Je n'ai pas peur de Niccolò Ammaniti

Je n'ai pas peur de Niccolò Ammaniti
( Io non ho paura)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Aaro-Benjamin G., le 21 septembre 2004 (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 50 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 8 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 576ème position).
Visites : 4 541  (depuis Novembre 2007)

Suspense à l’italienne

Quatrième traduction de cet auteur de la relève en Italie, ce roman a remporté le prix Viareggio.

Sous le soleil d’un hameau d’Italie, notre narrateur, Michele qui a neuf ans, découvre un garçonnet enchaîné dans un trou, tapi dans le noir. Sa vie bascule alors dans le cauchemar et s’ensuit un récit initiatique tout en contraste par rapport à ses jeux innocents. Avec lui, on apprend les détails entourant le secret de cet enfant abandonné dans le trou. Difficile d’en dire plus sans trop révéler de l’intrigue.

L’écriture d’Ammaniti est simple mais fine. Il plane un malaise sinistre qui nous pousse à tourner les pages. Toutefois, j’ai eu l’impression que l’auteur se retenait dans l’horreur et sa signification profonde, comme s’il voulait épargner à son jeune héros et au lecteur toute la dureté d’une réalité bien plus complexe qui ne s’efface pas en exorcisant ses peurs.

A la fin, on se retrouve avec un thriller assez conventionnel entre les mains, alors que l’on croyait avoir trouvé un filon. Beaucoup de bons points pour le suspense, moins pour la chute.

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Eté 1978. Acqua Traverse, Sud de l'Italie.

7 étoiles

Critique de Stavroguine (Paris, Inscrit le 4 avril 2008, 35 ans) - 14 avril 2009

Au début, c'est presque du Pagnol avec Michele, 9 ans, et sa bande qui pédalent à travers une suffocante campagne italienne jusqu'à la ferme d'un voisin, puis sur la colline. Mais bien vite, un événement met au pas l'atmosphère bucolique des premières pages : forcé à parcourir une maison abandonnée à cause d'un gage stupide, Michele fait une bien macabre découverte : un corps d'enfant gisant au fond d'un trou infect. Mort ou vivant, il n'en sait trop rien mais cette vision le hante et l'amènera petit à petit à découvrir le secret sordide qui lie la poignée d'habitants d'Acqua Traverse. Et qui éprouvera les liens qu'entretient Michele avec eux, notamment sa famille.
Car au-delà du suspens qui vous fera tourner les pages et dévorer ce livre en quelques heures, c'est bien de cette sortie d'enfance et de cette désillusion qu'il est question. La tension entre les personnages est à l'image de l'orage qui succédera à n'en pas douter à cette canicule italienne : à peine évoquée mais toujours présente à l'esprit. Même accablé par la chaleur et le rythme du roman, on pressent bien la tempête qui s'ensuivra. Très peu de mots y sont consacrée, l'auteur nous concentrant sur l'histoire et les réflexions de ce gamin attachant et trop jeune pour appréhender la situation à laquelle il est confronté. Avec une étonnante justesse, il nous rapporte ces pensées enfantines où l'on a encore plus peur des monstres que des hommes, mais en filigrane, l'enjeu est tout autre, il s'agit de la perte de la confiance et des illusions, de liens familiaux aussi impossibles à dépasser que, semble-t-il, à reconstruire ; d'amitié aussi.
C'est finalement une des grandes qualités de l'auteur de n'évoquer qu'à peine ce qui sous-tend son oeuvre, comme les fondations cachées d'un bel édifice, ou les basses d'un morceau de jazz qui laissent briller les cuivres tout en sachant que c'est bien sur elles que tout repose. Les relations de Michele avec les siens, la présence de Sergio, comment en est-on arrivé là (vengeance, appât du gain ?), qu'est-ce que les hélicoptères amènent avec eux dans cette fin qui, si elle ne surprend pas complètement, demeure, comme le reste, partiellement énigmatique ? Tout ce qui compte vraiment est laissé au second plan. Mais loin de nuire à l'oeuvre, ça l'enrichit : l'auteur nous conte une histoire, mais ce qu'elle cache, c'est au lecteur de le découvrir.

io non ho paura

8 étoiles

Critique de Prouprette (Lyon, Inscrite le 5 février 2006, 35 ans) - 13 août 2007

Je l'ai lu en italien, pour m'exercer un peu...et pour le plaisir de lire l'oeuvre dans la langue de l'auteur. J'ai tellement accroché que la barrière de la langue s'est vite effacée (je n'ai fait qu'un an d'italien).
Le petit Michele nous transporte au-delà de sa vie d'enfance, de son innocence, à travers les décors de la campagne italienne.
L'intrigue tient en haleine, mais la fin, je l'avoue, m'a aussi un peu laissée sur ma faim...j'aurai espéré mieux.

Fin d'une enfance

9 étoiles

Critique de Sahkti (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 45 ans) - 10 août 2007

Quelle fin! Un brin attendue, peut-être, mais tout de même une fameuse gifle.
Tout au long du récit, je me suis attachée à ce petit garçon quelque peu désobéissant, partagé entre les réflexions d'adultes et son monde enfantin. Ce n'est pas un gamin parfait, il est curieux, il a ses craintes de petit et ses faux airs de grand... un vrai beau personnage que Ammaniti a dessiné là.
Et puis il y a l'horreur, la découverte d'un univers qui s'écroule, d'une confiance qui jamais plus ne pourra exister. L'auteur ne se perd pas dans des détails sordides, il maîtrise cet art qui consiste à dire tout en très peu de mots; c'est sans aucun doute un des points forts de ce roman, ce côté "droit au but" qui fait mal. Parce que la douleur est là, grandissante, jusqu'au bout. On se met à la place de cet enfant qui lutte intérieurement contre toutes sortes de démons, on voudrait que les choses changent, que rien ne se soit passé... mais non, tout est là.
J'ai aussi apprécié la misère humaine et sociale telle que Niccolo Ammaniti la décrit, par le prisme d'un village perdu et d'habitants aigris, désoeuvrés, vivant avec le sentiment d'être les oubliés de la vie.
Un très beau roman que je ne peux que conseiller. L'écriture est fluide et agréable.

