À la vitesse de la lumière de Javier Cercas

À la vitesse de la lumière de Javier Cercas
(La velocidad de la luz)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Guermantes, le 23 juin 2005 (Bruxelles, Inscrit le 18 mars 2005, 70 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 596ème position).
Visites : 2 383  (depuis Novembre 2007)

La vitesse de la lumière

J’ai été franchement étonné de l’accueil pour le moins frais réservé par la plupart des critiqueurs à « Soldats de Salamine » que je tiens pour ma part pour un des meilleurs romans de ces dernières années.
Javier Cercas publie à présent un nouveau roman dont -quoiqu’il ne soit pas encore traduit en français- je voudrais dire quelques mots, certain que Cercas mérite une révision de son procès.
En fait, quoique les événements et le personnage central soient très loin de « Salamine », il apparaît très vite que ce dernier ouvrage s’inscrit dans la continuité directe du précédent.
Une nouvelle fois, le narrateur est un écrivain en devenir qui ne reconnaîtra réellement comme tel qu’après la rencontre avec un personnage hors norme dont il va entreprendre de retracer le parcours, cette quête et ce récit constituant le roman lui-même. Ce personnage, Rodney Falk, le narrateur le découvre à l’occasion d’un séjour qu’il effectue comme professeur invité dans une université du Middle West. Peu à peu, une amitié va se tisser entre les deux hommes en dépit du caractère peu amène et solitaire de Rodney. Celui-ci disparaissant subitement, le narrateur se lance à sa recherche et, à la suite d’une rencontre avec son père, découvre que le secret qui empoisonne l’existence de Rodney est lié à une expérience atroce qu’il a vécue lors de son service militaire au Vietnam.
Bien des années plus tard, le narrateur, devenu auteur à succès après la publication d’un roman-document sur la guerre d’Espagne (clin d’œil à « Soldats de Salamine »), retrouvera Rodney qui lui contera les raisons pour lesquelles il traîne un énorme sentiment de culpabilité à la suite de son séjour au Vietnam. A partir de là, les deux figures tendent à se superposer, le narrateur endossant lui aussi une tunique de coupable à la suite d’un accident dans lequel périssent sa femme et son fils et dont il s’estime responsable. Il lui faut dès lors retrouver absolument Rodney qui a à nouveau disparu mais…. j’en ai déjà trop dit et ne veux pas gâcher votre plaisir.
Par-delà les interrogations qu’il contient sur le bien et le mal, sur la responsabilité de l’individu dans le cours de l’histoire et dans celui de sa vie, ce roman fascine surtout par le jeu de miroir qui s’établit entre Rodney et le narrateur, celui-ci apparaissant de plus en plus, au fil des pages, comme un double de celui-là, tous deux étant liés par un sentiment de culpabilité dont seul l’acte posé en écrivant le roman pourra -peut-être- affranchir le narrateur.
Les lecteurs découvrant Cercas à travers ce livre seront, je l’espère, séduits par la manière avec laquelle l’auteur a construit celui-ci puisque, et il y a là un aspect fascinatoire certain, nous découvrons, au fil des pages, le roman en train de se faire, par-delà ou en marge du récit proprement dit. Quant à ceux qui ont aimé « Salamine », ils retrouveront en grande partie le charme de ce précédent roman, tout en espérant que, la prochaine fois, Cercas renouvelle un peu ses procédés de constructions narratifs.

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Personnages stéréotypés et assez convenus.

7 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 78 ans) - 9 août 2009

Les premières pages du roman m'ont tout de suite fait penser à ces "écoles d'écriture" des universités américaines, si efficaces mais qui ont le tort d'enlever toute sincérité au récit. L'écriture est alerte, élégante ; les personnages sont toutefois des classiques souvent présents dans la littérature américaine d'aujourd'hui. Le GI retour du Vietnam, l'écrivain en herbe dévoré par son succès, on a déjà vu cela...

Javier Cercas a pourtant du talent, on peut espérer qu'il retrouvera sa sincérité avant de prétendre supplanter ses aînés, Philip Roth par exemple.

Le personnage de Rodney Falk

10 étoiles

Critique de Maria-rosa (Liège, Inscrite le 18 mai 2004, 62 ans) - 12 octobre 2007

J'ai littéralement été happée par ce livre. Rodney Falk est l'un de ces personnages de fiction que l'on a du mal à oublier tant il suscite de sentiments contradictoires et nous fait réfléchir à nous-même. Comment aurions-nous réagi à sa place et qui sommes-nous vraiment ?...

Une réussite

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 10 octobre 2007

Après m'être ennuyé avec les Soldats de Salamine, le livre qui a rendu Javier Cercas célèbre, j'ai été entièrement conquis par cet autre essai.

Guermantes, qui a la chance de pouvoir lire dans le texte espagnol, résume bien l'histoire. C'est un roman que je suppose en partie autobiographique, qui raconte astucieusement l'histoire d'un jeune écrivain devenu célèbre et en parallèle celle du sujet de son futur roman, un vétéran du Vietnam qui est revenu changé de la guerre. L'auteur aborde les thèmes de la culpabilité, de l'écrivain et de la manière dont le succès risque de le corrompre. Le récit nous fait voyager du du passé au présent, d'Amérique en Espagne. C'est une réussite.

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