Génération offensée: De la police de la culture à la police de la pensée de Caroline Fourest

Génération offensée: De la police de la culture à la police de la pensée de Caroline Fourest

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Blue Cat, le 26 juillet 2020 (Inscrite le 4 septembre 2018, 56 ans)
La note : 10 étoiles
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Plaidoyer pour un universalisme moribond

Dans cet excellent court essai, la courageuse Caroline Fourest continue de défendre, livre après livre, l'universalisme des Lumières. Et si le cadavre de ce bel idéal bouge encore, il est franchement mal en point.

En effet, la guerre est d'ores et déjà perdue dans les universités américaines, et de plus en plus, européennes. La gauche identitaire racialiste, antisémite et islamophile a déjà gagné. Les faits qu'elle relate font froid dans le dos. Désormais, être Blanc, de culture chrétienne ou Juif, est un crime de lèse majesté dans certains cénacles.

On assiste à un mea culpa sidérant de la part de professeurs d'université américains qui, à chaque rentrée des classes, doivent exprimer devant leurs étudiants à quel point ils sont désolés d'être Blancs et s'excusent à l'avance de toute offense que leur couleur de peau pourrait faire ressentir à un étudiant non Blanc. Un nombre grandissant parmi ces professeurs, libéraux et progressistes, est limogé pour avoir 'offensé' un étudiant non Blanc en employant un mot nullement insultant, mais connoté 'Blanc', donc esclavagiste et oppresseur.

Un grand nombre de spectacles et de conférences sont annulés au dernier moment, le service d'ordre craignant d'être débordé par ces groupuscules hyper revendicatifs et violents. Ariane Mnouchkine a dû annuler sous la pression son spectacle sur les migrants, au prétexte qu'il se jouait au Canada et qu'il ne comptait pas d'acteurs Indiens autochtones dans sa distribution. Elle a répondu fort intelligemment à ces attaques délirantes, mais le mal était fait.

Des œuvres artistiques sont retirées en catastrophe de musées du fait d'attaques très virulentes de l'ultra-gauche identitaire racialiste pour laquelle un artiste Blanc n'a aucun droit de représenter un non Blanc.

Rares sont les directeurs de musées et de salles de spectacles qui tiennent bon, tant les attaques sont violentes et humiliantes. En effet, être traité de raciste tétanise l'insulté, qui fait marche arrière en s'excusant platement d'avoir commis un impair certes inconscient, mais bien révélateur tout de même, si vous le dites… L'inconscient d'un Blanc est coupable, forcément coupable, cela ne saurait être discuté avec ces nouveaux racistes identitaires anti-Blancs.

Le seul moment où ce livre, globalement anxiogène, m'a fait sourire c'est grâce à Madonna.
Il lui a été reproché d'avoir adopté un look traditionnel (genre Oriental) lors d'une de ses prestations télé. La meute racialiste a hurlé à 'l'appropriation culturelle', d'autant plus choquante que Madonna est Blanche et baptisée catholique. La Madone a répondu tranquillement : 'Kiss my ass !'. Autrement dit, en bon français : Allez vous faire foutre ! Voilà une réaction saine réconfortante.

A l'opposé, l'actrice Rosanna Arquette a cru bon de tweeter : 'Je suis désolée d'être née Blanche et privilégiée. Cela me dégoûte. J'ai tellement honte'. La détestation de soi en guise de preuve de bonne foi antiraciste. On a touché le fond, là…

Et en France ? Que dire de la si sympathique Houria Bouteldja des 'Indigènes de la République', qui ne cherche nullement à camoufler sa haine de la France, des Français, de la démocratie, de la culture chrétienne, des Juifs, des valeurs de la République, des non Musulmans en général et de tous les Blancs en particulier. Pour elle, dénoncer un viol commis par un Musulman consiste à 'faire le jeu de l'oppresseur'. Oui, l'oppresseur ne saurait être que Blanc non Musulman, voyez-vous. . Quand le criminel est Musulman, c'est juste un opprimé qui se défoule, parce que franchement, il a les boules et il y a de quoi, hein !

Quant à la journaliste Rokhaya Diallo, en gros, elle propose un retour à la ségrégation (ségrégation inconnue en France, pour rappel). Histoire que la pureté des Noirs ne soit pas souillée par la fréquentation de sales Blancs.

Il faudrait qu'en France se fassent entendre, bien plus largement, des intellectuels, éditorialistes, professeurs et citoyens courageux afin d'essayer d'endiguer cette régression catastrophique que représente l'abandon de l'universalisme, idéal le plus juste et offrant la plus grande liberté à chaque individu.

Nul ne doit être assigné à une identité de naissance, de couleur, de religion, d'orientation sexuelle. Chacun est libre de devenir ce qu'il veut devenir dans le respect d'autrui.

C'est cela l'universalisme  : La liberté d'être soi, unique, irréductible. Mais aussi, le respect de celui qui est différent, tant qu'il vous laisse être ce que vous avez choisi d'être.


Laissons le mot de la fin à Caroline Fourest, très régulièrement molestée et insultée, traitée d'islamophobe, quand elle n'est pas attaquée physiquement par ces identitaires d'extrême gauche :

'Les identitaires ne sont pas les nouveaux antiracistes, mais bien les nouveaux racistes'.

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Les éditions

  • Génération offensée [Texte imprimé], De la police de la culture à la police de la pensée
    de Fourest, Caroline
    B. Grasset / essai français
    ISBN : 9782246820185 ; 17,00 € ; 26/02/2020 ; 162 p. ; Broché
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