Expiation de Ian McEwan

Expiation de Ian McEwan
( Atonement)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Nirvana, le 16 juillet 2004 ( Bruxelles, Inscrite le 7 avril 2004, 44 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 13 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 198ème position).
Visites : 9 168  (depuis Novembre 2007)

Une belle étude de la culpabilité

Briony a treize ans et a décidé de devenir romancière. Dans la canicule d'un jour d'été, en 1935, elle vient d'ailleurs de terminer la rédaction d'une pièce. Elle souhaite la faire jouer par ses cousins, en l'honneur de la visite de son frère aîné.
Mais la chaleur s'ajoutant à l'humeur morose de ses cousins, dont les parents semblent être en procédure de divorce, provoque inévitablement des conflits entre les enfants. Briony, par désoeuvrement, va malgré elle assister à une scène étrange, dont elle ne perçoit pas le sens exact, entre sa soeur, Cecilia, et Robbie, fils de domestique.Celui-ci jouit d'un statut un peu particulier dans la famille puisque ses études sont financées par le père de Briony.
L'imagination de la fillette s'emballe, elle pense sa soeur en danger, et n'aura de cesse de vouloir la protéger. Et croyant bien faire, elle provoque un drame par des révélations dont elle ne pourra maîtriser les conséquences.
Elle en paiera le prix toute sa vie.
Cela commence comme un roman à l'anglaise, une réunion familiale dans une famille de bonne société, on y aborde également l'éveil de l'amour entre jeunes gens de classes sociales différentes, mais ce n'est que la mise en place du drame.
La deuxième partie du roman, qui se déroule cinq ans plus tard, nous fait retrouver Robbie, qui fait partie des troupes britanniques en déroute vers Dunkerque. C'est terriblement réaliste et poignant, le récit de ces soldats jetés sur les routes, honteux de devoir reculer, touchés par le mépris de la population locale qui les prend pour des lâches, dans la tension des raids aériens constants .
La troisième partie nous fait revenir à Briony, maintenant élève infirmière, qui porte le poids de sa faute, et décide de mettre tout en oeuvre pour pouvoir la réparer. On la retrouve ensuite dans la dernière partie du roman, où âgée de 77 ans, elle nous nargue d'une pirouette, en véritable romancière de sa vie.
J'ai d'ailleurs bien aimé le dénouement final, en dehors du canevas classique de ce type de roman.
La notion de culpabilité est traitée de très belle manière, la première partie était un peu trop longue à mon goût, mais ma patience a été récompensée par la suite du roman.
J'ai appris que l'auteur rentrait pour la première fois dans la peau d'une narratrice, et il explique que sa manière d'écrire en a été changée, car il prenait plus de plaisir à décrire la beauté de certains lieux, paysages,...

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Affabulation et création littéraire

8 étoiles

Critique de Nav33 (, Inscrit le 17 octobre 2009, 69 ans) - 28 décembre 2016

Je ne peux que qu'abonder les critiques précédentes en confirmant sans les paraphraser inutilement qu'il y a bien trois romans en un , dans des styles volontairement assez différents d'ailleurs. J'ajouterai qu'il y a même une fin 3bis à options puisque le récit se révèle être une fiction ou semi fiction dans la fiction de l'héroïne devenue écrivain. Elle nous propose d'imaginer que les amants - qui sont les victimes du crime de dénonciation calomnieuse qu'elle a commis pendant son enfance peuvent avoir survécu à la guerre et s'être retrouvés ou bien avoir péri . C'est l'option optimiste pour faire plaisir aux lecteurs qui est proposé en 2ème ultime choix. Ian McEwan n'est pas le premier à recourir à ce type d'épilogue , qui montre la puissance toute divine de l'auteur sur ses créatures . Les lecteurs peuvent être déroutés par ce coup d’œil sur l'envers du décor après s'être imprégnés pendant quelques centaines de pages des personnages dont le talent du conteur nous fait croire à la réalité. Il s'agit en partie d'un roman sur l'écriture , l'affabulation, l'erreur , le doute , le mensonge dans lequel on s'enfonce , ce qui justifie certainement cet épilogue.

De la fragilité d’un témoignage en justice …

9 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 81 ans) - 23 août 2016

L’auteur situe son roman sur 3 lieux et à 2 époques : 1935 dans le Surrey, 1940 sur le sol français à la bataille de Dunkerque, et enfin à la même époque dans un hôpital londonien.

