Darius

avatar 21/03/2020 @ 04:14:08
Hier, je regardais les nouvelles sur Euronews avec le titre : Cod-19, comment en est-on arrivé là ?

Je ne dénonce personne en disant que la pandémie vient de Chine. Et j’enfonce une porte ouverte en disant que le virus s’est transféré de l’animal à l’homme.

Et là, que vois je ? Des marchés chinois à ciel ouvert. Des centaines de chauve-souris vivantes, entassées dans des filets, les ailes recroquevillées, s’agrippant les unes aux autres, des milliers de pangolins, empilés dans des filets serrés, les pattes brimées, les yeux exorbités, suppliant de les en sortir sous l’œil indifférent et complaisant des Chinois qui font tranquillement leurs emplettes, insensibles à cette souffrance et à cette torture.

Comment un pays entier en est-il arrivé là ? A ce détachement face à la souffrance animale ? A cette apathie ? N’y a-t-il aucun défenseur du bien-être animal dans ce pays ? C’est hallucinant.

Je me suis d’abord dit qu’ils devaient être poursuivis pour crime devant un tribunal international.

Puis je me suis ravisée. Ce qui se passe en Chine se poursuivra t’il ? Je le crains, mais cette fois-ci, comme chez nous, dans des abattoirs blindés, aseptisés, érigés loin des gens, où des hommes insensibles, vêtus de scaphandre pour se protéger du sang, des cris, de la douleur, des hurlements de détresse de ces animaux maltraités, martyrisés, assassineront des milliers d’animaux effrayés et apeurés. Si ce n’était quelques caméras cachées, nous ne serions même pas au courant.

Voilà; c'était mon cri de colère qui m'a sorti du lit à 3 heures du matin pour le pousser...

Saule

avatar 21/03/2020 @ 09:30:09
Bien vu Darius ! C'est en effet un mystère que notre détachement face à la souffrance des animeaux. Je pense au livre du penseur Israélien ("Homo Sapiens. Une brève histoire de l'humanité"), on y voit des porcs d'élevage, confinés dans un enclos dans lequel ils ne peuvent pas bouger, alors que le porc est un animal intelligent et social. Que dire des élevages de poulets, des abattoirs,...
C'est comme si on était embarqué dans une machine infernale de l'industrialisation à outrance, à chaque fléau que ça va causer on trouvera peut-être une parade (vaccin) mais au final que restera-t-il de notre humanité.

Le rat des champs
avatar 21/03/2020 @ 09:36:06
Très bien vu. L'insensibilité de l'homme a la souffrance est un problème énorme. S'y ajoutent la cupidité et l'égoïsme. Actuellement l'hôpital St Pierre de Bruxelles mendie pour acheter des respirateurs afin de nous soigner quand nous en aurons besoin. Et il y a deux ans, notre pays a sabré dans les dépenses de santé pour dépenser 4 milliards d'euros pour acheter des Lockheed F35 qui sont cloués au sole, tellement leurs défauts de conception mettent en danger la vie des pilotes.
Je suis très en colère.

Darius

avatar 21/03/2020 @ 09:40:53
Bien vu Darius ! C'est en effet un mystère que notre détachement face à la souffrance des animeaux. Je pense au livre du penseur Israélien ("Homo Sapiens. Une brève histoire de l'humanité"), on y voit des porcs d'élevage, confinés dans un enclos dans lequel ils ne peuvent pas bouger, alors que le porc est un animal intelligent et social. Que dire des élevages de poulets, des abattoirs,...
C'est comme si on était embarqué dans une machine infernale de l'industrialisation à outrance, à chaque fléau que ça va causer on trouvera peut-être une parade (vaccin) mais au final que restera-t-il de notre humanité.


merci Saule, tu es le premier (et le seul car je l'ai aussi mis sur le réseau social, mais là çà a l'air d'avoir fait un flop,) les gens n'aiment pas qu'on leur dise qu'on est mal partis, ils en viennent quasi à ensenser les Chinois d'avoir réagi aussi vite, alors que leur système de vie vis à vis des animaux est un véritable scandale..
J'ai un ami qui est allé en Chine il y a deux ans, et ce qu'il m'en a dit, m'a donné toute envie de jamais au grand jamais d'y mettre les pieds... déjà que les restaurants chinois avec leur tas de viande dont on ignore la provenance me dégoûte..

