L'homme pressé de Paul Morand

L'homme pressé de Paul Morand

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Isaline, le 23 juin 2005 (Tours, Inscrite le 16 avril 2005, 41 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (22 934ème position).
Visites : 7 417  (depuis Novembre 2007)

vivre vite pour... pourquoi au fait?

Pierre Niox est un homme pressé qui ne supporte pas la lenteur du monde et des gens qui l'entourent. Il s'est créé tout un univers, toute une technique pour perdre le moins de temps possible (la description de Pierre Niox dans la salle de bain est truculente) et vit dans son petit monde. Il a de moins en moins d'amis et n'a pas la patience de faire la cour à une femme. Cependant un jour il tombe fou amoureux d'Hedwige et fait tout pour qu'elle devienne sa femme (Pierre Niox va vite, pourquoi s'encombrer de fiançailles?), seulement Hedwige lui demande du temps... ce que Pierre aura un mal fou à lui accorder. Il y parviendra mais alors qu'Hedwige lui annonce qu'elle est enceinte, une angoisse saisit Pierre : comment l'homme pressé peut-il patienter neuf mois avant de voir sa progéniture? n'y aurait-il pas un moyen de faire naître le bébé plus vite?
Cet ouvrage de Paul Morand est un petit régal de lecture qui n'est pas sans rappeler Oblomov d'Ivan Gontcharov. Pierre Niox c'est l'anti Oblomov. Dans les deux histoires ce sont les femmes qui vont remettre en cause le caractère particulier du personnage, le pousser à changer... y arriveront-elles? à vous de le découvrir... La lecture est agréable, on dévore le livre tant l'auteur parvient à faire coller le style d'écriture au personnage de l'homme pressé... tout va vite dans ce livre et les pages se tournent rapidement. Reste la question des motivations de Pierre, pourquoi est-il si pressé? la question est en suspens tout au long du livre et attise ainsi la curiosité du lecteur.

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Les éditions

  • L'Homme pressé [Texte imprimé] Paul Morand
    de Morand, Paul
    Gallimard / Collection L'Imaginaire.
    ISBN : 9782070720651 ; 10,50 € ; 17/10/1990 ; 332 p. ; Poche
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vite dépêche-toi!

8 étoiles

Critique de Francois jean (ROUBAIX, Inscrit le 23 mars 2005, 68 ans) - 9 décembre 2011

Avez-vous déjà pris le train en marche? C'est l'impression que j'ai eu dès la première page!
Toujours pressé. A peine fini, c'est déjà la suite.... La course reprend! il prend le temps de connaitre une femme. Mariage le bébé est attendu Mais que c'est long neuf mois On ne peut pas raccourcir le délai!
Pierre va-t-il enfin ralentir? qui en douterait?
où la vitesse nous mène?
A lire dans le train........

Burlesque tragique

7 étoiles

Critique de Jlc (, Inscrit le 6 décembre 2004, 77 ans) - 23 août 2007

La critique d’Isaline rend bien compte des points-clé du roman. Je voudrais toutefois renforcer l’idée de tragique qui me paraît une des idées force de ce livre. En effet si « L’homme pressé » est souvent burlesque, il est peut-être surtout une tragédie.
Cet homme pourrait avoir tous les bonheurs du monde. Or il ne sait pas en profiter quand il ne les gâche pas méthodiquement. L’amour n’est qu’une conquête, et à la hussarde, la vie une compétition, le bonheur un instant éphémère qu’on ne sait pas savourer et qu’on interrompt. Est-ce une fuite, une angoisse ou la poursuite d’un inaccessible rêve ?
Morand se garde bien de donner la réponse lui qui a pourtant écrit : « L’homme pressé, c’est moi ». L’auteur a mis certainement beaucoup de lui-même dans le personnage de Pierre Niox, éternel insatisfait, compétiteur un peu vain qui sait, au fond, que la vitesse n’est qu’une « course gagnée dont la solitude est le prix. » S’y ajoute, selon sa biographe Ginette Auviste-Guitard, le fait que Paul Morand aurait eu, au moment où il commence ce roman, une liaison dont un enfant serait né en janvier 1939. La fin du livre serait donc la transposition romanesque d’une histoire vécue.
Morand est dans ce roman styliste comme toujours – « le trait en éclair ; le ton cassant, l’image qui fait sursauter » selon son ami Jacques Chardonne – et moraliste comme souvent.
« L’homme pressé » est une sorte de fable désenchantée sur l’amour impossible, le bonheur inutile et la vanité de l’existence.

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