L'étoile des amants de Philippe Sollers

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Kinbote, le 6 janvier 2005 (Jumet, Inscrit le 18 mars 2001, 57 ans)

La note : 6 étoiles
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Sollersissime!

Philippe Sollers fait du Sollers sauf que, contrairement à une certaine époque pas si lointaine, il ne prône plus le sexe à tout va, l’hypermédiatisation, ou même l’écriture (tout le monde passe en effet à la télé, écrit et s’adonne à une sexualité de bon aloi); ce serait plutôt les vertus de la nature (il nous livre une page d’anthologie sur les violettes) et du repli. Il a choisi une femme au prénom de Maud, qui rappelle la fille du narrateur des Folies françaises, pour l’accompagner dans sa retaite sur l’ïle de Ré et opiner à ses dires, jeune, intelligente et qui écrit, la femme idéale selon Sollers mais ça se sent qu’elle est un pur produit idéel.

Cela s’appelle roman et on a des difficultés à y croire, tant ça ressemble plutôt un mélange d’essai et de journal voilé. Car tout en mettant en avant un personnage qui lui ressemble, il ne dit rien de palpable, de consistant sur lui qui s’attacherait le lecteur. Certes Sollers écrit facilement (trop peut-être) d’une plume sûre et brillante sur de nombreux sujets, mais hormis quelques pièces réussies (bizarrement son premier roman, qu’il a parfois renié, Une curieuse solitude, et surtout Femmes plus des particularités comme la série des Paradis), il n’aura jamais réussi à composer un univers singulier, une oeuvre à laquelle on s’identifie. Pas étonnant de la part d’un des fondateurs de Tel Quel qui est allé avec son mouvement le plus loin dans la déconstruction, amorcée par Les Nouveaux Romanciers, du roman traditionnel et qui demeure quand même un des derniers courants littéraires du XXème siècle..

A l’instar de deux de ses fondateurs, Jean-Edern Hallier et JR Huguenin (ou même De Boisrouvray), il eût peut-être mieux valu pour sa postérité qu’il meurt plus tôt. Car que pourrait-on ajouter à sa notice biographique après Femmes et Théorie des exceptions, parus au début des années 80, sinon que leur auteur se sera pastiché et aura échoué à décrocher le Goncourt (il a reçu le Médicis pour Le Parc en 1961), notamment avec cette Etoile des amants un peu trop pâlichonne.
Il faut reconnaître au moins sur ce point que Sollers (de son vrai nom Joyaux) est resté cohérent en ne nous faisant pas le coup de la disparition brutale : il a toujours eu horreur du tragique et de l’apitoiement sur soi.

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Les éditions

  • L'étoile des amants [Texte imprimé], roman Philippe Sollers
    de Sollers, Philippe
    Gallimard / Blanche
    ISBN : 9782070769773 ; EUR 14,50 ; 04/09/2002 ; 180 p. ; Broché
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