Le Chant de l'assassin de Roger Jon Ellory

Le Chant de l'assassin de Roger Jon Ellory
(Mockingbird Songs)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Clubber14, le 20 juin 2019 (Paris, Inscrit le 1 janvier 2010, 39 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 010ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
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Parce qu'une parole donnée peut faire ressurgir les démons les plus enfouis...

Présentation de l’éditeur :

1972. Condamné pour meurtre, derrière les barreaux depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n'a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, Henry Quinn, un jeune musicien, sort de prison, il lui demande de la retrouver pour lui donner une lettre. Lorsqu'Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu'elle est devenue. Mais Henry s'entête. Il a fait une promesse, il ira jusqu'au bout. Il ignore qu'en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va découvrir un secret que les habitants de Calvary sont décidés à ne pas laisser divulguer.

Avec ce retour aux sources qui évoque par bien des aspects Seul le silence, R. J. Ellory nous livre un roman magistral, d'une puissance émotionnelle rare. Un de ses plus humains, un de ses plus sombres aussi.

Mon avis :

Une fois de plus cet auteur parvient à me mettre en émoi. Une fois de plus je me dis qu’Ellory a du génie. Il possède une force d’écriture lui permettant de donner littéralement vie à ses personnages. Chacun, avec ses qualités et ses défauts, possède une profondeur de caractère nous plongeant directement et intégralement dans l’histoire, Ellory autopsie l’âme humaine comme personne. Ils sont palpables, nous sommes à côté d’eux, nous voyons leurs traits de visage, nous pénétrons leur esprit. La description des lieux (ici nous sommes dans un petit village profond du Texas), du contexte historique du moment, ces petits détails de la vie quotidienne dans l’Amérique profonde, la puissance que tient la musique dans ce livre (l’auteur, lui-même musicien, fait un clin d’œil à son propre groupe qui s’appelle les Whisky Poets et qui est le titre de l’album d’un des personnages principaux du livre) posent le fondement même du style littéraire de l’auteur.

Les principaux thèmes abordés dans ce livre sont multiples : la force de la parole donnée, de l’amour qui peut parfois devenir destructeur, le fait que tout se paie un jour ou l’autre, la volonté de rédemption, l’impact de l’alcool sur la dégradation de la santé mentale et physique des Hommes. Ces thèmes sont omniprésents et servent de ciment à la construction de l’histoire en elle-même.

Ce qui me fait rebondir sur l’histoire à proprement parler. J’ai énormément apprécié (et ce fut le cas déjà dans d’autres livres de l’auteur), cette double histoire qui se passe à environ 30 ans d’écart. Les chapitres alternent donc entre une histoire qui s’est passée dans les années 40, qui voit la présentation d’une famille américaine moyenne du Texas, 2 frères très différents (Carson et Evan Riggs), qui ne se détestent pas sans pour autant s’adorer et l’apparition d’une magnifique jeune fille (Rébecca Wyatt) qui va être la cause d’une compétition amoureuse entre les 2 frères et une autre histoire qui se passe au début des années 70 et qui voit un jeune protagoniste (Henry Quinn) entrer en jeu et dont le but unique et simple est de transmettre une lettre à une femme dont il ne connait que le prénom, Sarah. Or, ces deux histoires vont s’enchevêtrer et Henry Quinn va, peu à peu, lever des secrets qui datent de plus de 30 ans.

Le parallèle entre certains personnages principaux est saisissant. Evan Riggs et Henry Quinn sont très proches : deux garçons intelligents, fervents amateurs de musique et à qui l’avenir semble très prometteur. Mais voilà, il suffit parfois de petites circonstances de la vie pour qu’un destin tout tracé et radieux soit complètement détruit et l’alcool y est pour quelque chose. Ellory nous instille cette notion de destruction liée à l’alcool, qui sera l’une des morales de l’histoire.

Autre morale de l’histoire : le rôle du remords et du besoin de rédemption, couplé au fait que tout finit par se savoir et par se payer. Ellory, par l’évolution mentale des personnages au fil des années, nous fait prendre conscience que nos actes malveillants, aussi bien cachés soient-ils, finissent soit par se savoir soit par nous bouffer. Certaines personnages perdent la raison et ont le besoin, sur leur lit de mort ou avant, de dévoiler les actes odieux qu’ils ont commis. Cette notion est primordiale dans ce livre.

Enfin, la dernière chose qui ressort pour moi de ce livre est l’importance de la parole donnée et de tout faire pour la respecter. Et s’il y en a bien un qui a compris cela c’est bien Henry Quinn. Il ne va pas hésiter à se mettre dans des embrouilles sans nom pour respecter la parole qu’il a donnée à son co-détenu à Reeves (la prison d’Etat) qui n’est autre qu’Evan Riggs (et c’est là que les histoires se recoupent), quitte à se mettre en confrontation directe avec un homme froid et dangereux, Carson Riggs (le frère d’Evan Riggs)

Pour conclure : une fois de plus ce livre d’Ellory est d’une puissance extraordinaire. La force de caractère des personnages, les valeurs morales qui en découlent, le suspense haletant de ces deux histoires parallèles font de cet auteur un incontournable en la matière. Ce livre n’est pas un policier, ce n’est pas un thriller ni un roman d’amour, ce n’est pas un roman sur la psychologie humaine ni sur la sociologie de l’Amérique profonde mais il s’agit bien là des 5 à la fois. Ellory est un génie littéraire, un décortiqueur du cerveau humain servi par une plume sobre et fluide. Ne surtout pas passer à côté de ce livre.

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Une promesse

10 étoiles

Critique de Martell (, Inscrit le 27 février 2004, 66 ans) - 3 septembre 2019

C'était le titre que je voulais à ma critique sans savoir que ce dernier roman de Ellory avait déjà été critiqué, et d'une manière magistrale que j'approuve totalement.
Le Chant de l'assassin est un livre qui nous fait vivre une histoire sombre et très belle aussi. Quand le jeune Henry quitte la prison de Reeves et son compagnon de cellule devenu un ami, presque un père pour lui, un protecteur qui l'a sauvé de la cruauté de quelque brutes durant les trois années auxquelles il fut condamné pour mort accidentelle, une bête malchance surtout, mais voilà, Evan Riggs qui, lui, est condamné à vie, a une fille et il a une lettre importante pour elle qui ne connaît rien de son vrai père. Henry lui jure qu'il fera tout pour lui remettre. Son seul indice, le frère d'Evan est shérif à Calvary une ville du Texas profond et il était là lors de la naissance de sa fille. Il pourra sans doute l'aider à savoir qui l'a adoptée.

Ce shériff Carson Riggs règne en maître sur sa ville et a beaucoup d'influence dans la région, et n'aime pas trop ce jeune étranger qui pose beaucoup de questions dans le but de retrouver cette Sarah. La promesse faite à son ami deviendra un défi insurmontable qui nous transportera dans les profondeurs de l'âme humaine.

Une merveille à lire!

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  Le chant de l'assassin 1 Jimmienoone 27 juin 2019 @ 15:10

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