-ĂȘtre juste garder la fin pour plus tard.
Je fais confiance aux participants. Alors si vous dĂ©sirez inscrire des commentaires aprĂšs chaque pĂ©riode de lecture, ou souligner des points importants pendant quâils sont frais en mĂ©moire, allez-y.
De toute façon, ceux qui ne veulent vraiment pas ĂȘtre âcontaminĂ©â attendent toujours avant de lire le fil.
De toute façon, ceux qui ne veulent vraiment pas ĂȘtre âcontaminĂ©â attendent toujours avant de lire le fil.
:-)
Pour ce livre il est vrai que le seul mystĂšre concerne Francis Sancher. Au fur et Ă mesure on en apprend un peu plus sur lui au travers des autres personnages. Mais on en apprend aussi beaucoup sur la Guadeloupe ,ses habitants et sa Nature ; Nature incroyable par la variĂ©tĂ© de ses arbres et cette Mangrove si Ă©tonnante ,souvent liĂ©e aux personnages comme Mira dans sa ravine, Aristide dans les bois et bien d'autres, en passant parr la PĂ©piniĂšre aux orchidĂ©es...et je suis conquise par cette Ă©criture si imagĂ©e de l'auteure et en mĂȘme temps sans concession concernant les mĆurs des habitants Ă la violence sourde,aux souffrances et au besoin d'amour et d'amitiĂ©, Ă cette sorte de racisme des BĂ©kĂ©s envers les "nĂšgres" comme ils disent, tout en n'hĂ©sitant pas Ă se mĂ©langer Ă eux et Ă crĂ©er des mĂ©tissages source de reproches et d'intolĂ©rance..
Jâai terminĂ© le livre et je suis plutĂŽt rĂ©servĂ©.
Je trouve quâon arrive pas Ă se faire une bonne idĂ©e de la nature de la Guadeloupe ; les forĂȘts ne sont pas bien dĂ©crites et le nom des arbres est la plupart du temps inconnu. Il est souvent question de ravines mais je ne me souviens pas dâavoir vu le nom dâun ruisseau. Les paysages sont mal dĂ©finis.
Je devrais sans doute relire le dĂ©but parce que les liens de parentĂ© entre les personnages sont trĂšs embrouillĂ©s. Et ces personnages ne sont jamais trĂšs reluisants, câest le moins quâon puisse dire.
Je trouve quâon arrive pas Ă se faire une bonne idĂ©e de la nature de la Guadeloupe ; les forĂȘts ne sont pas bien dĂ©crites et le nom des arbres est la plupart du temps inconnu. Il est souvent question de ravines mais je ne me souviens pas dâavoir vu le nom dâun ruisseau. Les paysages sont mal dĂ©finis.
Je devrais sans doute relire le dĂ©but parce que les liens de parentĂ© entre les personnages sont trĂšs embrouillĂ©s. Et ces personnages ne sont jamais trĂšs reluisants, câest le moins quâon puisse dire.
La nature est décrite principalement en rapport avec les personnages. Mais il y a de belles descriptions
"A mille mĂštres d'altitude, la forĂȘt de Guadeloupe se rabougrit. disparus, les chĂątaigniers grande feuille, les acomats boucan, les cachimans montagne, les bois rouge carapate. C'est le royaume des cĂŽtelettes aux feuilles gaufrĂ©es d'un vert noirĂątre qui ne s'Ă©lĂšvent guĂšre au dessus de deux mĂštres du sol. La terre se couvre de bromĂ©liacĂ©es aux fleurs violettes et sans parfum, d'orchidĂ©es blanches striĂ©es de veinules couleur robe d'Ă©vĂȘque" !
Xantippe est un personnage interessant et fort, homme des bois qui fait peur aux habitants parce qu'il est "différent" ; ce village a du mal à accepter la différence et pourtant cette différence a toujours une histoire dramatique comme celle de Xantippe.
