J'ai un tel désir de Françoise Cloarec

J'ai un tel désir de Françoise Cloarec

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Arts (peinture, sculpture, etc...)

Critiqué par Agnesfl, le 8 octobre 2018 (Paris, Inscrite le 14 janvier 2015, 55 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 960ème position).
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Un vrai plaisir de lecture

J'ai un tel désir

Une lecture très agréable en compagnie de la peintre Marie Laurencin et de la couturière Nicole Groult. Maîtresse et muse de Guillaume Apollinaire, Marie vivra avec lui un amour chaotique. Puis jusqu' à la fin de sa vie, elle entretiendra une relation enflammée avec Nicole Groult. Lorsqu'elles seront séparées, elles ne cesseront de s'écrire et grâce à cet ouvrage, l'on a un bon aperçu de cette autre passion. . La période évoquée se déroule de 1907 au début des années 20. L'écriture est vivante, joliment descriptive, à la fois travaillée et facile à lire, et l'on se plonge dans l'époque avec un réel plaisir.
Concernant Marie et Guillaume Apollinaire, c'est Picasso qui aime se mêler des histoires de cœur de ses amis qui les fera se rencontrer. L'auteur dépeint agréablement leur union et fait aussi un joli portrait des deux. On apprend par exemple que Guillaume apprécie les femmes singulières, pleines de contradictions, et à forte personnalité. . Parlant cinq langues, très cultivé, il est très avide des plaisirs du sexe. C'est sa douloureuse rupture avec Marie, qui lui inspirera " Sur le Pont Mirabeau". Quant à Marie on l'imagine bien en train de peindre ses amies particulièrement leurs cheveux. A l'école, elle a de mauvaises notes et c'est un comble surtout en dessin. Très coquette, elle déclare : " Si je porte la même robe deux jours de suite, je suis malade, je ne peux plus travailler"… D'esprit assez enfantin, elle fera pas mal de bêtises tout au long de sa vie et priera Dieu à 12 ans de ne pas avoir une vie plate...
Au cours de son histoire d'une grande force avec la couturière Nicole, Marie également poète fait preuve d'une plume très gracieuse. Ce que n'a d'ailleurs rien à lui envier Nicole qui en écrit aussi. Et de charmants. On les voit s'en adresser réciproquement, ainsi que des mots doux et cette correspondance en dit long sur la nature de leurs rapports. Nicole appelle Marie " Ma délicieuse aux cheveux d'ange " ou encore "Mon Laurencin, Mon tracassin, Mon Célestin, Mon Séraphin"… Marie s'adresse à Nicole en ses termes : " J'ai un tel désir de voir ton visage dans le plaisir. Je pense souvent à cela".
Marie aura d'autres amants qui d'ailleurs lui seront tous infidèles. Elle deviendra la femme du peintre Otto Christian Heinriche von Wätjen et tous deux passeront quelques années en Espagne ponctuées notamment par l'annonce d'amis morts à la guerre. Marie mourra à Paris à l'âge de 73 ans.
Savoureux, tel est ce livre écrit par Françoise Cloarec peintre, psychanalyste, écrivain, où l'on se gargarise d'anecdotes piquantes et de détails bien narrés sur Marie Laurencin et le monde qui l'entoure.
Agnès Figueras-Lenattier

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Deux femmes d'exception

6 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 57 ans) - 4 janvier 2019

Bonjour les lecteurs ....

Voici le récit de deux femmes exceptionnelles dans le Paris de la belle époque.
Voici le récit de deux femmes amoureuses. et célèbres.
Voici le récit de 45 années de passion que seule la 2° guerre mondiale parviendra à ternir

L'une est peintre, c'est Marie Laurencin, l'autre est créatrice de mode, Nicole Groult.
Toutes deux sont des figures incontournables de ce Paris du début du siècle.
Toutes deux ont leur propre vie, mais resteront fusionnées l'une à l'autre.

Françoise Cloarec nous fait revivre non seulement la passion de ces deux femmes mais nous plonge dans le Paris artistique de l'époque. On y côtoie Picasso, Apollinaire, Paul Poiret, Braque et tant d'autres.
On se retrouve à l'époque du cubisme, du fauvisme, de l'art moderne.
L'époque est à l'insouciance, aux fêtes, à l'amour sans contrainte.

Son récit se base sur la nombreuse correspondance échangée entre les deux femmes ( interdite de publication à ce jour ), sur une étude approfondie des archives de l'époque ainsi que sur le témoignage des descendantes de Nicole ( notamment Benoîte, figure du féminisme ).

On y découvre le caractère sombre et superficiel de Marie.
Marie mal dans sa peau, Marie impulsive ( elle épouse un allemand sur un coup de tête), Marie l'égocentrique, Marie contrainte à l'exil pendant les années de guerre.
Nicole est plus stable, c'est le rocher qui empêche Marie de sombrer.
Nicole est une pionnière du féminisme naissant .. Nicole avance, ne recule jamais.

Marie Laurencin meurt en 1956, reclus. Elle sera enterrée avec les lettres d'Apollinaire qui l'a tant aimée.
Nicole disparaîtra 10 ans plus tard.

J'ai été souvent agacée par le caractère capricieux et enfantin de Marie, j'ai admiré Nicole.

Lecture agréable, qui dévoile la vie artistique de l'époque, mais qui n'est pas un coup de coeur.

A lire du même auteur " L'indolente " qui rend hommage à Marthe Bonnard.

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