Dans la première des 3 parties, l’on fait connaissance avec les Tallis, une famille de la haute bourgeoisie britannique, laquelle accueille leurs cousins, les Quincey. L’on y voit évoluer différents personnages, se cristalliser des inimitiés contenues, s’ébaucher l’une ou l’autre idylle, et cela dans un décor champêtre émaillé de petits ponts et de fontaines à tritons, tout à l’image peut-être des photographies brumeuses et romantiques d’un David Hamilton …

Cette ambiance est soudain déchirée par une accusation de viol, de la part d’un témoin d’autant plus douteux qu’il s’agit d’une pré-adolescente amoureuse et jalouse, Briony Tallis.

La deuxième partie du roman se focalise sur la victime de la calomnie, Robbie Turner, simple soldat, aux prises avec l’horrible guerre qui décime les populations du nord de la France, et dont l’unique préoccupation est celle de survivre, et de regagner son pays outre-Manche afin de tenter d’obtenir sa réhabilitation.

En contrepoint de ce théâtre de champ de bataille, un autre décor nous est offert, celui d’un grand hôpital où s’activent des infirmières, chevronnées ou novices parmi lesquelles l’on retrouve une Briony qui a mûri.

La rencontre de Robbie et de son accusatrice adviendra-t-elle jamais ? Et quoi qu’il en soit, l’auteur nous proposera-t-il une fin d’histoire dans la rédemption, l’expiation, la catharsis ?

Malgré quelques longueurs, pénibles ou admises selon les humeurs du lecteur, j’estime que cet ouvrage est un grand roman. Il fait appel à l’art consommé de Ian Mc Ewan pour, tout à la fois et avec le même brio, nous offrir des analyses psychologiques lumineuses, et nous faire vivre au quotidien l’indescriptible souffrance du soldat et des personnels infirmiers confrontés aux horreurs des blessés et des mourants.

A lire absolument …

Une écriture riche pour une intrigue insolite

8 étoiles

Critique de Oops (Bordeaux, Inscrite le 30 juillet 2011, 51 ans) - 16 octobre 2011

On est en 1935 en Angleterre, au milieu d'une famille bourgeoise de trois enfants ; dont Léon l'aîné et Cecilia, tous les deux sont adultes et Brionny l'insolente âgée de 13 ans qui ne rêve que d'écrire. le père ministre et la mère maîtresse de la maisonnée décident d'accueillir les neveux et la nièce de la soeur de Madame, les parents de ceux-ci sont en instance de séparation ! Léon doit lui aussi arriver avec un ami. Brionny a écrit une pièce de théâtre dont elle veut absolument donné une représentation avec ses cousins et sa cousine en l'honneur de son frère. Mais rien ne se passe comme elle veut, déçue elle erre dans le parc de la maison et fait la rencontre de Robbie, le fils d'une employée de maison et un ami proche de Cécilia qui lui remet une enveloppe à l'intention de sa soeur. Son âme d'écrivain à l'imagination débordante va l'entraîner là où l'innocence de ses 13 ans n'aurait sans pas dû et c'est plusieurs vies qui en seront bouleversées. Décomposé en trois parties, ce roman a fait l'objet d'un film que je n'ai pas vu. D'un point de vue littéraire, l'écriture de Mc Ewan est vraiment riche, on ressent parfaitement les caractères de chacun des personnages, les rapports de classe, les émotions, les sensations, les faux-semblants. La guerre de 40 est sans doute la partie qui m'a le plus ennuyée, heureusement rattrapée par une fin bouleversante. Une intrigue insolite qui me donne envie de découvrir d'autres ouvrages de l'auteur.

Mon premier McEwan: Long et Laborieux...

2 étoiles

Critique de Rouchka1344 (, Inscrite le 31 août 2009, 27 ans) - 25 mai 2010

L'histoire en elle-même est bien, seulement, on a l'impression que McEwan rallonge son texte le plus possible. La première partie du roman qui se déroule dans le manoir anglais de la famille de Briony est la partie la plus intrigante si on peut dire. Tous les évènements importants s'y déroulent. La seconde partie où Briony est adulte, est pour moi la plus ennuyeuse du roman. Il n'y a quasiment pas de dialogue, que des paragraphes qui décrivent la culpabilité de la jeune fille.
Je l'ai lu en entier pour connaitre la fin. Je n'ai absolument rien compris. McEwan ne dit pas les choses clairement, non , j'avais l'impression qu'il les chuchotait sans dire explicitement ce qu'était devenu les personnages.
Je me suis donc jetée sur le film, qui par ailleurs est excellent! Une très belle photographie, une très bonne musique et de bons acteurs. Pour une fois, c'est assez rare, j'ai préféré le film au livre.

