Quand Dieu boxait en amateur de Guy Boley

Quand Dieu boxait en amateur de Guy Boley

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Killing79, le 4 octobre 2018 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 39 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (21 674ème position).
Visites : 878 

Parler du père

Présentation de l'éditeur
Dans une France rurale aujourd’hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Il sera champion. Le second se tourne vers des écritures plus saintes et devient abbé de la paroisse. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l’abbé propose à son ami d’enfance d’interpréter le rôle de Jésus dans son adaptation de La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui-ci accepte pour sacrer, sur le ring du théâtre, leur fraternité.


Mon avis: Il y a deux ans, j’avais eu du mal à trouver les mots (et le talent) pour pouvoir décrire les émotions que m’avait procurées le premier roman de Guy Boley « Fils du feu ». Ça avait été une flamboyante expérience dont je garde un très bon souvenir de lecture.

Alors qu’il s’intéressait la dernière fois à un enfant des forges, il se propose dans « Quand Dieu boxait en amateur » de nous parler de son père. Il nous raconte sa jeunesse dans la campagne profonde. On va suivre toutes les choses qui ont fait de lui un homme et un père à part entière. De son éducation particulière, bercée par les convictions de l’époque, à sa grande amitié, capable de combattre les différences, en passant par ses passions sportives et artistiques, l’auteur développe toute l’admiration qu’il porte à cette figure paternelle.

La plume de Guy Boley fait mouche une nouvelle fois. Cet auteur a un véritable talent pour mettre en forme ses histoires. Sa langue est belle, nouée de magnifiques tournures et phrases. En très peu de pages, il sait exalter les sentiments et libérer une certaine poésie. Il offre donc un formidable roman hommage à son patriarche. Comme tout récit familial, j’ai l’impression qu’il est plus utile à l’auteur qu’à ses lecteurs, mais puisque c’est fait avec virtuosité, le plaisir est quand même au rendez-vous.

Le seul petit bémol que je pourrais mettre à ce deuxième roman, découle en fait de la lecture du précédent. En effet, celui-ci dégageait de telles émotions, presque palpables, qu’il en devenait sensoriel. C’était un moment de grâce particulièrement marquant. Ce nouvel opus est toujours de très bon niveau, mais les sensations sont plus effacées. Le récit est plus pragmatique, s’en tient aux faits et se révèle donc moins mémorable.

Toutefois, ne vous y trompez pas, ce livre est un bon livre. N’hésitez pas à découvrir Guy Boley qui vous ravira si vous aimez la belle littérature. De mon côté, je reste légèrement frustré, en raison des grands espoirs que j’avais mis dans cet ouvrage.

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"Mon père, ce héros"...

9 étoiles

Critique de Cyclo (Bordeaux, Inscrit le 18 avril 2008, 73 ans) - 19 décembre 2018

Guy Boley, dans son deuxième roman, nous livre un tableau touchant de René, ce père dont il nous déroule l’histoire dans les quartiers populaires du Besançon des années 50 et 60. René, élevé à la dure par une mère seule (son père ayant été écrasé entre deux trains) est ami avec Pierrot ; tous deux se passionnent pour la lecture, mais la mère de René s’en méfie et pousse son rejeton vers la boxe qu’il va pratiquer en amateur jusqu’à devenir champion de France poids moyen, tandis que Pierrot devient prêtre. Leur amitié va survivre cependant : René exerce le métier de forgeron tout en s’entraînant pour la boxe, et en jouant les utilités sur la scène du théâtre municipal ou le chanteur d’opérette dans les réunions de famille. Jusqu’au jour où l’abbé lui propose de devenir acteur pour le spectacle annuel de la paroisse et d’endosser le rôle du Christ dans "La passion de notre Seigneur Jésus-Christ". René va mettre dans sa façon de jouer toute l’ardeur qu’il mettait dans les combats de boxe, forçant l’admiration de tous et de son propre fils.
Ici, on est dans le milieu des prolos, formidablement bien recréé par l’auteur, qui semble être le fils de ce René dont il nous conte l’histoire. C’est donc à la fois le récit d’une amitié merveilleuse entre René et Pierrot, et d’une relation père-fils très bien observée.

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