Semmelweis de Louis-Ferdinand Céline, Henri Godard

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques

Critiqué par Nab71, le 24 novembre 2004 (paris, Inscrit le 22 novembre 2004, 47 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 915ème position).
Visites : 3 050  (depuis Novembre 2007)

le génie contre les maîtres

petit livre très remarquable puisque tout le monde a dû y trouver son compte, et pour cause, dès le début on se sent proche de ce petit génie de la médecine hongroise grâce à la proximité il est vrai assez décalée dans le temps, d'un autre éminent maître de la médecine, qui n'est que le prolifique Corvisart lui-même, puis tout le reste devient évident: destin tragique, jalousie des maîtres, drame de la pensée face à la barbarie de l'ignorance, etc etc... Ce qui pourrait manquer, c'est une critique de l'organisation qui règne en ce temps là, mais il est vrai que celle-ci n'est point trop différente de celle qui prime de nos jours dans les universités et autres facultés de médecine...

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Céline et la vérité

10 étoiles

Critique de Blue Cat (, Inscrite le 4 septembre 2018, 55 ans) - 10 septembre 2019

Au-delà du thème de cette thèse de médecine, fort bien résumée par les critiques précédentes, une remarque personnelle :

Déjà tout Céline était là : Le génie littéraire incontestable, mais aussi une grande difficulté à respecter la vérité et la précision qu'elle exige. En effet, cette thèse regorge d'erreurs factuelles, d'à-peu-près, parfois d'improvisations. On peut y voir une forme de paresse intellectuelle, l'ennui de se documenter sérieusement ou bien un mépris du réel.

Et c'est bien le rapport à la vérité qui interroge chez cet auteur. Ses déclarations et écrits supposés autobiographiques étaient lourdement mensongers. Point d'enfance miséreuse sur le plan matériel, point de trépanation, point de complot juif pour lui nuire, etc... etc...

Le solipsisme, terme revenu à la mode ces derniers temps pour commenter les écrits et déclarations de Yann Moix, autre mythomane, mais lui, sans génie aucun, semble bien concerner notre Céline.

Alors, Céline génie littéraire, oui, mille fois oui. Si l'homme pouvait être franchement détestable, ingrat, mythomane, paranoïaque, maladivement antisémite, comment rester aveugle à ses fulgurances stylistiques, à son intuition profonde et à sa réelle empathie pour les pauvres ?

Dans un texte sublime sur la banlieue, il conclut : 'La banlieue, elle est vilaine, et voilà tout'.
Et là, toute la tristesse du monde me tombe dessus. Oui, c'est bien cela, la vérité est vilaine et infiniment triste.

Car la vérité ultime, c'est la mort. Et l'immense écrivain qu'est Céline ne parle, au fond, que d'elle. Le reste n'est que littérature...

Ahurissant!

8 étoiles

Critique de Henri Cachia (LILLE, Inscrit le 22 octobre 2008, 57 ans) - 7 avril 2009

Céline a trente ans lorsqu'il fait sa thèse sur Semmelweis :
"Semmelweis est un génie bizarre. Il fait une découverte essentielle, l’asepsie, mais il veut l'imposer de façon maladroite. Il a une intuition fulgurante, mais il est caractériel et brutal."

Incroyable ce que cette thèse nous apprend, si toutefois tout ce qui nous est révélé a été vérifié et authentifié. Il y a encore 150 ans, des étudiants qui découpaient des cadavres pour des expériences, n'avaient pas l'obligation de se laver les mains, de les désinfecter avant d'aider à accoucher des femmes, qui sont mortes de fièvre puerpérale.

Moi, qui ai pratiqué beaucoup les hôpitaux, en tant que patient, depuis quelques années, c'est une règle de base pour le moindre geste, et le moindre soin, que tous les soignants s'imposent.
Le pire, c'est que lorsque Semmelweis en fait presque la preuve, il faudra attendre une quarantaine d'années pour que sa découverte s'impose. A cause de son caractère fantasque, et toutes les mesquineries des différents "patrons" qui lui seront hostiles. Il finira d'ailleurs sa vie dans un asile psychiatrique à 47 ans.

Ne m'en veuillez pas de vous raconter le cheminement de cette thèse, car l'écriture même de Céline n'est pas l'essentiel de cet ouvrage. Il ne l'a manifestement pas abordé (c'est normal), comme on aborde un roman, et l'important se trouve dans les révélations qu'il en fait.

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