1 étoile pour la première partie du roman.

Deux en un!

6 étoiles

Critique de Paquerette01 (Chambly, Inscrite le 11 juillet 2008, 46 ans) - 28 juillet 2008

Ce roman, en trois parties est selon moi de style et de longueur inégaux.

A la première partie lancinante, longue et ennuyeuse répondent deux autres parties d'un style plus direct et plus rapide. Nous passons de "Madame Bovary" au "Pont de la rivière kwaï"!

Personnellement, il m'a fallu passer les cent premières pages pour savourer le reste du roman qui ne m'a d'ailleurs plus déçue jusqu'à la dernière phrase.

Les thèmes du mensonge, de la culpabilité, de la trahison sont bien illustrés.

Quel dommage que la première partie soit si longue....

Gâter l'oeuvre

6 étoiles

Critique de Feint (, Inscrit le 21 mars 2006, 54 ans) - 11 mars 2008

Pourquoi l’auteur ne s’est-il pas arrêté à la fin de la première partie (qui représente tout de même la moitié d’un roman plutôt feuillu) ? Ç’aurait été une sorte de récit un peu énigmatique, évoluant comme une spirale convergeant vers le « crime » de Briony, fatal dénouement. Jusque là, il me semblait lire un roman mené de main de maître, sans doute un peu léché, un peu « à la manière de » ; mais il n’y avait pas grand-chose à redire à cela. A quoi le reste sert-il (sinon à justifier le titre) ? Menées délibérément sur un autre mode, les trois parties suivantes ne m’ont pas convaincu ; le récit m’a même parfois semblé gauche, emprunté. Tout en lisant, pour tromper un ennui naissant, je pensais à ces exégètes qui se fondent sur les écarts de qualité pour juger que telle ou telle pièce n’est pas de Shakespeare ou de Molière et je me disais que des indices de cette sorte sont somme toute peu convaincants.

Regrets éternels

9 étoiles

Critique de Féline (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 39 ans) - 9 février 2008

Je ne vais pas revenir sur la trame principale du livre qui a déjà été développée dans les autres critiques.

Le roman de Ian McEwan se scinde en trois parties. La première décrit la mise en place du drame, décrivant minutieusement l’Angleterre de l’entre deux guerres, la vie de la bourgeoisie. L’écrivain campe les personnages avec un luxe de détails, nous livrant leur psychologie et leurs motivations. Le lecteur comprend ce qui pousse chacun à agir comme il le fait. C’est pour moi la meilleure partie du roman, digne de la grande tradition romanesque britannique. J’adore la période décrite et, bien que nombreuses furent les critiques sur la profusion de détails et la lenteur de l’action, je les ai personnellement trouvées parfaitement appropriées. L’auteur a d’ailleurs avoué avoir voulu écrire un roman dans la veine de ceux de Jane Austen.

La deuxième partie suit Robbie en France pendant la guerre, lors du repli de l’armée britannique vers Dunkerque. Encore une fois, les états d’âme du personnage sont détaillés, de même que les atrocités vécues par les soldats pendant cette période, que le romancier s’attache à décrire. C’est poignant et difficilement soutenable. Robbie ne pense qu’à une seule chose : ses retrouvailles avec Cécilia qui l’attend en Angleterre. C’est sans doute la partie que j’ai le moins appréciée et qui m’a semblé la plus longue, bien que ce soit la plus courte en nombre de pages.

Dans la troisième partie, Briony, qui a renoncé à ses études, est élève infirmière dans un hôpital qui accueille les blessés de guerre. Elle a compris son erreur de jeunesse et n’a de cesse de se faire pardonner par sa sœur et par Robbie, et surtout voudrait à tout prix racheter sa faute. Le titre du roman prend ici tout son sens.

Dans l’épilogue, Briony est une vieille dame. On apprend qu’elle est écrivain et qu’elle attend depuis des années de publier un livre qui rétablira la vérité. La fin constitue une véritable réussite selon moi, et permet à Ian McEwan de faire un clin d’œil au lecteur sur le véritable pouvoir de l’écrivain. Tout au long du récit d’ailleurs, on se rend compte qu’il éparpille de petits questionnements sur la création littéraire et la manière de raconter des histoires. Mais je n’en dit pas plus pour ne pas gâcher la fin.

