Ainsi soient-elles toutes décrit l’univers d’une étudiante préoccupée davantage de sa sexualité que de sa formation en médecine. Cette dilettante ne se prive d’aucun des plaisirs de la vie, en particulier ceux que lui procure sa sensualité débordante. Bien qu’elle vive en couple à Montréal avec un musicien, elle entretient une relation clandestine avec un écrivain français. Son horizon ne s’arrête pas à ces deux hommes. Les amis de passage font aussi partie de son décor érotique. Toute rencontre lui offre l’occasion d’enrichir ses expériences amoureuses. Quand elle voit Agnès, la libraire du quartier, elle est séduite au point d’expérimenter l’univers saphique, le temps d’un été torride.
La narratrice est une femme qui souhaite être comblée par sa sensualité sans qu’intervienne le besoin de faire des choix. Si elle ignore les balises, la vie ambiguë qu’elle mène lui apprend que les conquêtes ne sont pas soumises à l’engagement. Malgré les abandons, l’héroïne ne perd pas confiance parce qu’elle possède une panoplie riche en moyens d’émancipation. Elle est ouverte à toutes les inspirations. Comme un petit Mozart, elle a l’esprit créatif pour se donner une belle vie. Così fan tutte. Est-ce ainsi que font toutes les femmes?
Comme pour l’héroïne de Pascale Quiviger (critique sur le site), il faut que la femme ailleurs au bout d’elle-même.
Heureusement, Clara Ness (un pseudo) est capable de réflexions pertinentes sur la femme, l’amour, la musique et la religion. Son écriture est efficace grâce à des phrases alertes et poétiques, mais dont le charme tombe parfois à cause du recours constant à la syncope et au lyrisme de l’énumération. Ce roman charnel est avant tout « une messe en si » pour célébrer les sens. Certains ajouteront des bémols parce qu’ils y verront un exercice de style inspiré de maîtres reconnus.
Libris québécis (Montréal, Inscrit le 22 novembre 2002, 70 ans) - 28 septembre 2005 |