Le pingouin de Andreï Kourkov

Le pingouin de Andreï Kourkov
( Smert postoronnevo)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Saule, le 21 mai 2001 (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 56 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 13 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 369ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 8 518  (depuis Novembre 2007)

Un thriller humoristique réussi

Drôle de couple formé par Victor, écrivain en panne d'inspiration, et Micha, un Pingouin mélancolique souffrant du mal du pays.
Lors de la faillite du Zoo, Victor a en effet adopté un pingouin, pour partager sa solitude depuis que son amie l'a quitté.
L'ordinaire de Victor (et de Micha, grand mangeur de poisson surgelé) s'améliore lorsque le rédacteur en chef d'un grand quotidien lui demande d'écrire à l'avance des nécrologies de personnalités en vue, en prévision de leur mort. Victor réalisera vite que tout n'est pas net dans ce travail, mais une fois pris dans l'engrenage il n'est plus question d'arrêter. D'autant que la petite famille s'est agrandie; en plus du Pingouin il est maintenant responsable de Sonia, l'enfant d'un collègue mystérieusement disparu. Et puis il y a aussi Nina, engagée pour s'occuper de la petite.
Je ne vous raconterai pas l'histoire, elle se lit avec un grand plaisir, sorte de thriller policier humoristique. On y découvre aussi la vie quotidienne à Kiev, capitale de l'Ukraine, et on se rend compte que la vie n'est pas toujours rose dans l'ancienne URSS.

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Agréable et se lit facilement

8 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 70 ans) - 7 août 2014

Victor, la quarantaine, habite Kiev. Il est journaliste, parfois écrivain. Il est embauché pour rédiger des « nécros « qui sont publiées dans un journal « nécros qui laissent à penser que le défunt a bien mérité ce qui lui arrive ». Victor est célibataire et a adopté un pingouin- de son prénom Micha - vendu par le jardin zoologique tout proche. En outre, notre homme est chargé de s’occuper de Sonia dont le père doit se cacher d’un réseau mafieux de la ville. Pour compléter la famille, voici Nina, dix-sept ans qui a été engagée pour être la « nounou « de Sonia. Le pingouin Micha, déjà de santé fragile et dépressif attrape un rhume. Il va falloir l’opérer …

Agréable et se lit facilement.

Extraits :

- Buvons pour que ce ne soit pas pire. Mieux, ça a déjà été.

- Comme on s’occupe de quelqu’un sans en être amoureux : les membres de sa famille, on ne les aime pas forcément, on les aide, on se fait du souci pour eux, mais les sentiments et les émotions sont secondaires, facultatifs. On souhaite juste que tout aille bien pour eux.

Un bon moment

8 étoiles

Critique de Psychééé (, Inscrite le 16 avril 2012, 33 ans) - 15 avril 2014

Victor, la quarantaine, connaît une vie monotone ; il ne parvient pas à percer en tant qu’écrivain. Pourtant un jour on lui propose un boulot pour lequel il se sent à la hauteur : rédiger des nécrologies, des « petites croix » pour des personnalités qui ne sont pas encore passées de l’autre côté. Des morts étranges surviennent alors et concernent ces mêmes personnes. Lorsqu’il essaie d’en savoir plus, on lui dit de ne pas poser de question.
Phénomène original et non des moindres, Victor vit avec Micha, un pingouin dépressif pour lequel il a beaucoup d’affection et qui va lui rapporter un peu d’argent grâce à une étrange activité. D’autres personnages imprévus viennent remplir sa vie ; de belles et étonnantes rencontres comme celle de Pidpadily, Sonia, Nina qui vont pimenter son quotidien et bien plus encore !
Premier roman de Kourkov que je découvre, Le Pingouin est du genre burlesque et sort de l’ordinaire. On se retrouve plongé dans un univers kafkaïen où Victor tente de comprendre où il a mis les pieds sans y parvenir, dans une Ukraine post-soviétique où la corruption est légion et la mafia domine le pays. La fin m’a scotchée. Je suis tentée de lire la suite des Pingouins !