Magicite
avatar 21/03/2020 @ 09:58:58
Est-ce parce que l'occident ne voie pas la mort qu'elle n'existe pas?
Bientôt nous devrons apprendre à chasser pour nous nourrir et je ne sais même pas où vivent les lasagnes.
je veux dire que des milliers d'animaux abattus dans des conditions sanitaires déplorables, pou une industrie et un capitalisme qui n'a de morale que le gain et l'accroissement du gain(tout les moyens sont bons pour faire plus de bénéfices) ne veut pas s'embêter avec des normes sanitaires trop strictes, le respect de la vie et de la souffrance de ce qui arrive dans nos assiettes.

Il est clair que les mesures d'hygiéne des marchés d'Asie(de Chine en tout cas le reste je connais pas) sont différentes. De même que les habitants de pays comme l'Inde(paraît-il) sont immunisés/vaccinés à tout un tas de bactéries par le fait d'avoir un biotope intestinal 'éduquer' à cette résistance. Des gens se baignent dans le Gange(pas n'importe où) mais des locaux qui en ressortent purifiés spirituellement...et non infectés par ces mêmes bactéries(s'il faut en croire les on-dits).
Nos organismes bercés(pour la plupart) dans les villes depuis leur naissances et n'ayant connu aucune bactérie agressive mais surtout les produits toxiques ménagers et industriels qui vont avec(+ pollution de véhicules à carburant, sans parler de potentiels perturbateurs endocriniens, du fait que le vinaigre blanc et le savon de Marseille-il me semble, en tout cas les savons avec le moins d'ingrédients dans leur recettes- est plus sain que n'importe quel produit de nettoyage divers et variés promus et facilitant les nettoyages à grand renforts de publicité et de consensus sociétal depuis l'époque industrielle) n'ont pas les mêmes résistances que ceux qui (plus rares) ont vécus à la campagne(paradoxe en lui-même car les espaces ruraux sont désertés et les villes les plus grandes surpeuplés mais là n'est pas le sujet).
Les premiers sont reconnus comme étant les plus sujets aux infections car n'ayant pas développé la résistance et l'immunité nécessaire.
C'est la cage dorée. Celle qui nous empêche de voir que c'est une cage mais une cage et les restrictions qui vont avec quand même si tu voit ce que je veut dire en comparant citadins non soumis aux pollens et à l'air remplies de bonnes bactéries que chacun peut assimiler afin de développer une immunité naturelle(dans tous les sens du terme) contre la personne surprotégée qui n'aura pas les défenses immunitaires nécessaires à affronter un monde qui 'est pas aseptisé.

Les marchés et la vision de cadavres des chairs comestibles sont-ils plus dangereux que ce que font les industriels et acteurs de l'élevage et l'abattage intensifs. Outre que le premier cas n'a pas l'hypocrisie de nous faire penser que nos consommations ne sont pas des êtres vivants mais des bouts de viandes séparés de leur nature de créature vivante, pensant et forcément sensible je ne pense pas que ce soit pire même le contraire.

Certes les scandales sanitaires existent. Je ne suis pas informé sur l'origine estimée ou documentée du virus.
Sauf qu'un virus par nature ça mute. Comme toute les espèces de vies selon la théorie de l'évolution de Darwin et les recherches en génétique et autres sciences d'étude de la biologie. Les virus sont même potentiellement la cause et raison de l'évolution(en tout cas une partie) et s'ils ne rentrent pas dans la catégorie des animales(que nous pouvons rapprocher de nous plus facilement) ce n'en est pas moins des cellules vivantes qui nous composent.
Je veut dire que c'est la capacité et faculté d'un virus de muter et de s'adapter qui fait qu'un virus est possible et la vie avec.

"Si ce n’était quelques caméras cachées, nous ne serions même pas au courant. "
Parce que nous le voulons pas. Parce qu'une propagande marchande veut nous fait croire que c'est le bien de consommation qui compte et que (pour ceux qui se noureissent de chair animale comme moi) nous ne voulons pas voir dans notre steak la faculté à aimer son petit de la vache ou que pour produire du lait celle ci doit être saillie, donner naissance et son veau tuée et ainsi de suite.
Les éleveurs disent à juste titre leurs troupeaux sont bénéfiques pour les pâtures, que ces troupeaux ont pour effet de d'entretenir le sol et les terres depuis l'aube de l'humanité.
Le problème bien sûr c'est l'échelle et les conditions, parce que l'industrie agroalimentaire est loin du berger et de ses moutons qui lui prennent toute les saisons de labeur jusqu'à l'abattage s'il veut vendre les viandes. Ou du chasseur de chauve souris, du pêcheur qui les met sur l'étal du marché pour vivre.
La consommation excessive de ces viande l'est. En France la tradition de la viande est réelle. Si la qualité dans c domaine est l'un de ses symboles(la viande la plus chère du monde est une race de bœuf français) la quantité l'est aussi. Et surtout le mode de vie consumériste qui propose(avec pression) de consommer beaucoup tout le temps. Au détriment de la qualité.

