L'idiot du village : Fantaisie romanesque de Patrick Rambaud

L'idiot du village : Fantaisie romanesque de Patrick Rambaud

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Bachy, le 3 mai 2005 (Inscrit le 10 avril 2004, 57 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (43 357ème position).
Visites : 3 885  (depuis Novembre 2007)

Souvenirs...

C’est arrivé mine de rien. Un jour, parcourant le quotidien qu’il vient d’acheter, le narrateur s’aperçoit qu’il est daté du 8 mai 1953 ! Il croit à une blague, retourne au kiosque, s’étonne sous le regard apitoyé du marchand de journaux et, vaincu, rentre chez lui. Il n’est pas au bout de ses surprises. Quand il veut faire part de sa découverte à sa femme, il passe en effet pour un fou: le Monde qu’il lui met sous les yeux est bien daté de 1995. D'étranges événements finissent par le convaincre qu'il est devenu un voyageur du temps. Le narrateur est bel et bien transplanté au cœur de cette décennie où il vécut jadis enfant. Il a dans sa sacoche, outre un appareil photo polaroïd qui subjugue ses nouveaux contemporains, un livre acheté chez un bouquiniste juste avant son retour en arrière. Embarqué dans cette aventure, le lecteur se prend au jeu et, au-delà des reconstitutions de la France d'après-guerre, s'interroge tout à la fois sur ce que l'avenir peut réserver à un homme qui refait sa vie dans le passé, et sur les mécanismes susceptibles d'expliquer ces transports temporels. Confusion due à un état grippal ? Hallucinations liées à une nostalgie exacerbée ? Folie ? Manipulation ? Phénomène paranormal ? Prisonnier du temps et de ses interrogations existentielles, le narrateur devient « l'idiot du village ».
Empreint de mélancolie, le roman apparaît comme une réflexion sur le vieillissement et les cycles de la vie. Les souvenirs anciens sont ceux qui résistent le mieux à l'érosion de nos facultés cognitives. Plus nous vieillissons, plus nous revenons à notre enfance. Patrick Rambaud joue avec le mythe platonicien capturant le lecteur dans une captivante déconstruction des choses.
On retrouve également dans ce roman le vieux fantasme du retour en arrière pour modifier l’avenir, le sien ou celui d’autres personnes. C’est complètement inutile, cela ne peut évidemment pas marcher. D’ailleurs lui-même essaie, il croit que c‘est possible, mais il se plante.

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Que devient mon poing, quand j'ouvre ma main ?

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 69 ans) - 14 mai 2013

Paris 1995. Le narrateur achète un journal à une aubette. Le journal est daté de mai 1953. Un comique lui a sans doute fait une (bonne) blague. Le hic, c’est que notre héros est de plus en plus souvent sujet à des hallucinations : il rencontre des gens vêtus comme dans les années ’50. D’après son psy « une hallucination n’est que la fabrication du cerveau, elle a une forme et une voix mais pas de sang, ni d’os, ni de peau ». Jusqu’au jour où l’halluciné est projeté dans le passé, en 1953. Il se promène dans son quartier, à Saint-Eustache, y travaille, fréquente un journaliste du Figaro à qui il raconte … le futur. Dans sa vraie vie, notre homme a une épouse, Marianne et ici il la rencontre quand elle a 5 ans. Il s’épie lui-même, alors qu’il n’a que 9 ans … et puis … et puis … >>> J’adore la fin…

A quelle époque auriez-vous aimez vivre ? Chacun a, un jour ou l’autre, aimé flirter avec ce jeu. Patrick Rambaud également et c’est réussi et bien amusant.


Extraits :

- J’ai beaucoup voyagé dans les photos : au collège, je finissais l’étude du soir an arrêt devant les illustrations du Lagarde et Michard, les surveillants croyaient que j’étudiais, mais non, à force de fixer le Baudelaire de Nadar je voyais remuer ses lèvres, nous causions …

- L’angoisse vient d’ordinaire de l’avenir qu’on pressent, toujours de travers.

- Que devient mon poing, quand j’ouvre ma main ?

Pas trop mal.

6 étoiles

Critique de Rock30 (Nimes, Inscrit le 6 juillet 2008, 57 ans) - 15 août 2010

Je m'attendais à ce que le sujet, si prometteur soit traité plus en profondeur, et surtout à ce que les différentes phases du livre se tiennent ce qui n'est pas le cas. Reste un bon conte, qui se lit facilement et donne l'idée que le temps est un transfuge de l'au delà.

une telle trame pour si peu de fond...

2 étoiles

Critique de Queenie (, Inscrite le 14 mars 2006, 41 ans) - 17 mars 2006

J'ai vraiment trouvé ce livre insipide...
Alors que le thème, l'histoire sont bien trouvés, l'auteur ne développe pas du tout le réel ressenti du personnage.
On reste à la surface des choses, et finalement on oublie ce livre sitôt refermé la dernière page.

Voyage dans le temps sans enthousiasme

4 étoiles

Critique de Voni (Moselle, Inscrite le 1 septembre 2005, 60 ans) - 17 octobre 2005

Séduite par le sujet bien que souvent exploité déjà, j’ai hélas tourné la dernière page assez déçue.
Je reconnais que la mise en place de ce paradoxe temporel s’est faite aisément et sans réelle faille. Je regrette toutefois que cette trop grande partie centrale se languisse par manque de profondeur. Le narrateur ne sait que faire à ce moment des informations qu’il détient sur les événements qui vont se produire et se reconnaît impuissant à toute inflexion du cours du temps. Mais le tout demeure somme toute un survol.
La dernière partie bascule quand même pour aborder, enfin, la moelle de ce livre où le héros va retrouver l’enfant qu’il était jusqu’à prendre sa place, sa peau, à 40 ans passés et tenter de comprendre comment s’est construite sa vie.
Là seulement, le lecteur découvre que cette vie il ne l’a pas aimée et qu’elle s’est bâtie sur un vide où l’ennui, la solitude étaient son quotidien avec la lecture comme seule échappatoire.
Ce voyage dans le temps, dans son propre passé me laisse tout de même sans enthousiasme.

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