Comédia infantil de Henning Mankell

Comédia infantil de Henning Mankell
( Comédia infantil)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Odile93, le 15 août 2005 (Epinay sur Seine, Inscrite le 20 décembre 2004, 63 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 957ème position).
Visites : 4 041  (depuis Novembre 2007)

très émouvant et poétique

Pendant huit nuits, un petit garçon mourant va nous raconter son Afrique, les villages pillés, les enfants soldats, ses peurs et sa fuite. Il devient enfant des rues pour ne pas être enfant soldat.

Ce livre témoigne de la vie de populations dans certains états africains dans la tourmente.

Malgré sa vie difficile, Nelio, le petit héros, garde sa fraîcheur d'enfant, arrive encore à rire et jouer.

Un roman poignant et tendre.

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Magnifique, magnifique, magnifique !

10 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 37 ans) - 12 mai 2012

Je ne connais absolument pas les polars de Mankell, mais ce roman est un bijou. Le roman est porté par un souffle narratif qui tient le lecteur en haleine. "Comédia infantil" n'est pas un roman policier, mais une oeuvre sur des enfants des rues en Afrique, dont le pays est tu.

Nelio, un garçon de 10 ans, assiste à l'assassinat de sa famille et au massacre de son village. Il deviendra malgré lui un enfant livré à lui-même et trouvera refuge au sein d'un groupe d'enfants des rues. Dès le début du roman, le lecteur sait qu'il est blessé mortellement, qu'il a reçu deux balles et qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre. Réfugié sur le toit d'un théâtre, pendant neuf nuits, il reçoit la visite d'un boulanger, narrateur de ce roman, auquel il se confiera et racontera toute son histoire.

Ce récit est troublant et passionnant. Il témoigne d'une réalité : l'histoire de l'Afrique, la violence quotidienne, la guerre civile et les enfants des rues. Nélio est un Gavroche africain, débrouillard, rassurant et courageux. La comparaison pourrait se développer longuement ( mort à cause de balles, leur demeure est à l'intérieur d'une statue sur une grande place, la noblesse de leur âme ... )

Le roman est souvent dur, poétique, émouvant et sans doute le spectacle théâtral évoqué à la fin du roman est l'une des plus belles scènes qu'il m'a été donné de lire.

Fable cruelle

6 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 48 ans) - 13 août 2007

J’avoue que c’est le nom Henning Mankell qui m’a amené vers ce roman. Contrairement à SGDP, j’ai trouvé qu’on usait de beaucoup de sentimentalisme bon marché. Le narrateur nous rappelle sans cesse l’inévitable mort du héros et en vante les vertus sans la moindre nuance. Le personnage de Nelio revêt alors une aura presque messianique fort agaçante.

Considérant que Mankell est un auteur de polar, je m’attendais à quelque chose de glauque et immersif. Ce n’est pas le cas. Néanmoins, le fond mérite que l’on s’y attarde.

Un livre nécessaire

10 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans) - 8 janvier 2007

Nécessaire pour plusieurs raisons que je vais développer en allant crescendo. Première raison : tout le monde connaît le Mankell - auteur de romans policiers, avec notamment sa série des Wallander. Il excelle dans ce domaine et c’est donc avec curiosité que j’ai ouvert ce roman-ci, qui n’a rien, mais alors rien d’un polar. Et bingo, jackpot, c’est tout aussi bon, Mankell relève le défi haut la main. Une écriture qui sait se faire dure, très dure même, proche de l’insoutenable mais qui laisse s’exprimer douceur et tendresse à d’autres moments. Une écriture multiple, des dialogues drôlement bien ficelés, des moments de récit enlevés. Franchement, rien à redire.

Ensuite, il y a l’histoire en elle-même. Nélio est un garçon des rues qui vit dans un pays d’Afrique qui ne sera jamais nommé. Ce petit bonhomme de dix ans, à force de côtoyer l’horreur, l’abjection, l’injustice, à force de vivre l’inégalité et la privation, a développé la sagesse d’un vieillard. Dès les premières pages, on apprend que Nélio mourra neuf jours plus tard. Touché par balles, il est recueilli par un boulanger (le narrateur) et lui racontera l’histoire de sa vie pendant les neuf nuits qu’il lui reste. Neuf nuits pour déposer son âme et son cœur entre les mains, bonnes et généreuses, d’un boulanger dont la vie s’en trouvera bouleversée. Neuf nuits pour dépeindre une enfance brutalement cassée par la venue de « bandits » qui ont mis le village à sac, qui ont malmené, violenté, tué sous les yeux de Nélio. Nélio qui prend la fuite et qui, miraculeusement, échappe à ses poursuivants. Cet enfant, livré à lui-même, on l’aime instantanément, on voudrait le nourrir d’aliments et d’amour alors même que Mankell ne donne jamais dans le sentimentalisme bon marché. Nélio débarque en ville et, presque malgré lui, finira par prendre la tête d’une bande d’enfants de la rue. Ce chef de bande de dix ans a tout d’un sage. Il saura se faire aimer, respecter car lui-même aime et respecte. Comment se fait-il alors qu’il est en train de mourir, assassiné ?

Troisième et dernier intérêt du livre : il est impossible (à moins d’être un robot sans cœur, sans intelligence et sans âme) de le lire sans entamer une réflexion sur les enfants des rues. Cette histoire, qui n’est qu’une fiction, reflète malheureusement l’Histoire qui, elle, n’a rien d’une fiction. Les enfants des rues, c’est ici, dans notre monde, et maintenant. Et nous laissons faire.

Je ne le dirai jamais assez : « Comédia infantil » figure parmi ces livres qu’il faut avoir lus…

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