Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Marvic, le 24 juin 2019 (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 908ème position).
Visites : 860 

femmes condamnées

Manushe mène une existence calme dans son village où elle fait partie des personnages importants entre le médecin Mitko et le chef du village Emni.
Jusqu’à l’arrivée d’Adrian qui trouble Manushe, qui fait remonter en elle des désirs enfouis depuis longtemps sous ses vêtements d’homme.
Une relation s’installe entre deux personnes aux parcours cruels.
Manushe est une "vierge jurée" pour avoir refusé le mari choisi par ses parents. Au cours d’une cérémonie de renoncement, ses vêtements féminins ont étés brûlés, ses cheveux coupés. Sa seule condition pour rester en vie, c’est de renier sa féminité.

Quant à l’étrange et calme Adrian, quand il arrive dans le village, personne ne connaît son passé.

La relation entre ces deux exclus va apporter de la tendresse, dans ce monde difficile. Mais aussi leur faire prendre d’immenses risques en bravant les traditions et les lois.

D’une écriture recherchée et très poétique, l’auteure nous emmène dans un voyage aux paysages superbes, nous montre la sensualité de corps enfin libres, une beauté, un calme, une sérénité qui alternent avec des passages et des scènes d’une grande cruauté, d’une grande brutalité.
Elle nous plonge dans un monde archaïque et tribal dans une absence de repères temporels ou géographiques précis.
Un livre magnifique où l’on découvre que très près de chez nous, ont encore cours des traditions d’un autre temps. Comme le sort de ces vierges sous serment, qui n’ont d’autre choix que la lapidation, ou le reniement.
"Une femme valant à peine la moitié d’un homme... la honte dont la vérité eût éclaboussé son honneur (celui du père) l’avait emporté sur la crainte de voir son enfant abattu."

Un roman marquant, dur, édifiant mais absolument superbe.

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Pourtant ça commençait bien…

5 étoiles

Critique de Ludmilla (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 64 ans) - 16 février 2020

Les cinquante premières pages (environ le quart du roman) sur la vie de Manushe, l’arrivée d’Adrian, m’ont fait penser que la sélection du prix CL2020 allait me faire découvrir, une fois de plus, un bon livre. Hélas…
La suite est surtout l’histoire d’Adrian, que j’ai trouvée parfois peu crédible et surtout peu intéressante.
Un vocabulaire souvent inutilement recherché : déjà dans la première partie (p52), le mot « tirce » m’avait intriguée. Le contexte indique qu’il s’agit d’un vêtement mais ce mot est inconnu de mes dictionnaires (et même de Google…). Et « palilalique » ? « Un type entre deux âges, déjà ivre, qui réclamait une bière avec une insistance palilalique »

Finalement un roman qui n’a pas tenu les promesses de son début

Les vierges jurées

10 étoiles

Critique de Koudoux (SART, Inscrite le 3 septembre 2009, 55 ans) - 15 décembre 2019

En Albanie notamment, les vierges jurées sont des femmes qui, socialement, deviennent des hommes et donc tenues en haute estime.
Des paysages grandioses ainsi que l’atmosphère sont magnifiquement décrits.
Envoûtée par une histoire hors du temps qui me berce d’une rive à l’autre de la rivière…
Ce roman est un coup de cœur pour moi.

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