Le corps de Liane de Cypora Petitjean-Cerf

Le corps de Liane de Cypora Petitjean-Cerf

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Laure256, le 31 juillet 2007 (Inscrite le 23 mai 2004, 46 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 262ème position).
Visites : 3 154  (depuis Novembre 2007)

une galerie de femmes inoubliables !

Je n’avais pas aimé le premier roman de Cypora Petitjean-Cerf (le musée de la sirène) mais j’ai bien fait de persévérer car j’ai adoré ce deuxième titre. C’est à grand regret que je quitte ses personnages qui m’ont fait sourire et qui m’ont emportée avec eux, par leur simplicité, leur entrain malgré leurs malheurs et leur solidarité sans faille.
Liane est une enfant de 10 ans qui a des tics et des manies, des lubies curieuses et la peur obsessionnelle de vomir. Parce qu’elle se trouve des seins trop gros, elle va s’accrocher à une camarade encore mieux dotée qu’elle, et c’est ainsi que va naître une profonde amitié avec Roselyne. Dans ce roman s’entrecroisent principalement des femmes, les maris et pères ayant depuis bien longtemps disparu, sans que cela semble perturber qui que ce soit. Liane et sa mère Christine, dépressive qui sera secourue enfin par sa mère Huguette, Roselyne substitut maternel de sa petite sœur Crystal par la force des choses, Eva la femme de ménage et son insupportable fille Armelle, l’arrière-grand-mère Liliane abandonnée dans une maison de retraite, bref des lignées de femmes pour qui la vie n’a vraiment pas été drôle. Des éclopées de l’amour qui s’en sortent bien, par une amitié et un soutien aussi affectueux que détonnant. Quelques hommes gravitent autour : Jean-Luc, le fiancé pâtissier de Roselyne, et l’épicier arabe Hassan, qui héberge un temps son neveu algérien dont l’épouse a donné naissance à un bébé mort-né. Mention spéciale d’ailleurs à cet épicier Hassan qui découvre sur le tard l’émerveillement de la lecture, par le biais de son fils Achraf, au grand désespoir de son épouse Ghania. Une galerie de personnages qu’on apprend à aimer dans leurs débordements fantaisistes et chaleureux, et qu’on n’a aucunement envie de quitter.
Certains ont fait le parallèle avec "Ensemble c’est tout", d’Anna Gavalda, on trouvera ici en plus un bonheur malicieux, des automédications de l’âme aussi surprenantes qu’efficaces, des petits délires savoureux… Non vraiment, ce livre égayé d’un humour constant ne devrait jamais finir !

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où sont les hommes ?

9 étoiles

Critique de Valadon (Paris, Inscrite le 6 août 2010, 38 ans) - 6 février 2011

Au début, c'est difficile. Il faut s'accrocher. L'auteur nous livre une succession de tableaux, comme si on assistait à des petits films d'une minute ou deux qui s'enchaîneraient encore et encore. Il faut un peu de temps pour s'habituer. Et si on y arrive, alors ça vaut sacrément le coup !!
C'est un roman lumineux, positif, qui redonne drôlement le moral. C'est tendre et drôle, jamais mièvre, original et poignant. L'histoire se déroule doucement, les personnages évoluent tranquillement, chacun à sa manière. On se sent proche d'eux, on les sent vrais, profondément humains.
C'est vraiment une merveilleuse découverte... et ne vous laissez pas abuser par la couverture rose bonbon de l'édition livre de poche... car même si ce livre parlera certainement beaucoup plus aux femmes qu'aux hommes, ça n'a strictement rien d'un roman à l'eau de rose !

Des petits bouts de femmes

7 étoiles

Critique de Maylany (, Inscrite le 11 novembre 2007, 39 ans) - 9 février 2008

"Le corps de Liane" est un roman écrit de façon relativement simple et fluide qui laisse l'impression d'être proche du narrateur.

Les personnages de ce livre sont en grande majorité des femmes mais n'ont que peu de points communs : d'âges différents, avec un passé propre à chacune, des angoisses et des aspirations divergentes, elles se sentent cependant esseulées et rencontrent des difficultés avec les hommes et/ou dans la relation mère/enfant.

Toutes sont attachantes, chacune à sa façon (hormis peut-être Armelle ...)

Le récit est très entrecoupé : la narration de chaque "évènement" dure de quelques lignes à, rarement, quelques pages, pour ensuite passer au récit d'un autre fait. Les dates sont très présentes au fil des pages.

L'impression de proximité qui ressort de l'écriture et des personnages ainsi que le récit très hachuré et daté donnent au final un peu l'impression de lire un journal intime.

Beaucoup de qualités pour ce roman ainsi que son auteur.

Ca fait - vraiment - du bien !

10 étoiles

Critique de Cuné (, Inscrite le 16 février 2004, 51 ans) - 4 octobre 2007

Imaginez que vous ayez une bonne vieille rage de dents des familles, pile le jour où il ne faudrait pas, sinon ce ne serait pas drôle. Vous tourneriez en rond, en vous lamentant, les calmants n'auraient un effet que par trop fugace, et lire, ah vraiment, lire, ce serait la dernière chose dont vous auriez envie.

Mais parce qu'on vous a assuré que ce Corps de Liane était un véritable petit bonbon, vous l'ouvririez malgré tout, circonspecte.

Au départ, vous n'accrocheriez pas des masses : un peu trop sombre, voire glauque, plus de trois cent pages du même tonneau, une autre fois peut-être, mais là... Et puis peu à peu les personnages vous prennent; par le coude, d'abord, tiens, mais c'est qu'on se sent bien, au milieu de toutes ces femmes : " Aujourd'hui, mercredi 10 juillet 1985, Lamia goûtait chez les femmes libres, seules et bizarres. Quelle chance !" Puis très vite par le cou, et à la fin c'est de gros bécots sur chaque joue et des gloussements ravis et joyeux que vous échangez avec elles, avec eux, tous, même Cliff Barnes !

Sorte de journal, chronique d'une famille, sur plusieurs années : au départ Liane, en CM1, enfant perturbée pour le moins, qui se réfugie dans les listes (ceux qui suent et ceux qui ne suent pas, par exemple...), sa mère, sa grand-mère, et puis petit à petit une amie, sa famille, son copain, la femme de ménage, sa fille aux expressions étonnantes, les voisins, etc. Une tribu qui n'est pas sans avoir son petit côté Malaussène, mais en gardant toujours en filigrane une certaine gravité, tout en évitant l'écueil du triste.
C'est fantasque, étonnant, émouvant, drôle, c'est la fameuse quête identitaire qui est notre lot à tous, toujours.
C'est le roman idéal pour jour douloureux, prescription du docteur Clarabel.
A lire, à lire !!

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