Maîtres anciens de Thomas Bernhard

Maîtres anciens de Thomas Bernhard
( Alte Meister Komödie)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Tistou, le 6 octobre 2005 (Inscrit le 10 mai 2004, 64 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 5 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 3 étoiles (47 938ème position).
Visites : 2 915  (depuis Novembre 2007)

Comédie

Une des dernières oeuvres de T. Bernhard. Ecrite en 1985. Le titre de l’oeuvre est bien « Maîtres anciens », sous titré « Comédie ». Un sens particulier de la comédie, il faut bien le dire, avec cette écriture si particulière de T. Bernhard, et ses obsessions : l’Autriche, les Autrichiens, l’Art, …
L’action se déroule intégralement au Musée des Arts Anciens de Vienne (Kunsthistorisches Museum). Le vieux Reger, critique musical, a donné rendez-vous à 11H30 à Atzbacher, son ami ( ?) (il n’y a pas d’ami chez T. Bernhard) pour un motif qu’on découvrira à la dernière page. Atzbacher est là en avance, il observe Reger à la dérobée et l’intégralité de la « comédie » est constituée par les réflexions que porte Atzbacher sur ce qu’il sait, a su de Reger, ses supputations, ses spéculations. Atzbacher comme Reger, et surtout comme T. Bernhard, sont des désabusés, des revenus-de-tout pour qui l’Art, les hommes ne sont que vanités et prétexte à vilipendages.
Le tout dans le style de T. Bernhard. C’est à dire aucune respiration dans l’écriture, pas de chapitre, pas de retour à la ligne, de la première à la 219ème page. Les lignes s’enfilent les unes derrière les autres sans discontinuer. Etouffant ! En outre, il n’y a pas de dialogue. Tout en style indirect, renforcé par le fait que le narrateur, Atzbacher, rapporte le plus souvent les propos de Reger. Et les phrases sont alors inévitablement ponctuées de « dit-il », « dit Reger ». Si l’on ajoute que les répétitions ne font absolument pas peur à T. Bernhard, on comprendra que l’impression d’ensemble n’est pas précisément « aérienne » !
Un texte de T. Bernhard évoque tout de même assez facilement la possibilité de pathologies chez l’auteur telles l’obsession, l’idée fixe, des phobies, …
C’est très lourd à lire et pourtant digne d’intérêt.
« Sa femme avait atteint l’âge de quatre-vingt-sept ans, mais elle aurait sûrement pu dépasser de loin la centaine si elle n’avait pas fait une chute, voilà ce qu’a dit Reger, ce jour là, à l’Ambassador. La Ville de Vienne et l’Etat autrichien et l’Eglise catholique, a dit Reger, ce jour là, à l’Ambassador, sont coupables de sa mort, car si la Ville de Vienne, à laquelle appartient le chemin du Msée d’art ancien, avait sablé le chemin du Musée d’art ancien, ma femme ne serait pas tombée, et si le Musée d’art ancien, qui appartient à l’Etat, avait prévenu Police-Secours tout de suite et pas seulement une demi-heure après, ma femme ne serait pas arrivée une heure seulement après sa chute, à l’hôpital des Frères de la Charité, et les chirurgiens de l’hôpital des Frères de la Charité, qui appartient à lEglise catholique, n’auraient pas bousillé l’opération, voilà ce qu’a dit Reger, ce jour-là, à l’Ambassador. La Ville de Vienne et l’Etat autrichien et l’Eglise catholique sont coupables de la mort de ma femme, a dit Reger, à l’Ambassador, ai-je pensé assis à côté de lui sur la banquette de la salle Bordone, me dis-je … »
Quant aux Maîtres anciens, ils sont habillés pour l’hiver !

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Les éditions

  • Maîtres anciens [Texte imprimé], comédie Thomas Bernhard trad. de l'allemand par Gilberte Lambrichs
    de Bernhard, Thomas Lambrichs, Gilberte (Traducteur)
    Gallimard / Du monde entier (Paris).
    ISBN : 9782070713424 ; EUR 20,00 ; 22/09/1988 ; 218 p. ; Broché
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Conceptuello-chiant

4 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 46 ans) - 3 juin 2018

Au Musée des Arts Anciens de Vienne Atzbacher observe son « ami » Reger qui lui a donné rendez-vous. Nous suivons le monologue intérieur d’Atzbacher sur Reger, ses opinions et ses manies. Les phrases se succèdent, lourdes, répétitives, pour déverser mépris et dégoût désabusés sur à peu près tout, des peintres aux musiciens, en passant par la société et l’état autrichiens.
Certains ont trouvé ça drôle, certains, adeptes de la « déconstruction » se pâment. Moi j’ai abandonné avant la fin et je vous conseille de ne pas commencer.

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