Man Sonson me touche beaucoup car elle porte la souffrance des autres , elle a une sorte d'aura particuliĂšre et par elle on en apprend sur les rapports blancs/nĂšgres:
"C'est que nous ne sommes pas n'importe quelle qualité de NÚgres. Les yeux des blancs n'ont jamais brûlé les nÎtres." (quelle image!) ..."Leopold, avait été cravaché à mort par un Blanc auquel il n'avait pas voulu céder le passage...les amis de Leopold avaient voulu le venger. Le sang avait coulé...les champs de canne s'étaient embrasés..."
Par Man Sonson on en apprend beaucoup aussi sur la Guadeloupe "d'avant" et les épreuves comme le cyclone , la guerre de 39/40, l'incendie de La Pointe qui a tout détruit ,l'école...La petite "Négresse noire" aimait beaucoup les livres...
Elle est voyante et extraordinairement humaine "Souffrances, accidents, morts en tout genre ne m'ont pas quittée un seul instant".
Sa rencontre avec Francis Sancher est belle et nous permet d'en connaßtre enfin un autre aspect que tous les racontars "Je peux dire aujourd'hui que ces années-là furent les plus belles de ma vie. Dans le dénuement, au fond des bois " (encore l'influence de la nature..) Mais aussi, "Moi mort vivant, j'ai toujours fui les femmes". Le secret avance un peu...
Bon je "parle" trop :-)
"A mille mĂštres d'altitude, la forĂȘt de Guadeloupe se rabougrit. disparus, les chĂątaigniers grande feuille, les acomats boucan, les cachimans montagne, les bois rouge carapate. C'est le royaume des cĂŽtelettes aux feuilles gaufrĂ©es d'un vert noirĂątre qui ne s'Ă©lĂšvent guĂšre au dessus de deux mĂštres du sol. La terre se couvre de bromĂ©liacĂ©es aux fleurs violettes et sans parfum, d'orchidĂ©es blanches striĂ©es de veinules couleur robe d'Ă©vĂȘque" !
Xantippe est un personnage interessant et fort, homme des bois qui fait peur aux habitants parce qu'il est "différent" ; ce village a du mal à accepter la différence et pourtant cette différence a toujours une histoire dramatique comme celle de Xantippe.
Man Sonson me touche beaucoup car elle porte la souffrance des autres , elle a une sorte d'aura particuliĂšre et par elle on en apprend sur les rapports blancs/nĂšgres:
"C'est que nous ne sommes pas n'importe quelle qualité de NÚgres. Les yeux des blancs n'ont jamais brûlé les nÎtres." (quelle image!) ..."Leopold, avait été cravaché à mort par un Blanc auquel il n'avait pas voulu céder le passage...les amis de Leopold avaient voulu le venger. Le sang avait coulé...les champs de canne s'étaient embrasés..."
Par Man Sonson on en apprend beaucoup aussi sur la Guadeloupe "d'avant" et les épreuves comme le cyclone , la guerre de 39/40, l'incendie de La Pointe qui a tout détruit ,l'école...La petite "Négresse noire" aimait beaucoup les livres...
Elle est voyante et extraordinairement humaine "Souffrances, accidents, morts en tout genre ne m'ont pas quittée un seul instant".
Sa rencontre avec Francis Sancher est belle et nous permet d'en connaßtre enfin un autre aspect que tous les racontars "Je peux dire aujourd'hui que ces années-là furent les plus belles de ma vie. Dans le dénuement, au fond des bois " (encore l'influence de la nature..) Mais aussi, "Moi mort vivant, j'ai toujours fui les femmes". Le secret avance un peu...
Bon je "parle" trop :-)
Finalement, je n'ai reçu le livre qu'hier et vais essayer de commenter au fur et à mesure...
LE SEREIN (je ne pense pas qu'il s'agisse d'un terme spécifiquement créole bien que faisant ici l'objet d'une note...il m'est arrivé de l'utiliser alors que je n'ai aucune ascendance de ce cÎté là ).
Il s'agit de la présentation des personnages. Je trouve que leur multiplicité introduite sur quelques pages seulement fait que ce n'est pas trÚs digeste, d'autant que sont évoquées des lignées. Il faudra probablement y revenir pour bien les situer.
