Fille de joie de Kiyoko Murata

Fille de joie de Kiyoko Murata
(Yūjokō)

Catégorie(s) : Littérature => Asiatique

Critiqué par Catinus, le 21 août 2018 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 67 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (21 189ème position).
Visites : 314 

Education d'une fille de joie

Au début du vingtième siècle, Ichi, quinze ans, est vendue par ses parents au tenancier d’une maison close. A travers ce roman, nous allons la suivre dans sa nouvelle vie. L’auteur s’attache surtout à nous décrire son éducation intellectuelle donnée par des professeurs qui tentent de lui procurer un statut, des clés, pour se libérer de sa servitude.

Extraits :
- Ecoute-moi bien, Kojika. Une fille de joie n’a pour partenaires que ses clients et le temps. Tels sont les termes de son contrat. Une fois écoulé le temps convenu, le client s’en va. Elle remet la literie en ordre et c’est tout. Le reste du temps, son corps est à elle et à personne d’autre. Selon moi, aucune femme au monde n’est aussi libre qu’elle. Une épouse ordinaire, elle, doit toujours être disponible pour son mari. Quand il en a envie, il la culbute et ne lui donne pas un sou. Il lui fait des enfants et elle travaille. Elle est pareille à une bête de somme. Parce que les bêtes de somme, on ne les paie pas, on leur donne juste un peu à manger. Quelle est la différence entre ta mère et une bête de somme ?

- Soudain quelque chose de gros, de chaud, un bâton de chair grossier, s’enfonce dans son entrejambe. Elle résiste à cette chose qui exerce une pression dans tout son corps, jusqu’à la gorge. Elle a mal. Il n’y a ni fantômes, ni serpents, ni mauvais esprits, juste son entrejambe transpercé qui la lancine. Elle a mal. Très mal. Elle garde les yeux ouverts sous ce corps qui l’écrase. Ses larmes coulent.

- Moins d’une fille sur mille est capable de devenir oïran, dit-on. ( oïran : courtisane de luxe)

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En bonus, défilé d’une oïran :
https://www.youtube.com/watch?v=TD7O1i5btr4

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8 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 57 ans) - 4 décembre 2018

Bonjour les lecteurs...

Cette histoire est l'histoire de l'ère Meiji de la prostitution japonais.

Nous sommes en 1903 et Ichi, 15 ans, venant d'une famille pauvre de pêcheurs, est vendue à une maison close.
Elle devra y travailler jusqu'au remboursement de sa dette.
Ichi a, dans son malheur, la chance d'être tombée dans un maison de luxe.
Elle va se retrouver sous la tutelle d'une courtisane qui va lui apprendre son métier.
De plus, ces apprenties prostituées, souvent sans éducations, sont envoyées à l'école.
Une chance pour la jeune fille qui va y apprendre à lire, écrire et compter mais surtout à ouvrir son esprit jusqu'à la révolte.

Ce livre raconte avant tout les conditions de vie des prostituées au Japon au début du siècle passé.
Ces filles ne sont pas les plus mal loties, bien loin de là mais la liberté ne s'obtient que rarement .; la dette étant quasi impossible à rembourser.
Il existait pourtant des lois émises à l'époque visant à donner un certain droit à ces fille répertoriées comme du bétail ( Il existait en effet depuis 1872 un édit de libération des prostituées promulgué par le gouvernement).
Loi peu appliquée tant que les filles n'en connaissaient pas l'existence.
Heureusement l'éducation et le savoir vont changer leurs façons de voir et elles vont être de plus en plus nombreuses à militer pour leur liberté et à vouloir quitter le "confort" .

Voici un récit qui mélange la petite et grande Histoire ... on y apprend beaucoup de choses.
Je le recommande vivement pour tous les amateurs du Japon.

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