Dans ce livre, la plume de McEwan est très belle, pleine de poésie et de métaphores. Elle est très descriptive, sans toutefois que cela n’alourdisse le récit.
J’avais hésité avant d’entamer ce roman, restée sur le souvenir amer que m’avait laissée la lecture de “Un jardin de ciment” il y a quelques années de cela. Tant le sujet que la manière de le traiter m’avait dérouté et paru obscène. Mais “Expiation” n’a rien à voir et me réconcilie avec cet auteur.

Orgueil, préjugés et sentiments

9 étoiles

Critique de Antinea (anefera@laposte.net, Inscrite le 27 août 2005, 38 ans) - 28 janvier 2008

Par une chaude journée de l’été 1935, Briony Tallis, 13 ans, achève d’écrire une pièce de théâtre intitulée « Les tribulations d’Arabella ». Convaincue de sa qualité et soucieuse de faire partager son talent à sa famille, Briony organise tout de suite les répétitions. Elle réquisitionne pour cela ses cousins « du nord », les jumeaux Jackson et Pierrot et leur grande sœur Lola, que l’adolescence et la chaleur rendent toute chose. Lola veut jouer le rôle titre, au grand dam de Briony qui ne se retrouve plus qu’auteur et metteur en scène. Mais la vanité de cette dernière se trouve définitivement mise à mal lorsque la représentation tombe à l’eau, les jumeaux préférant la piscine à la chaleur moite de la nursery et de ses répétitions.
Emily, la mère, sujette à d’abominables migraines, laisse les enfants s’occuper seuls. Un abandon familial coutumier. Le père rentrera tard, ce soir encore. Il « travaille » à Londres. Léon, le grand frère, arrive accompagné d’un ami, Paul Marshall, magnat du chocolat en barre qu’il souhaite vendre lors d’un éventuel conflit avec l’Allemagne.
Pendant ce temps, Cécilia, la grande sœur, prend conscience que sa relation avec Robbie, fils de la gouvernante de la maison, prend un tournant particulier. Amis depuis l’enfance, l’université les a séparés. Mais cette journée d’été inhabituellement chaude est propice aux pensées sensuelles et laisse s’exprimer maladroitement ces sentiments nouveaux que chacun nourrit pour l’autre et dont ils n’avaient jusqu’alors pas pris conscience.
A cours de la soirée, les jumeaux fuguent, laissant libre cours à la perpétration d’un crime qui, sous les yeux d’une gamine fantasque et frustrée, va condamner les amours naissants de Robbie et Cécilia. Victime des conventions et de l’imagination de leur sœur cadette, le destin de Robbie et de Cécilia vire au tragique. Au cours des ans, Briony devra trouver le courage de se racheter, aux yeux des autres, mais surtout à ses propres yeux.
Ce roman est un pur chef-d’œuvre. L’histoire est passionnante, lancinante au début, comme une chaude journée d’été interminable, puis trépidante, de la débâcle vers Dunkerque, aux hôpitaux surchargés de Londres. L’écriture de Ian MacEwan est délicieuse, riche, suave et forte, un plaisir ! Il fait passer tous les messages, toutes les ambiances. En véritable peintre, il dresse le tableau de nouveaux Roméo et Juliette, victimes de l’orgueil de la jeune Briony et des préjugés de la famille Tallis. Un amour qui se mêle à la fresque historique et une vie à expier une faute née d’une imagination débordante, tels sont les ingrédients de ce livre exceptionnel.

"Pardonnez mes offenses"

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 39 ans) - 26 décembre 2007

Il ne faut pas se fier aux débuts lénifiants de ce roman, apparemment fait pour les jeunes filles sages. Les rebondissements de la trame et un style qui se délie peu à peu du ton guimauve et de l'eau de rose donnent de l'étoffe à l'oeuvre, dont l'intérêt va crescendo ; il gagne toutefois en dureté et en souffrances.
Ce roman, qui n'est pas de tout repos, est bien intéressant.