Pour en revenir à ces scènes terrifiantes dans une vision ethnocentrées de marchés exotiques je signalerait que l'occident n'est pas exempt de scandales sanitaires bien plus graves et symptomatiques:
La maladie de la vache folle venue du Royaume Uni causée par des cadavres animaux malades donnés à nourrir à des animaux herbivores.
Plus récemment une histoire de lasagnes contenant du cheval(à la consommation tabou dans de nombreux pays) ou de la viande donnée pour l'aide alimentaire(aux pauvres) qui n'était pas vraiment ce que disait l'étiquette.
Les normes "qualitatives" américaines sur la viande et le fait qu'une grande partie de cette production soi bourrée aux hormones de croissance et aux antibiotiques pour que les animaux puissent survivre à des conditions de vie déplorables jusqu'à ce qu'ils grandissent assez pour être vendus car c'est le poids qui fait le prix aussi donc les bénéfices dans cette logique.

Pour faire bref(et vraiment j'essaie même si je n'y arrive pas vraiment tellement il y a de choses que je trouve intéressante à dire en réaction à ton message) j'ai une interrogation sur la montée en puissance des pays d'Asie(économique déjà et d'autres qui y sont liées).
Fin de la dominance de l'homme blanc de l'américain(elle est plus que marquée) pour le changement de dominance pour les pays d'Asie. En laissant de côté les problèmes liés au déclin logique et inéluctable d'un empire qu'est ce qu'un changement de dominance culturelle, politique et économique (celui-ci est déjà avéré) implique?
Du côté de l'animal en tout cas.
Voici ma pensée plus qu'une certitude et comme beaucoup de point je peut penser mais ne suis certes pas sûr ni savant de tout ou de grand chose, ce qui me fait surtout me poser des questions plus que je ne pose de réponses:
La société occidentale judéo-chrétienne tient pour acquis de la bible que la terre et les animaux lui appartiennent, le principe mystique dieu leur a donné en disant croissez, croissez....
"Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre."

Sans y voir la genèse du capitalisme(...je développerais pas là dessus) pour le sujet dont il est question il y a bien une marchandisation et un statut d'objet ou d'inférieur(à l'homme) qui est à la base du mode de pensée contemporain, de son consumérisme et de l'exploitation animale à outrance qui découle d'une vision millénaire du monde incrusté dans toutes les strates de la société.

L'Asie se rapproche d'une pensée animiste. Elle accorde de l'importance à la vie et aux matériel en tant que récepteur d''énergie mystique.

Possiblement des valeurs meilleures que celles de la chrétienté qui met l'homme immortel au centre du monde qui est fait pour lui et à son usage.

Ce changement de valeurs culturelles venant du changement de dominance peut potentiellement apporter un mieux. Potentiellement, nous verrons bien nous et les générations qui suivent... bien que ce soit l'Empire que je craint et que je ne voit pas vraiment les chinois avoir bouleversés les fondements du système capitaliste actuel et ses pires travers que nous savons.


" cette fois-ci, comme chez nous, dans des abattoirs blindés, aseptisés,"
Pas si aseptisé ou blanc/blanc au niveau de l'étiquette, tant qu'il y a moyen de rogner sur la qualité/mode de production pour des bénéfices cela sera fait, quitte à faire baisser la qualité, à risquer un danger pour le consommateur , du moins jusqu'à ce qu'il se fasse attraper. Certes ce n'est pas tous et le calcul risque profit de l'industrie rentre bien sûr en compte, et bien sûr il existe des normes mais je veut présenter une vision générale d'un système global: l'accroissement des gains, comme celui du joueur qui peut prendre des risques. Et j'ai l'impression que ces joueurs là ont plus de chances de gagner que de risques de pertes. en tout cas c'est nous complices qui ne voulons pas voir cela qui perdons.

