Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin

Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Nathavh, le 22 janvier 2019 (Inscrite le 22 novembre 2016, 55 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (3 356ème position).
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Changer l'eau des fleurs

Attention, ne vous fiez pas aux apparences, c'est un peu le thème de ce roman qui contrairement à sa couverture et à son titre n'a rien d'une romance ou d'un livre feel-good.

Non détrompez-vous, il s'agit d'un superbe roman qui donne de vraies émotions, qui nous parle de la vraie vie qui n'est hélas pas toujours rose.

C'est l'histoire de Violette Toussaint, ex garde-barrière qui devient garde-cimetière comme si elle devait absolument veiller sur quelque chose, être attentive aux autres.

Il faut dire que Violette née Trenet a eu une enfance fracassée, abandonnée à la naissance par sa mère, enfant de l'assistance, elle croit rencontrer enfin le bonheur lorsqu'elle croise le séduisant Philippe Toussaint, celui que beaucoup convoite.

Enceinte, elle l'épouse à l'aube de ses dix-huit ans rêvant d'amour et d'une famille. On ne peut pas dire que ce soit réciproque du côté des parents de Philippe. Ils n'ont jamais accepté sa présence.

Violette a un sacré tempérament, une force incroyable pour protéger sa famille, lui donner ce dont elle a manqué malgré le fait que son mari aime les femmes et sa moto.

C'est le 15 août 1997 qu'ils s'installent au cimetière de Brancion en Chalon, leur dernière garde-barrière ayant été automatisée.

Beaucoup de monde passe dans la petite cuisine de Brancion ; Nono, Gaston, Elvis, et, Pierre, Paul, Jacques les fossoyeurs, mais aussi les vivants à la rencontre de leurs défunts.

Un jour elle rencontrera Paul Seul qui lui racontera l'histoire d'Irène Fayolles sa mère et celle de Gaston Prudent. Avant cela, il y avait Sasha qui comme Violette cerne les gens avec beaucoup d'écoute et d'empathie.

Ce récit alterne passé et présent, mêle plusieurs histoires par le biais de courts chapitres résumés à chaque fois par une épitaphe poétique.

C'est un pavé de 546 pages que l'on ne voit pas passer, captivé par le récit. L'écriture est fluide, rythmée. La plume est sensible, intimiste, poétique, très belle.

On ne tombe jamais dans le pathos ou la morbidité, au contraire c'est lumineux.

Valérie Perrin nous parle de drames, de violences affectives avec finesse et émotions. C'est un roman d'espoir, d'humanité qui procure de belles émotions.

Une très belle lecture, un très beau coup de coeur.

Ma note : ♥♥♥♥♥


Les jolies phrases

L'oeuvre de Dieu, la part du Diable.

J'adore rire de la mort, me moquer d'elle. C'est ma façon de l'écraser. Comme ça, elle fait moins son importante. En me jouant d'elle, je laisse la vie prendre le dessus, prendre le pouvoir.

Le manque, la douleur, l'insupportable peuvent faire ressentir des choses qui dépassent l'imaginaire. Quand quelqu'un est parti, il est parti. Sauf dans l'esprit de ceux qui restent. Et l'esprit d'un seul homme est bien plus grand que l'univers.

Pourquoi va t-on vers des livres comme on va vers des gens ?

Monsieur Seul, s'il y a une clé sur la porte de nos armoires, c'est pour que personne ne les ouvre.

Violette, pourquoi ne pas refaire votre vie ? Parce qu'une vie ne se refait jamais. Prenez une feuille de papier et déchirez la, vous aurez beau recoller chaque morceau, il restera toujours les déchirures, les pliures et le Scotch.

Mais un brin d'herbe peut pousser n'importe où, et j'étais faite de ce n'importe où. Oui, une racine peut prendre vie dans du goudron. Il suffit d'une micro-fissure pour que la vie pénètre à l'intérieur de l'impossible. Un peu de pluie, de soleil et des souches venues d'on ne sait où, du vent peut-être apparaissent.

La vie, c'est comme une course de relais, Violette, tu la passes à quelqu'un qui la prend et qui la redonne à quelqu'un d'autre.

J'ai pensé que nous étions deux rescapés qui tenaient encore debout. Deux naufragés qu'un océan de malheurs n'était pas parvenu à noyer totalement.

Pourquoi n'avez-vous pas eu d'autres enfants ? Parce que je n'étais plus mère, juste orpheline. Parce que je n'avais pas le père qui allait avec mes autres enfants...Et puis, c'est difficile pour des enfants d'être "les autres", "ceux d'après".

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Avis mitigé…

6 étoiles

Critique de Ludmilla (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 64 ans) - 8 février 2020

J’avais aimé « Les oubliés du dimanche », mais ce roman-ci est, à mon avis, beaucoup moins réussi.
L’histoire de Violette est excellente, certains personnages sont attachants (Sasha, Célia), certains passages sont très touchants, mais…
- Le personnage de Philippe Toussaint, son mari, m’a paru peu crédible
- L’histoire secondaire (Irène et Gaston) est, elle aussi, peu crédible et vraiment trop longue
- Le changement quasi permanent d’époque entre chapitres est excessif, j’ai bien failli perdre complètement le fil de l’histoire
- Et un détail m’a agacée, un avocat n’a pas une étude, mais un cabinet (il n’y a pas de relecteur chez Albin Michel ?)

Heureux les coeurs purs

9 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 53 ans) - 30 décembre 2019

Violette, orpheline, a épousé Philippe Toussaint, un coureur de jupons invétéré, paresseux, handicapé de la communication. Ils ont eu une petite fille, Léonine, et sont gardiens de barrière de chemin de fer.
Les parents de Philippe méprisent Violette, mais s’occupent de leur petite-fille pendant les vacances. Philippe voulait un fils et ne s’occupe pas de sa fille. Il laisse sa femme faire tout le travail à sa place.
Plus tard, les époux Toussaint, qui ne se parlent plus que pour se passer le sel, sont devenus gardiens de cimetière. Difficile d'en dire plus sans révéler l'intrigue et le caractère caché des personnages...
Ce roman est un entrelacement incessant d’amoureux qui jouent à cache-cache, tour à tour libres ou non, pris entre deux amours, des amours compliqués mais très poétiques. Poétiques aussi les nombreux épitaphes, titres de paragraphes, extraits de chansons, citations, etc.
Le ton de ce roman n’est pas triste, mais doux. Le personnage de Violette est particulièrement attachant, de par son histoire tourmentée et sa résilience, sa simplicité, sa générosité. J’ai par contre eu parfois du mal à m’y retrouver dans la chronologie de l’histoire, avec tous ces flashbacks et les nombreux passages d’un personnage à l’autre. Malheureusement, la poésie infusée par l’auteure dans l’histoire nous ferait presque oublier que ces histoires d’amour sont souvent des infidélités qui font souffrir les personnages secondaires… (D'où mon demi-point en moins) Dommage !

Wouah!

10 étoiles

Critique de Flo29 (, Inscrite le 7 octobre 2009, 48 ans) - 23 janvier 2019

Voilà une pépite comme on aimerait en lire plus souvent. Le personnage de Violette est très attachant, on en vient presque à avoir l'impression de vivre les événements à sa place. C'est une femme entière et dont la vie est compliquée, mais quelle force dans les situations les plus difficiles! J'ai trouvé ce roman magnifique, même si au début la mort omniprésente m'a un peu déroutée. A lire, à faire lire, à offrir. C'est un gros coup de coeur pour moi.

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