My absolute darling de Gabriel Tallent

My absolute darling de Gabriel Tallent
(My absolute darling)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Killing79, le 24 mars 2018 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 40 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 800ème position).
Visites : 2 538 

Relation malsaine

Présentation de l'éditeur
À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.


Mon avis: Ce livre a fait une apparition fracassante sur les réseaux. En quelques jours, les chroniques dithyrambiques ont fleuri à profusion. Devant une telle unanimité, ma curiosité a été piquée, d’autant plus qu’il s’agissait d’un premier roman.

Avant toute chose, je me dois de prévenir que cet ouvrage n’est pas destiné à tous les types de lecteurs (trices). En effet, pour pouvoir s’y atteler, il ne faut pas craindre la perversité et la violence, qui sont omniprésentes tout au long de l’histoire. Ceci étant dit, on suit le destin de Turtle, jeune adolescente, élevée à la dure par son père, avec lequel elle entretient une relation particulière. Elle est sous l’emprise de cet être instable et mal intentionné. A travers les yeux de cette innocente petite, on va assister à des évènements troublants dans une atmosphère oppressante. De par l’imprévisibilité des comportements de chacun, ces scènes entre les deux protagonistes dégagent une tension palpable. La peur et l’angoisse règnent sur les échanges, toujours à la limite de la rupture. On s’attend à tout, on est sur le qui-vive, à l’affût du drame à venir !

L’enchainement des situations est juste chronologique et ne suit aucun fil conducteur. C’est une succession de d’empoignades souvent brutales, qui dépeint parfaitement la relation toxique père/fille.

Pour une première œuvre, c’est une réussite même si j’ai parfois trouvé le récit parfois un peu trop descriptif (surtout dans les scènes dispensables). J’ai aussi eu un peu de mal à être en empathie avec Turtle. Elevée comme une sauvage, avec son caractère dur et ses réactions froides, je ne me suis pas attaché à cette fillette, personnage désincarné. J’ai plus été spectateur qu’acteur de cette tragédie.
On a affaire à un grand roman d’ambiance qui déstabilise par la violence de ses situations malsaines. Avec la puissance de sa narration asphyxiante et ses quelques défauts, « My absolute darling » n’a pas été un coup de cœur pour moi, mais une chose est sûre, il m’a laissé un goût amer dans la bouche et je ne suis pas prêt de l’oublier.

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Il était une fois dans le Nord-ouest….

8 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 54 ans) - 5 juillet 2019

Je ne sais pas si c’est un hasard, mais tous les romans américains sur lesquels je tombe ces derniers temps décrivent des situations sociales décalées avec des personnages qui semblent avoir perdu leurs repères moraux.
Cette année, après avoir digéré « Le Chardonneret » de Donna Tartt et un peu avant le « Virgin Suicides » de Jeffrey Eugenides, je referme le roman de Gabriel Tallent qui ajoute encore une couche supplémentaire au sordide, à la violence domestique et aborde encore le thème de la déstructuration sociale.
Les aventures glauques, qui vont rendre plus d’un mal à l’aise, de « Turtle », alias Julia, alias « Croquette », évoque l’existence d’une adolescente certes intelligente mais en partie déscolarisée et qui vit seule avec un père pervers dans une univers crasseux, malsain et violent.

Sa relation avec Martin, son père, personnage ambigu, étonnamment cultivé, mais obsédé par l’existence d’une menace indéfinie est particulièrement difficile à percevoir en raison des contradictions qui le poussent à commettre des actes extrêmes et irréparables tout en portant une affection a priori sincère à l’égard de sa fille. Sans doute perturbé par la disparition accidentelle de sa femme, Martin est un être lunatique qui a une conception négative de l’avenir du monde.

Malgré ce qu’on a parfois peine à lire, notamment les descriptions des relations incestueuses que la jeune fille entretien avec son père, on reste solidement pris par ce récit qui marque le lecteur d’une emprunte forte en donnant l’envie d’aller jusqu’au bout et en espérant un happy end, soit que la jeune fille puisse prendre conscience du caractère anormal de la relation qu’elle a avec Martin et peut-être s’extirper des griffes de ce psychopathe.

Si on parvient à s’accrocher, on peut être conquis par ce roman hors norme, mais je peux comprendre qu’on laisse tomber en cours de lecture, ce que je n'ai heureusement pas fait.

