En dehors même du fait d’aimer Tonino Benacquista, je crois que j’aurais lu (écouté en roman-cassettes en l’occurrence) ce recueil pour son titre. « La machine à broyer les petites filles » ! Quelle incongruité et quel appel d’air à l’imaginaire inquiet !
On est en permanence dans l’improbable, le limite-délire, la méchanceté. Les héros révèlent très vite sous, parfois, un aspect anodin, une personnalité criminogène, psychopathe, dérangée.
Pour autant ce n’est pas pénible à lire, Tonino Benacquista sachant trouver la distance, le recul, qui permet au lecteur de tenir le rôle de spectateur de la performance littéraire ou imaginaire plus que de l’horreur de la situation.
Nos rues, nos vies, seraient-elles truffées de ces héros troubles, capables pour une vengeance, pour une rage enracinée, des actes les plus fous et les plus imprévisibles ?
Vous avez déja envisagé l’approvisionnement de pizzas sous l’angle d’une chasse sans pitié de ces deux-roues qui vrombissent dans nos rues pour en assurer la livraison ?
Et une Foire au crime ? Une Foire comme il en existe sur le thème de la Nature, ou du sexe, ou … Vous l’auriez envisagé, vous, la Foire au crime, où les meilleurs tueurs à gage, les meilleurs fournisseurs des gadgets les plus tordus, vous proposent leurs services ?
Un imaginaire fou. Fou au sens propre. Voilà ce qui a guidé Tonino Benacquista dans l’écriture de cette « machine à broyer les petites filles ».
Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 55 ans) - 25 décembre 2007 |