Loufoquerie plate...

4 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 42 ans) - 9 mai 2013

En lisant le résumé de ce livre, je partais avec de grands espoirs de loufoquerie et de mystère. Quelle ne fut pas ma déception quand je me suis retrouvé à suivre avec lassitude le quotidien saugrenu du personnage principal où les jours se suivent et se ressemblent sans surprise et sans suspense. A aucun moment du roman, je n'ai adhéré à l'intrigue tant certains évènements m'ont semblé trop improbables. Les personnages, sans profondeur, arrivent comme un cheveu sur la soupe et leurs relations réciproques se créent sans raisons particulières. L'auteur abuse de raccourcis, parfois à la limite du grotesque (appeler la police pour faire garder son pingouin pour les vacances, payer pour utiliser un pingouin pour les enterrements), pour suivre le plan de marche qu'il s'était fixé.
L'omniprésence assez originale du pingouin dans la vie de Viktor, qui aurait pu servir de décalage intéressant, n'apporte à mon sens aucune plus value à l'atmosphère de l'histoire et n'est en définitif qu'un fantôme qui erre dans la maison. La poésie ou la critique du système qu'a peut-être voulu faire passer Andreï Kourkov dans cette aventure, ne m'ont pas du tout convaincu.
L'écriture banale ne relève pas le niveau et est aussi plate que l'émotion que m'a procuré cette histoire. Je ne donnerai donc pas suite...

Un livre qui ne laisse pas de glace

8 étoiles

Critique de Nb (Avion, Inscrit le 27 août 2009, 37 ans) - 12 août 2011

Victor est un romancier ukrainien raté: lui qui aspire à écrire un grand roman n'a pas l'inspiration. Au lieu de cela, il est embauché par un journal, avec pour mission d'écrire par avance des "petites croix": des nécrologies de personnalités de différents milieux (monde du spectacle, de la politique, des affaires, ...), ce qui permet, dès le décès desdites personnalités, de publier rapidement un article de qualité. Car, dans ce domaine, Victor semble assez doué.
Côté vie privée, ce n'est pas l'extase non plus: il est célibataire, a peu d'amis, et vit accompagné de Micha, un pingouin certes affectueux, mais dépressif et peu habitué à vivre sous de telles latitudes.
Les ennuis commencent lorsque les sujets des "petites croix" décèdent les uns après les autres à une vitesse alarmante...

"Le Pingouin" est un roman qui se lit avec plaisir. Les aventures de Victor (et Micha) mêlent humour (souvent noir), sentiments, et une petite dose de suspense. J'ai trouvé que ça se lisait facilement et agréablement. Le personnage principal est attachant tout en étant imparfait.
Hormis l'histoire elle-même, on retrouve dans "Le Pingouin" une critique désabusée de la société ukrainienne après la chute de l'URSS, où la corruption apparaît comme monnaie courante.
Un petit regret toutefois: j'ai trouvé dommage que le pingouin Micha n'ait pas un plus grand rôle.

Roman dépaysant, rafraîchissant, tendre, drôle et cynique à la fois, "Le Pingouin" est un livre que je conseille.

L'écrivain n'est pas manchot

9 étoiles

Critique de BMR & MAM (Paris, Inscrit le 27 avril 2007, 61 ans) - 13 décembre 2009

Dans ce bouquin de l'ukrainien Andreï Kourkov, le journaliste Victor a carrément adopté un pingouin neurasthénique qui vit avec lui dans son appartement.
Parce qu'à Kiev désormais, le zoo n'a plus les moyens d'entretenir ses pensionnaires et se trouve dans l'obligation de les confier à la population ...

