La laveuse de mort de Sara Omar

La laveuse de mort de Sara Omar
(Dødevaskeren)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par CHALOT, le 1 novembre 2020 (Inscrit le 5 novembre 2009, 72 ans)
La note : 10 étoiles
Visites : 414 

émouvant, violent mais vrai

«  La laveuse de mort »
roman de Sara Omar
éditions Acte Sud
373 pages
octobre 2020
Editions Acte sud


Ma fille m'avait dit : « C'est dur, très dur mais c'est, aussi , inoubliable. »
J'étais loin de penser que j'en arriverais à rester rivé au livre avec deux sentiments: l'épouvante devant les monstruosités faites aux femmes et l'admiration devant l'attitude de deux héros positifs.

L'histoire se déroule à Zamua dans le Kurdistan, sous domination irakienne.
Les kurdes subissent dans la fin des années 80 l'assaut et les exactions irakiennes....

Les bombes tombent sur les villages et le gaz fait de nombreuses victimes.
La guerre est la toile de fond de ce livre qui raconte l'histoire d'un village, d'une famille prise en étau entre une répression irakienne et l'obscurantisme islamique, féodal.

Quand Frmesk nait, elle n'est pas bien accueillie, son père n'en veut pas....
Elle est maudite car c'est une fille !

Sa grand-mère, laveuse de mort, n'accepte pas que ce petit être soit voué à souffrir.
Des petites filles ont été enterrées vivantes...

La grand-mère, musulmane pieuse, et son mari, « mécréant » car n'appartenant pas à la religion dominante, vont essayer de protéger ce bébé .
Ils vont l'élever après avoir obtenu l'accord du père.

Elle et son mari vivent dans deux mondes de pensée différentes. « Mais il lui avait bâti in îlot de paix au milieu d'un monde brutal, ce dont elle lui était reconnaissante, car elle savait mieux que quiconque qu'il était rare de trouver la sécurité auprès d'un homme. »
Il vit dans les livres et la culture, alors qu'elle est une réelle humaniste qui ne comprend ni n'accepte la violence faite aux femmes : la lapidation, le viol....
Gawhar, cette grand-mère maternelle, respecte les coutumes ancestrales comme le mariage arrangé, voire forcé, mais ne supporte plus de laver tant de femmes tuées par leur mari ou leurs familles....
Personne ne veut enterrer ces femmes, « maudites » et assassinées ...Gawhar est là pour rendre une dignité à ces femmes abandonnées y compris par leurs propres familles.

Son mari, colonel à la retraite, la soutient avec toute sa force et ensemble, malgré leurs différends sur l'islam, ils apportent du réconfort et veillent, tant qu'ils le peuvent.

Ce roman est violent comme l'est la vie de ces hommes et de ces femmes pris entre la guerre, le génocide et des coutumes rétrogrades.

Jean-François Chalot

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