Sur la question animale j'ai pas mal réfléchit et j'ai finit par tomber sur une pensée qui me convient. Elle n'est pas de moi mais contient l'espoir. La prochaine libération de l'humanité après celles des esclaves, des femmes sera celles des animaux. Sauf que les animaux n'ont pas la parole. Il faut que ce soit nous qui la prenions pour eux.

Certes je m'enflamme en réaction à ton sujet mais je te remercie de ton coup de gueule au final:
Il est salutaire et nécessaire. Il est une prise de conscience(certainement pas de cette nuit) et donc forcément nécessaire.
Ton cri de colère je le partage, il induit un changement de mentalité dans nos modes de vie. Espérons le mais surtout faisons le nous à notre échelle.
Ce n'est pas l'émotion qui m'importe, certes c'est un bon moyen de toucher le plus grand nombre comme l'ont prouvés certains acteurs de la cause animale
mais plus important derrière la considération de la vie et la souffrance de la vie en tant que telle, la santé (consommation de viande excessive comme en Europe/occident = pas bon, mode industriel et libéralisme sans freins = danger) et la volonté de changer pour nous et de changer la société qui en découlent.
Et c'est assez simple dans l'idée, beaucoup plus complexe et long à mettre en place: l'offre et la demande.
Refusons ce qu'on nous offre. Cette conscience qui germe dans tous les domaines rattaché à la vie et l'alimentation elle n'est pas nouvelle. Peut-être plus populaire car aussi le symptôme d'un système qui s'essouffle et est arrivé en bout de course, en bout d'horreur et réparés de bric et de broc tellement de fois qu'il est étonnant qu'il puisse encore tenir...ou donner l'impression de tenir.

Oui je rattache la cause de la prise en compte de l'animal, de sa défense par nous qui humains avons la voie pour le faire de la dominance mondiale par un système rattaché au bénéfices, du travail famille paternalisme, d'une nécessité de faire évoluer la société dans son ensemble pour diminuer le contrôle et pouvoir autoritaire du système consumériste et basé sur le profit et l'enrichissement.
Il ne peut être nié qu'un mai 68 (avec ses travers bien sûr) a quand même fait avancé les mentalités. Une société comme une culture(encore une fois je peut me tromper mais je peut aussi justifier mes arguments c e que je ne ferait pas plus avant dans ce message) qui est figé et qui produit tant d'écarts entre les plus riches et les plus dans le besoin a besoin d'un rappel à l'ordre , de la voie de ceux qui la composent(bien diverses certes) et non de dirigeants qui entretiennent le feu qui consume et désagrége chaque piliers de ses bases à ses sommets.
Je n'avais absolument pas prévu d'en arriver là, à cette conclusion dans ma réaction Darius. Le temps d'écrire ce message(et j'étais venu pour en écrire un autre à la base) il y a eu des réponses alors qu'il n'y en avait pas.
Vais je si loin? Je n'en ait pas l'impression pourtant.

Magicite
avatar 21/03/2020 @ 10:05:31
final que restera-t-il de notre humanité.

Celle que l'on choisit, celle de ne pas accepter de se nourrir à l'abreuvoir de son sacrifice, de la cruauté vénale d'industriels.
Mais bien entendu c'est facile à dire, pas si compliqué à faire mais déjà il faut en avoir conscience....
J'en ait déjà trop dit et je peut largement me tromper mais je ne veut pas m'empêcher d'espérer. Pour l'animal mais pour l'homme qui en est responsable derrière.

Martin1

avatar 21/03/2020 @ 10:06:22
Je suis totalement d'accord avec tout ce que tu as dit Darius.
On pourrait parler des vaches hublots de la Sarthe mais les mots me manquent pour exprimer mon dégoût.
Je veux seulement dire que beaucoup dénoncent volontiers la souffrance animale mais restent séduits par la mondialisation et l'urbanisation folle qui est, en grande partie, cause de la mutation du système agricole, de cette intensivité inhumaine (ou "trop humaine", justement, chacun jugera).

Il faut aller au bout, décortiquer les paradoxes, et comprendre la nécessité de revenir à une économie locale, toute utopique qu'elle puisse paraître...

Darius

avatar 21/03/2020 @ 10:32:49
merci Martin et Magicite, cela me réconforte avec l'humanité.. car je me sentais bien seule, vu le manque de réations (sauf négatives) que j'ai ressentie sur les réseaux sociaux...
je vais vous relire à tête reposée car j'ai lu en diagonale, mais j'ai retenu ceci " La prochaine libération de l'humanité après celles des esclaves, des femmes sera celles des animaux. Sauf que les animaux n'ont pas la parole. Il faut que ce soit nous qui la prenions pour eux..."