[...] Micha, le pingouin, se promenait dans le couloir sombre, cognant de temps à autre à la porte fermée de la cuisine. Victor finit pas se sentir coupable et lui ouvrit. Il s'arrêta près de la table. Haut de presque un mètre, il parvenait à embrasser des yeux tout ce qui s'y trouvait. Il fixa d'abord la tasse de thé, puis Victor, qu'il examina d'un regard pénétrant, comme un fonctionnaire du Parti bien aguerri. Victor eut envie de lui faire plaisir. Il alla lui préparer un bain froid. Le bruit de l'eau fit immédiatement accourir le pingouin, qui s'appuya au rebord de la baignoire, bascula et plongea sans attendre qu'elle soit pleine.

Oui, comme on le sait, rien ne va plus dans les républiques de l'ancien empire soviétique où les rescapés deviennent nécessairement philosophes.

[...] - Vous avez manqué l'époque de l'abondance, déplora le vieil homme. Chaque siècle offre environ cinq années de faste, puis tout s'écroule ... je crains que vous ne viviez pas jusqu'au prochain tour, et moi encore moins ... Mais moi, j'aurai profité de celui qui vient de passer. Comment se porte votre manchot ? [...]
Le vieil homme se leva et Victor s'aperçut à nouveau qu'il n'avait pas de chaussures.
- Vous n'allez pas attraper froid ? s'inquiéta-t-il.
- Non, dit Pidpaly, sûr de lui. C'est parce que je fais du yoga ... J'ai un livre avec des photos, et tous les yogis indiens sont pieds nus.

Il faut dire que Kiev enneigé et glacé au coeur de l'hiver, c'est pas vraiment le top des spots touristiques.

[..] Le soleil brillait, la neige scintillait, et ses doigts gelaient au fond des poches de sa parka.

Sauf pour les ukrainiens qui aiment à pique-niquer sur le Dniepr gelé. Au grand bonheur du pingouin Micha qui adore plonger dans les trous de pêche.
Derrière ces savoureuses et frileuses anecdotes sur la vie quotidienne des ukrainiens (et des manchots), se cache la sombre réalité du monde déliquescent de l'ex-Union Soviétique.
Victor est embauché par un grand journal de Kiev pour rédiger des notices nécrologiques sur des célébrités des arts, des affaires ou de la politique ... encore bien vivantes !
Ainsi, le journal est fin prêt dès que l'une de ces personnalités trépasse.
Ce qui, on s'en doute, arrivera de plus en en plus fréquemment au fil des nécros que Victor rédige sur commande ...
Qui tire les ficelles derrière tout cela ? Qui commandite ces nécros ?
Et lorsque Victor et son pingouin commencent à être invités aux enterrements, c'est un univers angoissant, inquiétant, quasi-kafkaïen, qui se dessine patiemment mais sûrement ...
Un roman à l'atmosphère très étrange, venu(e) du froid, avec un arrière goût d'amertume désabusée.

Saluons au passage la traduction (du russe) de Nathalie Amargier qui a pensé à quelques petites notes fort bien venues sur les us et coutumes ukrainiennes.

Comme une envie de thé, de café et de vodka

8 étoiles

Critique de Montag (Saint Etienne, Inscrit le 3 février 2009, 34 ans) - 13 février 2009

En effet vous n'aurez jamais autant envie de vous jeter sur ces boissons qu'après avoir lu un roman de Kourkov. Pourquoi? Tout simplement parce que ses livres et particulièrement le Pingouin sont profondément humains, nous faisant partager les déboires et le quotidien de Victor (grand consommateur de café, vodka...) un homme ordinaire qui vivra des aventures extraordinaires. Rafraichissant, ironique, le livre de Kourkov nous plonge dans l'Ukraine post-soviétique où les situations burlesques ne manqueront pas de vous faire sourire... Sous cette apparente légèreté c'est tout le système communiste que dénonce Kourkov. On ne s'ennuie pas une seconde et les personnages sont attachants sans être simplistes.