Le parfum doux et amer de l'enfance

9 étoiles

Critique de Laurent63 (AMBERT, Inscrit le 15 avril 2005, 44 ans) - 11 juillet 2007

Ce livre est magnifique, les aventures de Michéle sont bouleversantes. Cet enfant fait preuve d'un courage extraordinaire. Il garde son amour paternel intact malgré ses découvertes. Ses amis sont durs avec lui, mais il les aime malgré tout. Bref on retrouve tous les ingrédients de l'enfance, de l'innocence et de l'insouciance. On ne peut qu'être ému par cette histoire, qui nous porte dans l'Italie des années 70, les secrets d'enfants, les mensonges des adultes...
L'auteur fait preuve d'un talent formidable, car il sait rythmer son roman sans que jamais on se lasse, il alterne son récit pour que l'on doute des propos de Michéle, il ne nous ménage à aucun moment, du grand style. A lire incontournablement...

La fin de l'innocence

8 étoiles

Critique de Maria-rosa (Liège, Inscrite le 18 mai 2004, 64 ans) - 31 janvier 2005

Dans le sud de l'Italie, dans une région non précisée évoquée par des phrases de toute beauté, brûlante d'un soleil qui engloutit tout même les illusions, "Je n'ai pas peur" raconte la fin de l'enfance, la révélation toujours poignante lorsqu'on a 9 ans de la dualité du monde, des êtres. Des parents aimants et attentifs peuvent aussi se révéler des monstres pour les autres. Que faire lorsqu'on est petit, sans grand pouvoir et que l'on dépend de ces ogres innommables qui par ailleurs se soucient de vous et vous aiment ? Tout en finesse, avec des phrases courtes et au plus près des battements du cœur de Michele, Ammaniti nous emmène au sein même de la peur.
L'une des multiples beautés de ce livre réside dans l'éveil d'une conscience, la révélation fulgurante du mal, la découverte par Michele de l'homme en devenir qu'il est et de ce qu' il est capable de faire.
Tout au long du récit, le lecteur devient Michele, horrifié par sa découverte sur laquelle il est incapable de mettre des mots pour la raconter à ses amis, découverte qui le fait accéder définitivement à l'âge adulte. Michele a vu ce qu'il ne devait pas voir, il ne pourra plus revenir en arrière au Michele d'avant et ce secret dévoilé le fait passer de la lumière étale du soleil et de ces champs de blé caressés par le vent au plus noir des territoires secrets.


Moi j'ai eu peur pour Michele!!!!

8 étoiles

Critique de Nirvana ( Bruxelles, Inscrite le 7 avril 2004, 46 ans) - 25 janvier 2005

Superbe roman, qui nous conte l'été des neuf ans de Michel, sous une chaleur écrasante, dans le petit hameau d'Acqua Traverse, au Sud de l'Italie, en 1978.
Même s'il n'est composé que de quatre maisons, ce hameau est le lieu de rencontre d'une troupe d'enfants, avec ses rivalités, ses jeux de pouvoir et ses codes.Suite à un pari entre les gamins, qui jouent à se faire peur et ont décidé d'espionner un voisin isolé qui jetterait des chiens à ses féroces cochons, ils découvrent une maison abandonnée dans une faille, et mettent Michele au défi de la traverser.
Celui-ci, y découvre dans la cour, à l'insu de tous, un trou où gît un enfant de son âge, nu et enchaîné. Terrorisé, Michele le croit mort, et garde le secret. Mais une visite nocturne va lui permettre de faire connaissance avec le jeune captif. Pourquoi tient-il des propos incohérents, que fait-il là, et à cause de qui ?
Michele, qui n'a jusque là été confronté qu'a ses peurs d'enfants va découvrir peu à peu la dureté et les horreurs d'une réalité qu'il ne sait pas maîtriser.
Très beau récit, l'auteur parvient à merveille à nous faire entrer dans la peau d'un gamin de neuf ans, avec son imaginaire, ses difficultés à se faire prendre au sérieux, sa conscience morale qui s'éveille, car il se sent responsable du petit otage...
On voit au travers de ses yeux d'enfants tous les monstres qui le guettent.
La noirceur et le malaise planent tout au long du récit, qui m'a cependant déçu dans son issue, parce qu'à mon sens, il n'y a pas de véritable fin. Et ce genre d'histoire le mérite.

DE L'ITALIE

9 étoiles

Critique de Alandalus (BORDEAUX, Inscrite le 1 juillet 2004, 62 ans) - 25 janvier 2005

C'est le deuxième livre d'Ammaniti que je lis (le premier étant "Et je t'emmène") et aucun des deux ne m'a déçue.
Son environnement, son style, ses histoires, rien ne m'ennnuie chez lui.
C'est en un temps record que j'ai lu "Je n'ai pas peur".

On s'y croirait. Dans ce petit village italien. Dans la famille de Michele, dans sa maison, sur son arbre et presque dans sa tête. Je me suis même prise à avoir peur pour lui (oui ! oui !). Les personnages d'Ammaniti sont vivants, même lorsqu'il décrit des morts. Et on entre dans l'histoire pour n'en sortir qu'à la fin, en se frottant les yeux pour repénétrer dans notre propre réalité.

Vous aurez deviné, j'ai bien aimé.

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