Magicite
avatar 21/03/2020 @ 11:04:19
Merci à toi Darius pour dire ce qu'il faut, ce qui est notre pouvoir. Je comprends pour la lecture en diagonale de mon pavé, j'avais bien répondu mais le temps d'arriver à finir, tu comprends que c'est un sujet qui me touche si j'y réagit comme ça.
Vos avis m'intéressent même si de dire qu'une agriculture et élevage plus proche, plus petite moins intensive sont un bon changement, un changement nécessaire j'ai l'impression que c'est enfoncer des portes ouvertes.
Que nous puissions l'amener et comment un peu moins évident peut-être, quoique...plébisciter le local, acheter moins pour de la qualité, prendre contact avec un berger, favoriser les initiatives citoyennes et les bergers qui sont loin des grands marchés...boycotter et sortir de l'hypocrise de pas voir le réel pour le discours de marchands de soupe je suis pas sûr que ce soit si novateur.
En tout cas je ne suis pas prêt d'aller en Bretagne :

https://lepoint.fr/environnement/…

malgré mes origines de brestoises -véridique- ;)

Myrco

avatar 21/03/2020 @ 11:09:00
Ne sois pas trop triste Darius. Il y a encore partout dans le monde beaucoup trop de gens insensibles à la souffrance animale voire certains qui s'en délectent. Quand je vois que chez nous en France nous avons un ministre de l'agriculture, en tant que tel responsable du bien-être animal qui est un adepte des corridas , cela me fait hurler!!!
Je pense néanmoins que tout doucement (trop doucement bien sûr) les choses vont dans le bon sens sous la pression d'associations, d'une partie de l'opinion. L'idée que l'animal est un être souffrant fait son chemin. Hélas l'humanité étant ce qu'elle est, il ne faut pas se faire trop d'illusions: nous pouvons élargir notre camp mais nous ne parviendrons jamais à enrayer totalement la misère animale Il y a déjà pas mal de (petites) choses. que nous pouvons faire à notre portée. Pour d'autres hélas, je pense aux élevages intensifs, il faudrait être cohérents. Elever les animaux dans des conditions acceptables, cela signifie un coût plus élevé : il y a ceux dont le budget ne le permet pas, ceux qui préfèrent limiter leur budget alimentaire au profit de la voiture ou du dernier smartphone.

Il y aurait beaucoup, beaucoup de choses à dire sur tout cela.
Mais comme toi, toute souffrance animale me serre les tripes;-(

Pieronnelle

avatar 21/03/2020 @ 11:26:48
Je suis entièrement d'accord avec ce cri de colère sur la façon dont nos sociétés traitent les animaux, cette industrialisation de notre consommation de viande étant révoltante nous poussant à en consommer de plus en plus alors qu'une bonne répartition dans notre alimentation ( compte tenu de notre caractère "animal" d'origine :-) serait bien suffisante...

Par contre je ne suis pas du tout d'accord avec ta façon d'accuser les chinois de tous les maux, d'autant qu'il n'y a aucune certitude absolue que ce virus soit "chinois", qu'il provienne de la consommation de ces animaux sauvages inconnus chez nous...cette consommation existant depuis sans doute des siècles sans qu'un virus ait décimé la population chinoise...d'autre part la cuisine chinoise répartie dans le monde entier, que je sache, n'a jamais provoqué d'épidémie...on aime ou pas c'est tout , qu'elle te degoûte, excuse-moi, c'est ton problème.
La stigmatisation dans ces périodes est un virus tout aussi grave que celui qui provoque les maladies...
Par contre le doute concernant ces animaux sauvages va servir heureusement à leur protection puisque leur vente va être interdite en Chine et ces pauvres petits pangolins et autres pourront peut-être parvenir à vivre librement....

Bien sûr qu'il faut féliciter les chinois pour leur réaction à l'épidémie ils ont certainement sauvés des milliers de vie. Et nos pays , qui se croient supérieurs et protégés de tout , croyant justement que le Mal vient d'ailleurs, vont se retrouver avec plus de morts que ceux de Chine, à cause justement de notre type de société !