Le climat qui prĂ©side aux relations sociales, empreint de jalousies, mesquineries, appĂ©tence pour le scandale ,etc...masquĂ© sous une convivialitĂ© de façade lors de rĂ©unions qui regroupent les habitants autour d'Ă©vĂšnements de la vie courante (enterrements, manifestations festives...) me paraĂźt assez reprĂ©sentatif de petites communautĂ©s villageoises oĂč tout le monde ou presque se connaĂźt. Je dirais que c'est bien vu mais non spĂ©cifique de la sociĂ©tĂ© guadeloupĂ©enne.
LE SEREIN (je ne pense pas qu'il s'agisse d'un terme spécifiquement créole bien que faisant ici l'objet d'une note...il m'est arrivé de l'utiliser alors que je n'ai aucune ascendance de ce cÎté là ).
Il s'agit de la présentation des personnages. Je trouve que leur multiplicité introduite sur quelques pages seulement fait que ce n'est pas trÚs digeste, d'autant que sont évoquées des lignées. Il faudra probablement y revenir pour bien les situer.
Le climat qui prĂ©side aux relations sociales, empreint de jalousies, mesquineries, appĂ©tence pour le scandale ,etc...masquĂ© sous une convivialitĂ© de façade lors de rĂ©unions qui regroupent les habitants autour d'Ă©vĂšnements de la vie courante (enterrements, manifestations festives...) me paraĂźt assez reprĂ©sentatif de petites communautĂ©s villageoises oĂč tout le monde ou presque se connaĂźt. Je dirais que c'est bien vu mais non spĂ©cifique de la sociĂ©tĂ© guadeloupĂ©enne.
Finalement, je n'ai reçu le livre qu'hier et vais essayer de commenter au fur et à mesure...
LE SEREIN (je ne pense pas qu'il s'agisse d'un terme spécifiquement créole bien que faisant ici l'objet d'une note...il m'est arrivé de l'utiliser alors que je n'ai aucune ascendance de ce cÎté là ).
Il s'agit de la présentation des personnages. Je trouve que leur multiplicité introduite sur quelques pages seulement fait que ce n'est pas trÚs digeste, d'autant que sont évoquées des lignées. Il faudra probablement y revenir pour bien les situer.
Le climat qui prĂ©side aux relations sociales, empreint de jalousies, mesquineries, appĂ©tence pour le scandale ,etc...masquĂ© sous une convivialitĂ© de façade lors de rĂ©unions qui regroupent les habitants autour d'Ă©vĂšnements de la vie courante (enterrements, manifestations festives...) me paraĂźt assez reprĂ©sentatif de petites communautĂ©s villageoises oĂč tout le monde ou presque se connaĂźt. Je dirais que c'est bien vu mais non spĂ©cifique de la sociĂ©tĂ© guadeloupĂ©enne.
On y revient forcément au fur et à mesure des vies des personnages autour de cette veillée funÚbre.
MOĂSE
On ne peut qu'éprouver de la compassion pour le personnage de Moïse, au demeurant bon fils et ami dévoué, mais injustement rejeté dÚs l'enfance notamment pour son origine ethnique (mÚre chinoise), ignoré, méprisé, insulté. Le coup de grùce sera le rejet par celui en qui il croyait enfin trouver un ami, lui causant une blessure profonde.
L'auteure nous livre par ailleurs quelques Ă©lĂ©ments sur ce Sancher Ă la personnalitĂ© intrigante. On se dit que le bonhomme semble avoir quelque chose Ă cacher: il ne livre son vrai nom au facteur que par nĂ©cessitĂ©, son accent trahit son origine hispanophone sans qu'il daigne rĂ©vĂ©ler sa nationalitĂ©, Mais n'est-ce pas tout simplement une tentative naĂŻve et maladroite de faciliter son intĂ©gration ou tout au moins son acceptation par la communautĂ© ? Homme cultivĂ©, il laisse filtrer Ă son insu, sous une apparence physique solide, une Ăąme tourmentĂ©e comme sous le poids d'une fatalitĂ© Ă laquelle il aurait en vain tentĂ© d'Ă©chapper. D'ailleurs, c'est son comportement erratique la nuit dans la forĂȘt qui sera Ă l'origine de la curiositĂ© de MoĂŻse qui aura elle-mĂȘme pour consĂ©quence la rupture de leur relation.