Les malheurs de Briony

4 étoiles

Critique de Nothingman (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 37 ans) - 7 mai 2006

Tout commence comme dans un roman de la comtesse de Ségur. Briony Tallis, 13 ans, vit dans un manoir bucolique avec toute sa famille. Et ses cousins qu'elle mène par le bout du nez. Elle est espiègle, fabulatrice, enfermée dans ses rêves et ne se voit pas devenir autre chose qu'écrivain. Mais cette jeune fille insouciante va basculer dans le drame. Briony va surprendre sa sœur aînée dans les bras de Robbie, le fils de la femme ménage, considéré comme l'un des membres de la famille. Un garçon brillant dont Briony est tombé aussi sous le charme. La vengeance est un plat qui se mange froid et Briony va accuser Robbie d'un crime qu'il n'a pas commis… Le reste du roman n'est que l'histoire de l'expiation de Briony.
Ce roman est terriblement lent. On a vraiment l'impression dans sa première partie que rien n'avance. Pour un peu, on s'endormirait presque. Les personnages se perdent en conjecture, en réflexions vaines et inutiles et par la même, nous perdent en chemin. Et ce personnage de Briony que j'ai détesté dès les premières descriptions : le prototype de la petite peste. Que dire de plus sinon que ce roman m'a terriblement ennuyé

les conséquences d'un mensonge d'une enfant

8 étoiles

Critique de Nana31 (toulouse, Inscrite le 29 janvier 2006, 48 ans) - 13 mars 2006

tout débute en août 1935,la famille Tallis s'apprête à passer un bel été dans la demeure familiale, puis arrivent les cousins, les amis. La jeune Briony âgée de 13 ans secrètement amoureuse du fils de la femme de ménage va le surprendre dans les bras de sa soeur Cecilia. Elle va alors se venger et l'accuser d'un viol qui lui coûtera la prison. La guerre éclate, Briony grandit mais comment pourra-t-elle expier ce mensonge d'enfant?
pourra-t-on lui pardonner?

on suit habilement l'évolution des personnages car le roman est bien construit malgré un début un peu long.

Lecture périssable

4 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 43 ans) - 23 juin 2005

Beaucoup de thèmes abordés dans ce roman de McEwan. Celui des difficultés de l'enfance qui ne trouve pas facilement sa place entre la perversion et l'innocence, celui de la relation amoureuse, celui de la société et de la représentation qu'elle implique, la guerre aussi.
J'ai hésité avant de me lancer, je ne me sentais guère l'envie de lire un roman d'amour et de guère, deux thèmes qui ne me sont pas particulièrement chers en littérature. Mais McEwan m'intrigue, j'avais envie de savoir. La partie consacrée à Dunkerque et à la guerre m'a moyennement intéressée. Certes très bien écrite, élégante et bien documentée, je ne suis cependant pas vraiment tombée sous le charme.
Par contre, j'ai davantage trouvé de plaisir à suivre le personnage de Briony dans l'évolution de ses remords. McEwan a parfaitement réussi à se glisser dans la peau de cette fillette qui grandit au fil des pages, devient une adulte et une dame qui se demande comment expier son horrible mensonge du début, celui qui vaudra la prison à Robbie. Ian McEwan a le don pour explorer l'âme de ses personnages, se mettre à leur place et le lecteur avec lui. C'est subtil, la fragilité humaine est passée au crible et il est difficile de rester insensible à tout cela. Et pourtant, pourquoi ai-je cette impression étrange que Mc Ewan est passé à côté de quelque chose?

J'ai un peu l'impression d'avoir lu deux romans à la fois, deux récits différents imbriqués l'un dans l'autre, un roman classique amoureux du siècle dernier et un autre plus contemporain. Un peu comme si l'auteur était parti sur une idée précise, celle de rédiger une grande fresque sociale genre XIXe siècle et puis qu'au fur et à mesure, il s'était laissé dépasser par son sujet et avait eu besoin de l'analyser en l'écrivant autrement, à l'intérieur. Le fait que Briony devienne romancière n'est, à mon avis, pas étranger à tout cela.
Je déplore que ce personnage n'ait pas incité McEwan a donner plus d'épaisseur à tout le récit, que la force que l'on retrouve chez cette femme (force de sa naïveté et de son innocence pendant l'enfance, force de ses remords à l'âge adulte, force du pouvoir de l'écriture qu'elle possède) n'ait pas contaminé les autres. C'est presque une histoire banale et si il n'y avait pas eu ces explorations intérieures de Bryony, cette promenade dans les méandres d'une âme perverse, je me serais profondément ennuyée.

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