Qui sème le vent de Marieke Lucas Rijneveld, Daniel Cunin (Traduction)
(De avond is ongemak)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Saule, le 16 septembre 2020 (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 55 ans)
La note : 9 étoiles
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Le mal-être d'une enfant

Ce premier roman d'une jeune hollandaise de 28 ans (elle avait déjà écrit un livre de poésie reconnu), qui vient d'être couronné du prix Booker international, est le genre de livre qui ne laisse pas indifférent : soit on aime beaucoup soit pas du tout. Personnellement j'ai beaucoup aimé, rares sont les livres qui nous transportent autant dans un monde imaginaire, en l’occurrence celui d'une enfant à l'aube de l'adolescence dans une famille de paysans en Hollande.

Le roman nous plonge dans le monde de "Parka", une enfant à l'aube de l'adolescence, dans une famille très religieuse d'agriculteurs dans le nord de la Hollande. Le livre débute à la Noël 2000. Le frère ainé part faire du patin sur le lac et ne reviendra pas. Sa mort bouleverse la famille et en particulier la narratrice. Suite à l'accident celle-ci ne quittera plus sa parka rouge, et tout le monde l'appelle "Parka" ("Jas" en Hollandais et dans la traduction anglaise). La jeune fille - elle a dix ans au début du roman et douze ans à la fin - ressent un sentiment de culpabilité et ne parvient pas à faire le deuil. Ses parents sont anéantis et se détournent involontairement des autres enfants, qui cherchent désespérément leur affection

Suite au décès, la famille est un peu disloquée, les enfants se construisent un monde qui leur est propre. Ainsi ils cherchent le salut "De l'autre côté" (sans qu'on ne précise jamais à quoi ça fasse référence même si la fin donne un éclairage possible). Le livre est parfois cru, car la petite fille qui est à l'aube de l'adolescence est obsédée par des images à connotations sexuelles mais aussi scatologiques et les enfants se livrent à des jeux parfois cruel avec des animaux. Elle est obsédée par un sentiment de culpabilité et la dislocation de la famille lui fait perdre les pédales, ainsi elle fait souvent référence à Hitler et à des juifs qu'elle imagine cachée dans la cave de la ferme. J'ai particulièrement aimé la relation de la jeune fille avec sa petite soeur, Hanna, qui est à l'inverse de Parka une petite fille pleine de vie et qui s'en tire mieux.

J'ai trouvé ce monde imaginaire et plein d'images un miracle de la littérature. J'ai regardé plusieurs interviews de l'auteur sur youtube et elle est très sympathique, ça donne un éclairage différent à son roman qui est par contre fort sombre (même si il y a de l'humour).

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