Du bon usage de la piraterie: Culture libre, sciences ouvertes de Florent Latrive

Du bon usage de la piraterie: Culture libre, sciences ouvertes de Florent Latrive

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Essais , Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Burney, le 2 janvier 2026 (Inscrit le 22 octobre 2025, 51 ans)
La note : 2 étoiles
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Tenter de justifier le droit de piller le travail des autres

Dans cet essai, l'auteur tente de justifier le piratage des œuvres de l'esprit : musique, brevets, ...

Pauvre petit retraité pirate du peer-to-peer présenté en victime pour ne pas vouloir payer les artistes et autres ayants droits des œuvres (ainsi que les taxes profitant à tous..) qui par ce biais a un peu trop affectionné leur travail au point de ne pas vouloir les rétribuer. Un des premiers cas pour l'exemple en 2004 des entreprises éditrices voyant le fruit de leur travail anéanti, qualifiant carrément ces procédés techniques de piratage massif de terrorisme.

Continuer à légiférer pour protéger les intérêts de la propriété intellectuelle menacerait les savoirs et l'accès à la culture, la santé, la création, l'innovation ; allons donc, alors que cela met en danger la santé économique des entreprises et par là même la volonté de continuer à créer.
Argument phare : l'immatériel n'a pas commune mesure avec le matériel ; voler une copie numérique illégale n'est pas voler dans les étals d'un magasin, ou voler de l'œuvre numérique c'est point pire que de consommer sur internet de la pédopornographie.

Il y a toujours eu mobilisation, dès Napoléon III, en vue de créer un régime juridique relatif à la protection des œuvres de l'esprit, afin que les créateurs puissent gagner leur vie et défendre leur travail, ce que rappelle l'auteur.
Mais parce qu'il y a la VHS qui permet d'enregistrer le programme TV, pourquoi peerer serait illégal ?

L'auteur rappelle qu'historiquement, la volonté de ne pas vouloir respecter la propriété intellectuelle et autoriser le pillage est socialiste : Louis Blanc s'indignant qu'une quelconque propriété sur une création puisse revenir à un auteur : il n'a qu'à travailler pour la gloire ou bien vivre dans un rêve socialiste où l'Etat subviendrait à le nourrir, mais en aucun cas lui attribuer quoique ce soit en terme de droits sur sa création, c'est le peuple qui a le droit de s'appro-"piller".

Autre exemple ahurissant relevant aux droits de représentation : on chante bien sous la douche sans s'assurer que c'est tombé dans le domaine public, et si les voisins vous entendent, tout comme si vous mettiez votre sono trop fort alors que vous n'êtes pas censé nuire à vos voisins, il faudrait nous condamner pour cela car cela relève d'une exécution publique non autorisée d'une œuvre? Tout comme vous acquérez des droits de reproduction via l'achat d'un produit légal de musique, si vous voulez interpréter l'œuvre, il y a les partitions à acheter en librairie musicale ou des CD de karaoké légaux, vous permettant certains cas d'interprétation dans votre sphère privée ; l'auteur de l'essai semble oublier que le créateur a droit à la rétribution de son travail dans le cas où vous ayez, outre envie d'écouter, l'envie d'interpréter vous même son œuvre et que des produits commerciaux répondent à la réalisation légale de cette envie.

Lynchage suivant : Xerox, inventeur du photocopieur, à qui il est reproché d'utiliser les brevets pour protéger son travail, privant des tiers de ne pas pouvoir piller sa recherche et développement sans rien lui devoir.

C'est ainsi tout au long de l'essai, à force d'arguments qui ne tiennent guère la contradiction, que l'auteur tente de justifier le piratage.

Dans le champ de bataille de l'anéantissement des droits liés aux œuvres de l'esprit, l'auteur, journaliste professionnel à Libération, n'indique pas si son militantisme lui a fait supplier de ne pas avoir les rétributions de son métier et de travailler pour des nèfles.

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Les éditions

  • Du bon usage de la piraterie [Texte imprimé], culture libre, sciences ouvertes Florent Latrive préface de Lawrence Lessig
    de Latrive, Florent
    la Découverte / La Découverte-poche. Essais
    ISBN : 9782707151353 ; 2,77 € ; 29/03/2007 ; 196 p. Poche
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