Et puis Darius, (moi qui ai vécu à la campagne ) as-tu déjà vu tuer un lapin ? Et couper le cou des poules ? Égorger un cochon ? Un mouton ? Tuer un cerf, une biche ? Tuer des châtons en les jetant contre un mur ? Et j'en passe. En dehors de toute industrialisation...

Je rejoins ton combat pour protéger les conditions d'élevage ; l'homme est cruel pour le profit et ça devient insoutenable. Malheureusement il est aussi cruel contre lui-même puisqu'il a du mal à s'arrêter contre l'excès et il faudra bien qu'il parvienne enfin à le comprendre.
Espèrons que ce mal qui nous touche permettra de faire ressortir toutes les tares de nos sociétés et qu'il nous permettra aussi de découvrir la vraie solidarité (et certains ont bien du mal apparemment) pour un nouveau départ...

Radetsky
avatar 21/03/2020 @ 11:37:11
Je suis totalement d'accord avec tout ce que tu as dit Darius.
On pourrait parler des vaches hublots de la Sarthe mais les mots me manquent pour exprimer mon dégoût.
Je veux seulement dire que beaucoup dénoncent volontiers la souffrance animale mais restent séduits par la mondialisation et l'urbanisation folle qui est, en grande partie, cause de la mutation du système agricole, de cette intensivité inhumaine (ou "trop humaine", justement, chacun jugera).

Il faut aller au bout, décortiquer les paradoxes, et comprendre la nécessité de revenir à une économie locale, toute utopique qu'elle puisse paraître...
.
..Toute utopique,,pas tant que ça ! Cette utopie est déjà derrière nous : C'est la vie que menaient mes grands-parents maternels dans leur montagnes du sud-Tyrol : ils ne consommaient que ce qu'ils étaient capables de produire, aidés par quelques veaux, vaches, cochon, poulets. Et on ne sacrifiait un animal qu'en dernier ressort (on consommait de la viande à Pâques, Noël et lors des deux fêtes votives, et basta). Seulement voilà : entre 12 et 18 heures de travail par jour selon la saison, une mortalité infantile de 50%, les femmes exténuées par les grossesses.
L'extérieur ne fournissait que :
- le sel
- le sucre
- les outils hors du commun (les autres, le forgeron local y pourvoyait).
On va se récrier : "mais on ne peut pas revenir en arrière !" Si, si car on n'est jusqu'ici pas allé en avant mais...de travers !

Sur les animaux.
Je faisais un jour remarquer à un ami pour lequel le porc était "impur", que le porc était ce que l'homme le contraignait à être (enfermé dans 2 m2, nageant dans ses excréments...) ; lâchez-le dans la nature et vous verrez. Mais il se vautre dans la boue ! Oui, exactement comme les éléphants et c'est pour se protéger des parasites.
Enfin, nos contrées ont suivi les proclamations millénaires des monothéismes qui s'évertuaient à affirmer la primauté de l'homme sur la nature et son destin consistant à "régner" sur icelle, quel qu'en soit le prix. On commence à déchanter et c'est tant mieux...

On appréciera en passant à sa juste valeur le paradoxe contenu dans l'expression "traitement inhumain"...visant à stigmatiser la torture, le génocide, le viol, e tutti quanti. Alors qu'il s'agit précisément d'attitudes spécifiquement humaines.
Ce monde est pourri, invivable et maudit.

Saint Jean-Baptiste 21/03/2020 @ 11:43:09
...car je me sentais bien seule
Non, Darius, tu n’es pas seule ! Je crois que nous partageons tous ton indignation (y a-t-il des Chinois dans la salle?) ;-)) et tu l’exprimes remarquablement bien.

Nous cachons nos abattoirs aux yeux du grand public parce que nous, au moins, nous avons conscience de faire le mal. C’est un hommage du vice à la vertu. Mais c’est aussi de l’hypocrisie.
D’après ton message, les Chinois ne se rendent même pas compte du mal qu’ils font aux animaux. J’en suis très étonné. Je croyais que les Chinois pratiquaient une sagesse ancestrale et vivaient en symbiose avec la nature et les animaux. C’était peut-être vrai avant Mao ? Je me souviens des campagnes de Mao qui avaient pour but de tuer tous, oui, « tous » les oiseaux parce qu’ils mangeaient des grains dans les champs…
On connaît peu sur la Chine. Quelqu’un aurait-il des livres sur la culture chinoise ?

