Arbres de Dahai Ji

Arbres de Dahai Ji

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Arts (peinture, sculpture, etc...)

Critiqué par Débézed, le 19 septembre 2019 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 72 ans)
La note : 9 étoiles
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La forêt en couleur

Né en Chine vivant en Provence, il a son atelier en Arles, Ji Dahai est un artiste qui conjugue la calligraphie, la peinture et la poésie en un seul art pour, dans cet ouvrage, rendre hommage à la forêt où il aime tant déambuler en écoutant la voix des arbres.

« … je flâne dans la forêt où les arbres chantent dans toutes les langues, les langues des poètes »

Ce présent ouvrage n’est pas un beau livre, c’est un magnifique livre, une merveille qui comporte plus d’une centaine de peintures. Des peintures aux teintes allant du vert d’eau au gris le plus foncé en passant par toute une gamme de bronze, du jaune à l’ocre avec une pointe de rouge, de ce rouge comme la Provence en a tellement produit. En équilibre entre deux cultures,

« Deux cultures, chinoise et française, me nourrissent. L’une depuis ma naissance, l’autre depuis l’âge de onze ans. Heureuses rencontres en moi de grands esprits parfois, je me retrouve plus souvent au milieu de coutumes qui s’opposent. »

Ji Dahai a fondé son œuvre sur la calligraphie qui est la base de tout son art,

« L’unique trait qui forme « Un » à l’horizontale marque la séparation entre le Yin et Yang, entre la terre et le ciel … Ce trait fait naître ainsi une civilisation où la peinture, la poésie et la calligraphie ne font qu’un. »

Chaque peinture présentée dans cette exposition de papier est ornée d’un texte calligraphié : une citation, une maxime, une pensée, …, de l’auteur. Et, chacune de ses peintures ainsi ornée de son inscription calligraphique est complétée par un court poème de l’auteur ou d’une citation d’un maître de la littérature classique chinoise.
Ce recueil est dédié aux arbres, aussi bien français que chinois, Ji Dahai passe du cerisier au platane, de l’Extrême-Orient à la Provence, sans aucune transition, comme si ces arbres constituaient une seule et même forêt, un seul et même peuple. Aux arbres considérés comme personnes, comme êtres vivants :

« Arbre crie
Arbre rit
Arbre pleure
Arbre chante
Arbres roucoulent
Arbres bécotent
Arbre rougit
Arbre fait une parade nuptiale à son ombre ».

Cet hommage aux arbres et, plus largement à la forêt en général, évoque, pour moi, le magnifique texte de Kenzaburô Oé, « M/T et l’histoire des merveilles de la forêt » dans lequel il évoque son fils handicapé qui vit en harmonie avec les arbres. Je pense que Ji Dahai rejoint le grand auteur nippon dans son approche philosophique des relations des hommes avec la nature dans un large panthéisme. Mais, Ji Dahai c’est aussi un très grand poète comme l’atteste les légendes qu’il inscrit sous chacune des peintures qu’il présente :

« Le pin tend ses bras pour capturer l’éclat de la pleine lune. »

« Le vin n’est pas fait, mon cœur est déjà ivre. »

Comme l’écrit l’éditeur sur la quatrième de couverture c’est « Le regard neuf et singulier d’un artiste chinois qui vit en Provence et parle le langage des arbres ». Un artiste qui confesse : « Lire les Alpilles avec mon pinceau »

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