Micha et Victor

9 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 47 ans) - 14 août 2006

Les aventures de Victor, journaliste payé pour rédiger des petites croix, nécrologies romancées de personnages encore vivants qui ne tardent pas à tous mourir les uns après les autres. Et de Micha, un pingouin sauvé de la mort lors de la vente des anmaux du zoo de Kiev.
Péripéties communes narrées par Andreï Kourkov avec une plume acérée et pleine d'humour. C'est drôle, tendre, cruel et ironique.
J'ai apprécié le regard désabusé et lucide qu'il lance sur son pays, sur Moscou, sur le royaume de la débrouille dans lequel l'argent n'a plus d'odeur. C'est cynique, froid et ça fait sourire, oui, parce que tellement humain. Kourkov n'a pas son pareil pour rendre ses personnages attachants.
Une histoire qu'il faut absolument compléter par la suite, "Les pingouins n'ont jamais froid".

Noir et rose

7 étoiles

Critique de Printemps (, Inscrite le 30 avril 2005, 63 ans) - 30 octobre 2005

Un bon petit livre pour se divertir tout en réfléchissant au sens de la vie et des rapports entre les humains. Le modèle de la famille refuge hors de la solitude et des vicissitudes de la vie professionnelle. La débrouille dans un monde désorganisé où règne la force aveugle. Heureusement le pingouin apporte un peu de tendresse dans ce vide de sens.

Des morts, de la corruption et de l'humour

8 étoiles

Critique de FéeClo (Brabant wallon, Inscrite le 12 février 2004, 45 ans) - 11 juillet 2005

Oui c'est compatible!

Mais il faut accepter de ne pas avoir les deux pieds trop sur terre pour entrer dans cette histoire de pingouin!

Si on reste en surface, on peut trouver ça très drôle. Mais si on va en profondeur, qu'est ce que c'est triste: la corruption qui règne dans ce pays, cet homme qui n'a pas de sentiment, ce pingouin qui semble déprimer...
Restons dans le surréaliste, et amusons-nous!!

Mais j'attends la suite avec impatience!! Il est trop attachant, ce p'tit Micha.

Triste pingouin

3 étoiles

Critique de Pibemuc (Sterrebeek, Inscrit le 17 novembre 2001, 78 ans) - 5 décembre 2002

J'ai découvert Kourkov presque par hasard, en lisant l'ami du Défunt... qui m'a passionnée tant et si bien que je n'ai eu de cesse de lire au plus tôt Le pingouin. Mais celui-ci m' a profondément déçue, tant par le fond que par la forme... Seule l'analyse de la vie de tous les jours à Kiev vaut le détour... répétition de la vie à Kiev dans l'ami du défunt, et cependant remarquable...

Sympa sans plus

8 étoiles

Critique de Patman (Paris, Inscrit le 5 septembre 2001, 59 ans) - 8 octobre 2001

Voici un bon petit roman policier "russe" très en vogue actuellement. Pour ceux qui aiment le genre, essayez Paulina Dachkova, Boris Akounine et surtout Alexandra Marinina. Ceci dit, ce Pingouin est une bonne approche. Et l'humour est bien présent.

Un bon petit roman

7 étoiles

Critique de Vigno (, Inscrit le 30 mai 2001, - ans) - 28 juillet 2001

Ce roman a toutes les allures d'un thriller sans en être vraiment un. Il n’y a ni course, ni poursuite, pas vraiment d’enquête, des meurtres certes, mais plutôt évoqués que racontés. L’intérêt se trouve dans la vie personnelle de Victor, personnage entre deux âges, déboussolé, dont la vie ne va nulle part. Est-il trop tard pour fonder une famille, pour devenir un véritable écrivain, pour quitter la ville et s’installer en campagne? C'est un personnage qui n'a personne autour de lui, dans un environnement qu’il ne comprend pas ou plus, exactement comme le pingouin Micha qu’il a pris sous son aile.
Copmme Saule le souligne, le roman de Kourkov offre une image impitoyable de l’Ukraine où règne la corruption, où la vie d’un homme n'a de valeur en autant qu’elle serve les intérêts des plus fortunés.
C'est un roman léger de lecture facile. La présence du pingouin ajoute une note humoristique qui permet à ce roman de se démarquer du banal roman policier.

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  Merci... 7 Patman 12 juillet 2005 @ 11:32

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