Les choses humaines de Karine Tuil

Les choses humaines de Karine Tuil

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Veneziano, le 13 octobre 2019 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 42 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (41 833ème position).
Visites : 540 

#Balancetonporc en roman

Jean Farel, journaliste politique célébrissime, brille tant par sa notoriété que par son côté carnassier. Son ex-épouse tente une tentative de suicide, le jour-même où il est promu au sein de l'ordre de la Légion d'honneur, alors qu'il est menacé par son nouveau patron, peu enclin à la bienveillance envers une vedette vieillissante, de 70 ans.
Une autre tuile assombrit le tableau, qui devient le centre de l'intrigue du présent roman : son fils, Alexandre, le réel protagoniste de cet histoire, est accusé de viol, lors d'une soirée arrosée. Brillant étudiant au parcours scolaire sans faille, aux performances sportives appréciables, arborant l'arrogance de la jeunesse dorée, il intègre une grande école, comme il se doit. Tout bascule très vite, avec la garde à vue, le contrôle judiciaire, le pathos habituel de la procédure pénale éculée par les séries télévisées, mais dans son acception française, jusqu'à l'audience en assise.
Sans vous livrer le dénouement, je dois vous spécifier le but de cet ouvrage. Il retrace un climat, le besoin de responsabilisation des hommes dans leur comportement sexuel, de maîtrise de leur assurance, après l"éclosion de #Balancetonporc. Ce sujet est ici analysé, et cela s'avère nécessaire pour mieux comprendre le double phénomène, l'intérêt subit pour un problème dont il est enfin possible de parler, le mécanisme poussant à forcer le consentement de sa victime. Le roman met un peu de temps avant d'annoncer son vrai sujet, mais le premier traité sur les compétences et le jeunisme dans les médias ne reste pas vain ; celui qui s'avère être le véritable répond à une nécessité de prise de recul sur un mécanisme qui prendre la forme d'un emballement, comme il est relaté dans les réactions à l'affaire dans les réseaux sociaux. Ce livre invite donc à réfléchir à la gravité du viol et aux manières d'en parler. C'est utile, intéressant et pratiqué sans fioriture ni pathos.

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Au sein de la High Society parisienne

6 étoiles

Critique de Ori (Kraainem, Inscrit le 27 décembre 2004, 84 ans) - 5 janvier 2020

Nous nous trouvons ici au cœur de la haute société parisienne contemporaine, avec sexe et drogue, couples qui se font et se défont, vies double, et personnages évoluant dans les milieux littéraires et journalistiques.

Ce bon roman aurait pu être excellent, n’était-ce le poids tout à fait considérable accordé à un procès pour viol et qui, selon moi, bouscule l’appréciation de l’ensemble de l’ouvrage.

Belle écriture et bonne analyse psy, qualités auxquelles Karine Tuil nous a déjà accoutumés avec « L’insouciance » et « L’invention de nos vies ».

Ma liberté s'arrête là où commence...

5 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 52 ans) - 2 décembre 2019

Alexandre Farel a pour parents un père journaliste politique et animateur en fin de parcours qui tente de se maintenir à la télévision, très imbu de sa personne (narcissique, obsédé par son apparence), entretenant des relations extra-conjugales et une mère essayiste, infidèle de son côté. Alexandre sort d’une grande école et poursuit ses études aux États-Unis. Ses parents se sont séparés. Un soir, il est amené à sortir avec Mila, la fille du compagnon de sa mère. Il l’incite à boire, sort pour se droguer et pour relever un défi, lui impose une relation qu’elle n’ose pas refuser. Il sera ensuite accusé de viol.
Le procès prend la majeure partie de ce roman et est décrit dans ses moindres détails, interrogatoires…
Le tout se déroule sur fond de débat MeeToo et BalanceTonPorc. Et ce roman a le mérite d’aborder ce débat et pose également la question de la limite entre consentement et refus, mais je n’ai pas aimé le thème du viol. Comme délassement, on fait mieux ! Les personnages sont tout sauf attrayants, plutôt répugnants : père égocentrique, fils incapable d’empathie…

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