Une relation perverse en milieu ouvert

9 étoiles

Critique de Nav33 (, Inscrit le 17 octobre 2009, 71 ans) - 27 janvier 2019

Sans connaissance préalable du contenu du roman on pourrait ne pas soupçonner immédiatement qu'il y est question d'un inceste. On le découvre de manière brutale et crue. J'ai failli pour ma part abandonner la lecture à ce stade. Le roman aurait pu se tenir avec une simple relation d'emprise psychologique entre cette très jeune fille et son père. Comme lecteur nous faisons face à la forme d'abus qui a toujours été la plus dissimulée et il est difficile de juger si sa description est vraiment réaliste ou pas. Dans un passé récent des incestes avec séquestration complète pendant des années ont été révélés à la suite de la fuite de la victime. On se rapproche donc de la situation décrite. L'héroïne , Turtle , n'est pas séquestrée et va même à l'école . En dépit de tout elle revient vers son père , qui est veuf , parce qu'elle ne connaît pas d'autre foyer , parce qu'elle a peur qu'il la retrouve de toute façon , mais aussi parce qu'elle est sous l'emprise de cette relation incestueuse , dont , dans sa jeunesse , elle ne perçoit pas complètement qu'elle est totalement anormale. En outre cette relation est aggravée de sévices dont la description est difficilement soutenable. Pour autant son père n'est pas une brute inculte. Paradoxalement il veut en même temps protéger sa fille dont il veut faire une combattante capable de survivre face à un monde hostile selon sa vision paranoïaque.
Dans ce monde extérieur elle découvrira un univers totalement opposé notamment dans une famille de bourgeois ultra intellectuels et sophistiqués.
Au final les qualités de cette œuvre nous font passer le recul devant les turpitudes qui forment son noyau central.

Archétype de grand pervers

7 étoiles

Critique de Blue Cat (, Inscrite le 4 septembre 2018, 55 ans) - 20 décembre 2018

Ce livre a fait beaucoup de bruit à sa sortie, salué comme un premier roman 'chef d'oeuvre'.
Je ne partage pas cet enthousiasme, malgré l'intérêt du livre. L'auteur n'est pas un grand styliste.

En revanche, le personnage du père de Turtle (l'adolescente) est un archétype de pervers qui marque la mémoire. Paranoïaque, manipulateur, incestueux, pédophile, misogyne, sadique, abandonnant. La totale...

Il fait tout subir à sa 'fille-objet', elle même subjuguée par ce père tout puissant, jusqu'à l'affrontement final où l'un d'eux doit mourir pour que l'autre survive. Cette scène finale est peu crédible, mais c'est bien l'adolescente qui survit, malgré des blessures qui auraient tué un éléphant...

Pourtant, à aucun moment je ne suis parvenue à être en réelle empathie avec Turtle, sa passivité/fascination envers son père la rendant peu sympathique. Elle a des excuses certes, mais enfin, se faire la complice et ensuite le témoin muet des sévices qu'il fait subir à une petite fille, qu'il a ramassée on ne sait où, c'est limite.

Pour autant, c'est un livre qui mérite d'être lu, pour le personnage très noir du père, qui m'a fait un peu penser aux personnages 'maudits' que l'on trouve dans Faulkner, qui lui est bien un immense écrivain.

Turtle Aveston

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 54 ans) - 9 mai 2018

Gabriel Tallent (1987- ) est un romancier américain. Il a mis huit ans à rédiger "My Absolute Darling", son premier roman qui a aussitôt été encensé par la critique et fait partie des meilleures ventes aux États-Unis.

Martin Alveston vit seul avec sa fille "Turtle", dans une maison délabrée de Mendocino (Californie).
Sa fille qu'il aime au delà de tout, de façon maladive et incestueuse. Elle est sa possession qu'il doit protéger, isoler d'un monde extérieur hostile.
Pour ce faire, il l'entraîne, tel un soldat d'élite, au maniement des armes et à endurer des souffrances psychologiques et physiques d'un autre âge.
Turtle, jeune adolescente de 14 ans est tiraillée entre l'amour qu'elle porte à son père et cette relation qu'elle devine être anormale.
Un père qui surveille ses moindres gestes, la rabaisse et l'encense... la détruit psychologiquement.
Le roman est l'histoire du lent et âpre combat de Turtle pour trouver sa place et s'arracher des griffes d'un père, instruit mais malade.
Le combat de cette jeune adolescente pour sauver son âme.

Un roman dur, très noir mais d'une incroyable puissance.
Les thèmes de l'inceste, de la violence faite aux femmes, du culte des armes aux états-unis et de l'opposition Nature/civilisation sont subtilement abordés.
Le personnage de Turtle, en perpétuelle discussion intérieure avec son moi profond, est addictif. On retient sa respiration à chaque affrontement avec son père.
De la très grande littérature.
Un premier roman comme un coup de maître.
Gallmeister, découvreur de pépites comme d'habitude !

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