Mais ce qui ressort le plus de cette histoire, ce sont les caractéristiques de cette micro société rurale: la perméabilité aux superstitions (la propriété Alexis), l'importance du qu'en dira-t-on ( le refus de la prostituée), la propension à la médisance (les soupçons d'homosexualité, l'argent de Sancher supposé sale...) et au colportage de rumeurs malveillantes, le mépris pour le travail intellectuel non reconnu comme tel, seul le travail à la sueur de son front étant valorisé.
Je note également quelques remarques nostalgiques sur une Guadeloupe qui ne nourrit plus son homme et la tristesse des exilés vers la métropole.
Sur le plan de l'écriture, l'attrait de ce texte réside pour moi dans l'usage d'un vocabulaire dépaysant qui lui confÚre un charme certain pour nous continentaux; ce sont des expressions décalées et parlantes telles "devant-jour", "maison de changement d'air", "maison haute et basse"...
A l'inverse, j'ai trouvĂ© bizarrement inappropriĂ©e la tirade prĂȘtĂ©e Ă Sancher plus ou moins dans un demi-sommeil (p41 Ă©dition Folio): des propos soi-disant sans signification mais pas aussi dĂ©cousus qu'ils auraient dĂ» l'ĂȘtre Ă mon sens dans le contexte.
On ne peut qu'éprouver de la compassion pour le personnage de Moïse, au demeurant bon fils et ami dévoué, mais injustement rejeté dÚs l'enfance notamment pour son origine ethnique (mÚre chinoise), ignoré, méprisé, insulté. Le coup de grùce sera le rejet par celui en qui il croyait enfin trouver un ami, lui causant une blessure profonde.
L'auteure nous livre par ailleurs quelques Ă©lĂ©ments sur ce Sancher Ă la personnalitĂ© intrigante. On se dit que le bonhomme semble avoir quelque chose Ă cacher: il ne livre son vrai nom au facteur que par nĂ©cessitĂ©, son accent trahit son origine hispanophone sans qu'il daigne rĂ©vĂ©ler sa nationalitĂ©, Mais n'est-ce pas tout simplement une tentative naĂŻve et maladroite de faciliter son intĂ©gration ou tout au moins son acceptation par la communautĂ© ? Homme cultivĂ©, il laisse filtrer Ă son insu, sous une apparence physique solide, une Ăąme tourmentĂ©e comme sous le poids d'une fatalitĂ© Ă laquelle il aurait en vain tentĂ© d'Ă©chapper. D'ailleurs, c'est son comportement erratique la nuit dans la forĂȘt qui sera Ă l'origine de la curiositĂ© de MoĂŻse qui aura elle-mĂȘme pour consĂ©quence la rupture de leur relation.
Mais ce qui ressort le plus de cette histoire, ce sont les caractéristiques de cette micro société rurale: la perméabilité aux superstitions (la propriété Alexis), l'importance du qu'en dira-t-on ( le refus de la prostituée), la propension à la médisance (les soupçons d'homosexualité, l'argent de Sancher supposé sale...) et au colportage de rumeurs malveillantes, le mépris pour le travail intellectuel non reconnu comme tel, seul le travail à la sueur de son front étant valorisé.
Je note également quelques remarques nostalgiques sur une Guadeloupe qui ne nourrit plus son homme et la tristesse des exilés vers la métropole.
Sur le plan de l'écriture, l'attrait de ce texte réside pour moi dans l'usage d'un vocabulaire dépaysant qui lui confÚre un charme certain pour nous continentaux; ce sont des expressions décalées et parlantes telles "devant-jour", "maison de changement d'air", "maison haute et basse"...
A l'inverse, j'ai trouvĂ© bizarrement inappropriĂ©e la tirade prĂȘtĂ©e Ă Sancher plus ou moins dans un demi-sommeil (p41 Ă©dition Folio): des propos soi-disant sans signification mais pas aussi dĂ©cousus qu'ils auraient dĂ» l'ĂȘtre Ă mon sens dans le contexte.
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