Saint Jean-Baptiste 21/03/2020 @ 12:00:39
La société occidentale judéo-chrétienne tient pour acquis de la bible que la terre et les animaux lui appartiennent, le principe mystique dieu leur a donné en disant croissez, croissez....

"Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. (dixit Magicite)

Patatra ! Magicite a trouvé la cause de tous les maux, il a trouvé un bouc émissaire : La Genèse, le Dieu qui a dit aux hommes… la culture judéo-chrétienne…
Mais, Magicite, Darius parle de ce qui se passe en Chine et la Chine n’a rien connu de tout ça.

Martin1

avatar 21/03/2020 @ 12:25:48
à Radetsky : Ce n'est pas une utopie. C'est vrai, tu as raison. Mais compte tenu de l'évolution actuelle des hommes, des techniques et des comportements, ce pourrait bien être une "uchronie" : une description du futur qui se base sur un point de rupture où le destin de l'homme s'écarte de son tracé prévisible (je sais que le mot peut prendre un sens un peu différent mais dans ma bouche ça veut dire ça).
Je pense qu'on ne reverra jamais le monde d'autrefois. Mais on peut peut-être en construire une sorte d'image ou d'imitation caricaturale, qui pourrait faire l'affaire...

Sur ce que tu dis sur notre conception de l'humanité / de l'inhumanité : il n'y a rien d'inhumain à commettre le mal, c'est au contraire une tentation endogène à notre humanité. Mais je pense aussi que l'aspiration à la vertu est endogène à l'humanité. En fait, il n'y a que les hommes pour chercher à se positionner vis-à-vis d'une éthique et d'une finalité des choses. C'est le drame de l'homme. Mais cela nous emmènerait dans un long débat ;-)

à Piero : Oui je te rejoins. Il ne s'agit pas de critiquer la chasse, la pêche, l'abattage, la domestication, le pastoralisme. Ces choses ne sont que notre part dans un écosystème animal et végétal où la cruauté est toujours présente, même chez les animaux. L'homme simple doit passer par là pour continuer à vivre. Ici le problème c'est l'élevage intensif et l'entassement avicole, la surpêche, les maltraitances animales, les expériences scientifiques visant à se servir des animaux (et des embryons humains) comme cobayes de laboratoire, comme sources de profits. Nous brisons cet écosystème, nous ne sommes plus partie de la nature, au contraire nous cherchons à nous affranchir et à la traiter tyranniquement en province soumise.

à SJB : Je ne saurais trop te conseiller "L'Empire Immobile - Le Choc des Mondes, de Alain Peyrefitte". Ce livre raconte l'ambassade britannique à Pékin de 1793. Ce livre m'a pas mal marqué.
Sinon, pour répondre à ton commentaire sur Mao : le problème de la Chine, comme de la plupart des pays, c'est qu'elle s'est laissée persuader par les plus terribles erreurs idéologiques de l'Occident : le communisme, et puis le capitalisme. Elle est comme on dit, tombée de Charybde en Sylla, deux monstres de notre invention, à nous Européens.

Minoritaire

avatar 21/03/2020 @ 13:08:54
Ces images nous parlent de notre rapport à la mort et au vivant. Je suis en train de lire (très lentement) le livre d'une éthologiste qui interroge notre façon de voir les animaux, mais aussi, et c'est rare, la façon dont les animaux nous voient. C'est très éclairant.
Le vivant, nous en faisons tous partie. Plus précisément appartenons-nous au "Règne animal" (comme nous l'avons décidé nous-mêmes). Et comme tous nos amis animaux, nous classons, consciemment ou pas, ce qui nous est utile, néfaste, nuisible, inutile... et nous agissons vis-à-vis d'eux en fonction. À la différence de nos amis animaux, notre capacité d'extermination est immense. Et notre faculté de résilience et d'oubli aussi.

Ces images me rappellent celles des poissons pris dans les filets par tonnes, et dont on ne s'émeut guère de la lente asphyxie (sinon pour dénoncer une surpêche qui mènera à l'extinction, mais c'est très pragmatique); C'est que les poissons, c'est pas des vivants comme nous. C'est qu'on leur reconnait bien un système nerveux, une "aptitude" à la souffrance, mais encore moins qu'aux mammifères supérieurs, on ne le reconnait une "âme". On peut donc les consommer sans danger de cannibalisme. Amen.
L'âme des animaux est un des sujets qu'aborde Vinciane Despret dans son bouquin.

