Aphorismes et insultes de Arthur Schopenhauer

Aphorismes et insultes de Arthur Schopenhauer

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Philosophie , Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Septularisen, le 30 août 2018 (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 51 ans)
La note : 10 étoiles
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SCHOPENHAUER BRUT DE DÉCOFFRAGE!

Lisez cette phrase : «Le caractère propre de l’Américain du Nord, c’est la vulgarité sous toutes les formes : morale, intellectuelle, esthétique et sociale ; et non pas seulement dans la vie privée, mais aussi dans la vie publique : elle n’abandonne pas le Yankee, qu’il s’y prenne comme il voudra.» et pensez maintenant au Président actuel des États-Unis d’Amérique… Alors? Vous voyez une certaine ressemblance? Et pourtant cette phrase est parue en… 1899 dans «Fragments divers », écrits posthumes d’Arthur SCHOPENHAUER (1783-1860)…

Bon, disons ici par souci d’honnêteté intellectuelle que M. SCHOPENHAUER «en pense autant» au sujet de l’Allemagne :
// «Je fais ici cette confession en prévision de ma mort, que je méprise la nation allemande à cause de son immense bêtise, et que je rougis de lui appartenir.»//
de la France :
// «Les autres parties du monde ont des singes ; l’Europe a des Français. Cela se compense» //
de l’Angleterre :
// «Sur cinquante Anglais, on en trouvera à peine un seul qui élève la voix pour vous approuver quand vous parlerez avec un juste mépris du bigotisme stupide et dégradant de sa nation» //
de l’Italie :
// «Le trait dominant dans le caractère national des italiens, c’est une impudence absolue qui vient de ce qu’ils ne se considèrent comme n’étant ni au-dessous ni au-dessus de rien, c’est-à-dire qu’ils sont tour à tour arrogants et effrontés, ou bien vils et bas.» //
et de quelques autres nations…

L’explication de ce «dégoût» est toute simple. Cette petite anthologie des aphorismes et insultes (il faudrait plutôt dire ici d’injures, invectives ou d’outrances ?) d’Arthur SCHOPENHAUER est une sélection de ses derniers livres (notamment «Parrega et paralipomena » 1851), or à cette époque le philosophe allemand était au crépuscule de sa vie et était «revenu de tout et de tout le monde».

En effet, sa vie et notamment sa vie amoureuse ainsi que sa carrière ont été des échecs retentissants, et il est devenu volontiers misogyne, misanthrope, solitaire. aigri, et à perdu toute confiance en l'Homme...
// «Je cause parfois avec les hommes comme l’enfant avec sa poupée. Elle sait très bien que la poupée ne l’entend pas, mais elle se procure, par une agréable auto-suggestion consciente, la joie de la conversation» //
n’aimant que les animaux et notamment ses chiens mais aussi par dessus tout la tranquillité et le silence.

Hostile à toute forme de progrès social, politique et scientifique :
// «Il y a quarante ans, la petite vérole emportait les deux cinquièmes des enfants, tous ceux qui étaient faibles, et n’épargnait que les forts, qui avaient subi cette épreuve du feu. La vaccine a pris les premiers sous sa protection. Voyez maintenant les nains à longue barbe qui vous courent partout entre les jambes, et dont les parents ne sont restés en vie que grâce à la vaccine. »//.
Il est bien sûr anticlérical : // «La religion catholique est un billet à ordre sur le ciel, qu’il serait trop malaisé de mériter par soi-même. Les prêtres sont les entremetteurs de cette mendicité»,
et antireligieux :
// «Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut l’obscurité.» //
il « critique » tout et tout le monde (notamment les autres philosophes de l'époque) et parfois aussi, n’importe quoi, comme p. ex. le port de la barbe chez l’homme qu'il ne supporte pas :
// « La barbe augmente la partie animale de l’homme et la met en relief : elle lui donne par là son aspect si étrangement brutal : on n’a qu’à regarder de profil un homme à barbe pendant qu’il lit!» //.

Si l’œuvre philosophique d’Arthur SCHOPENHAUER est encore aujourd’hui largement sous-estimée, - pour ne pas dire oubliée- il s’estimait d’ailleurs lui même (à juste titre parfois…) pas assez reconnu, ni assez lu dans son propre pays, mais aussi en Europe, ce livre n’apporte certainement pas de nouvel éclairage à son œuvre, et ne le fera sans doute pas connaître plus du grand public...
Par contre, sa «puissance comique» vous fera certainement faire bouger les zygomatiques à fond à de très nombreuses reprises!..

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Les éditions

  • Aphorismes et insultes [Texte imprimé] Arthur Schopenhauer textes choisis et présentés par Didier Raymond
    de Schopenhauer, Arthur Raymond, Didier (Editeur scientifique)
    Arléa / Collection Arléa-poche
    ISBN : 9782869599758 ; EUR 7,00 ; 19/04/2012 ; 152 p. ; Poche
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