Il me semble que dans certaines sociétés, la mort de l'animal, parce qu'elle participe à notre vie, est un instant sacralisé. Le "meurtrier" s'adresse à sa victime et lui demande pardon de son geste : tu es sacrifié, ami animal, pour ma survie. Je crois que ce serait une erreur d'imaginer que cette prière oblitère la souffrance du sacrifié. Mais j'ai beaucoup de respect pour les Musulmans qui regardent en famille mourir leur mouton, sacrifié par des mains expertes. (Je n'ignore pas que ce côté sacrificiel recouvre d'autres aspects)

Nos sociétés se sont de plus en plus spécialisées (et singulièrement dans les domaines de l'alimentation). Elles se concentrent dans les villes où il n'y a guère de place que pour des animaux "de compagnie". Si bien qu'on ne voit plus des vaches, des cochons, des poules... mais bien du bœuf, du jambon, du poulet... emballés sous plastique. Encore moins voyons-nous leurs conditions de vie et de mort.
Dans "Le Grand Chemin", Louis, un gamin des villes voit comment ce qui était un lapin, devient dans son assiette, du lapin. Et ça le bouleverse, le remue, l'interroge. Nous avons fini de nous interroger sur ce que nous mangeons, et sur ce que nous consommons en général.
Je ne sais pas si l'on pourra infléchir notre modèle de consommation. Il faudrait pour cela que notre demande s'impose à "leur" offre (vous voyez de qui je parle) ; que nous interrogions nos besoins par rapport à nos envies.
Pour ce qui est notre consommation de viande, Sans doute serait-il utile que tous les enfants fassent l'expérience du petit Louis, de comparer sa capacité d'empathie envers un animal avec la nécessité de se nourrir.

Martin1

avatar 21/03/2020 @ 13:52:56
à Minoritaire : Or l'animal a une âme : animal vient de 'anima' qui veut dire âme en latin. Si on est rigoureux, l'animal est donc ce qui par définition a une âme...

Radetsky
avatar 21/03/2020 @ 14:16:14
à Minoritaire : Or l'animal a une âme : animal vient de 'anima' qui veut dire âme en latin. Si on est rigoureux, l'animal est donc ce qui par définition a une âme...

J'irais jusqu'à dire que tout a une âme, donc que (ton) Dieu est partout, y compris dans les quarks ! C'est du spinozisme facile, mais bon...

Tistou 21/03/2020 @ 15:10:33
à Minoritaire : Or l'animal a une âme : animal vient de 'anima' qui veut dire âme en latin. Si on est rigoureux, l'animal est donc ce qui par définition a une âme...

J'irais jusqu'à dire que tout a une âme, donc que (ton) Dieu est partout, y compris dans les quarks ! C'est du spinozisme facile, mais bon...

Tout a une âme, même les objets inanimés à en croire Lamartine !

Pieronnelle

avatar 21/03/2020 @ 15:15:43
à Minoritaire : Or l'animal a une âme : animal vient de 'anima' qui veut dire âme en latin. Si on est rigoureux, l'animal est donc ce qui par définition a une âme...

Tres juste ! Confère ce livre extraordinaire Anima que nous avons elu lors du prix CL de Wajdi Mouawad. Ce regard des animaux sur nous est fascinant, après tout ils sont les seuls à pouvoir nous juger sur Terre (dans les cieux laisssons les croyants croire à autre chose :-).
La Nature elle, est maîtresse absolue car elle décide des ouragans, des tremblements de terre, des vols de criquets qui dévastent les récoltes, et bien d'autres catastrophes , et même si on la martyrise elle gagnera j'en suis persuadée. Car en la martyrisant l'homme se condamne, c'est lui qui en paiera les pots cassés ; l'homme est victime de son intelligence et de ses capacités inventives...peut-être a t-il du mal à la gérer (circonstances atténuantes ?) mais surtout á la freiner...
Je ne crois pas moi non plus à un retour en arrière qui serait une catastrophe (nos générations précédentes n'ont pas été forcément heureuses ) mais à une prise de conscience , probablement forcée, la situation actuelle en est forcément un exemple...et comme le souligne Martin il a aussi,cet homme , cette capacité incroyable d'une "aspiration à la vertu" (j'adore cette expression, elle me rassure en plus :-) c'est pourquoi je suis optimiste ; que ce soit d'une façon ou d'une autre il va comprendre, cet animal/homme, après de bonnes baffes qu'il recevra de ce qu'il a détruit....

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