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Maître et Serviteur
de Léon Tolstoï
Catégorie(s) : Littérature => Russe
, Littérature => Les classiques critiqué par Sido, le 22 mai 2004
(Inscrite le 26 janvier 2004, 55 ans)
La note:
Moyenne des notes :  (basée sur 7 avis)
Cote pondérée :  (257ème position).
Visites : 2 243 (depuis Novembre 2007)
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Humanité
Vassili Andréitch, riche marchand se rend à Goriatchkino, chez un propriétaire, pour négocier l’achat d’une forêt qu’il convoite depuis longtemps. Nous sommes en 1870, au lendemain des fêtes de la saint Nicolas, l’hiver bat son plein. Vassili se prépare à partir. Sur les conseils de sa femme, il emmène avec lui son ouvrier agricole, Nikita, homme bon, toujours au service des autres, de caractère heureux, même si, quelquefois, sous l’emprise de l’alcool, il se laisse aller à quelques querelles.
Vassili et Nikita, après avoir attelé l’étalon Moukhorty au traîneau, partent dans le vent et la neige. Les deux hommes, vont, au cours de ce terrible voyage dans une nature en proie à la furie de l’hiver, apprendre leur fraternité. Vassili, orgueilleux, fourbe, toujours satisfait de lui même, à l’esprit continuellement habité par le soucis de ses affaires, ne voyant en Nikita qu’il méprise, qu’un être sans intelligence, seulement utile, fera preuve d’une humanité dont on le croyait incapable. Nikita, homme à la sagesse intuitive, profondément asservi et résigné, « il était habitué depuis longtemps à n’avoir de volonté que celle des autres. » mais conscient de la fourberie de son maître restera serein jusqu’au bout.
Tout au long de ce récit, règne l’implacable hiver russe qui torture la nature et les hommes. Seul répit dans cet enfer, l’isba, avec sa vie chaleureuse, et le thé brûlant que les femmes préparent. Mais, en vain. l’obstination de Vassili et la résignation de Nikita les conduiront vers l’irrémédiable.
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| Les éditions |
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Volume |
Editeur/Collection |
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Parution |
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Maître et Serviteur |
Mille et une nuits
La Petite Collection |
101 |
2842053834 |
1999-02-01 |
go
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| N’ayez pas peur |
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C’est rare, une œuvre qui parle avec autant de justesse de la mort. Un grand classique, simple et profond à la fois.
Béatrice (Paris, Inscrite le 7 décembre 2002, 51 ans) - 17 octobre 2009 |
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| la rédemption ! |
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hors l'ambiance d'hiver russe, les odeurs et le charme de l'éternelle Russie, c'est une nouvelle philosophique ,religieuse et universelle que nous offre Léon Tolstoï.
c'est une course, la nuit, sous la neige, de deux hommes. une course qui symbolise la vie, celle qu'on croit tenir et qu'on a déjà perdu.
tout le long de la lecture, j'entendais Goethe ; Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?
Le mort entrera dans la vie éternelle en se dépossédant de ce qu'il est, au point de ne plus se comprendre tel qu'il fut .
c'est une démarche seule et silencieuse. Il lutte avec le froid, sa peur et lui-même. Son compagnon semble dormir et le cheval a fui.
alors, en paix avec lui-même, il s'allonge et dis : 'Je viens, Je viens, crie tout son être plein d'une allégresse attendrie' .
cela m'a fait penser à la fin de 'Saint Julien l'hospitalier' (Flaubert).
l'on sait qu'à l'époque ou Léon Tolstoï écrivit ce roman, il s'était converti du fond du coeur au Christ. Difficile de ne pas y voir un enseignement de Saint Paul lorsque Le maitre prend la place du serviteur. c'est alors que le maître se faisant serviteur devient l'image de l'unique Maître. quoi de plus chrétien ?
Cette nouvelle comme la précédente 'la mort d'Ivan Illitch' m'interroge sur mon attitude au moment de mourir.
aurai-je peur, comme Mère Marie du Dialogue des Carmélites (Bernanos) ou Ivan Illitch, qui passe 3 jours à Hurler, refusant de quitter ce monde, ou bien m'abandonnerai-je à la douceur paternelle de Dieu ?
Prince jean (PARIS, Inscrit le 10 février 2006, 36 ans) - 13 octobre 2008 |
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| Un immense petit livre |
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Un très beau tableau de la vie de la campagne russe, engourdie sous la neige, et surtout une admirable réflexion sur la mort et le sens de la vie. Oui, "Maître et serviteur" est tout cela à la fois. Sido, Sibylline et Saule ont déjà très bien parlé de ce livre, et je ne peux que joindre ma voix à leur choeur de louange.
"Maître et serviteur" est une admirable méditation sur la mort, qui se singularise par la sérénité et l'espoir qui s'en dégagent. La sérénité de Nikita qui prend la forme du fatalisme lorsqu'il répond à son maître qui lui demande s'ils ne risquent pas de mourir de froid: "Peut-être. Que veux-tu, on n'y peut rien", ou tout simplement de l'acceptation "Mourait-il ou s'endormait-il? Il ne le savait; mais il se sentait également prêt à l'un et à l'autre." Nikita est prêt à accueillir la mort, Vassili, lui, n'est pas prêt à l'affronter, lui qui ne pense qu'à ses affaires. Mais lorsque l'idée de la mort commence à faire son chemin dans l'esprit de Vassili, celui-ci découvre la fraternité humaine, et c'est un espoir qui surgit au lieu du désespoir et de la solitude que Tolstoï avait si bien décrit dans "La mort d'Ivan Ilitch".
Une vraie merveille en effet!
Fee carabine (, Inscrite le 5 juin 2004, 36 ans) - 7 novembre 2004 |
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| Vanité des vanités |
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Je trouve que Tolstoï frise la perfection dans ce court roman (ou longue nouvelle) qui a pour thème la mort. Il est paru dans un recueil comprenant - outre celui-ci - également "La mort de Ivan Ilitch" et "Trois morts". Des trois récits, le plus célèbre est certainement "La mort de Ivan Ilitch", qui contient la plus célèbre agonie de l'histoire de la littérature. Mais mon préféré est pourtant celui-ci, "Maître et Serviteur".
Qu'il nous faille mourir, c’est la seule certitude de notre vie. Pourtant nous vivons comme si nous le savions pas. Mais arrivé au moment où la mort vient nous parler en face, il n'y a plus d'échappatoire. C'est ce que nous montre Tolstoï dans ce récit hallucinant et profondément émouvant nous montre l'attitude de deux hommes, le maître et son serviteur, face à ce terrible moment. Comme Ivan Ilitch, le riche marchand va se rendre compte à ce moment que toute son ancienne vie, tournée vers le profit, n'était qu'une pauvre illusion. Et après la mort ? Tolstoï ne donne pas de réponse, car personne ne peut en donner bien sûr.
Ce texte magnifique nous amène bien sûr à nous poser la seule question qui mérite d'être posée, celle du sens de la vie et de la mort. Mais en outre c'est une évocation magnifique de la campagne russe, de son hiver redoutable, des paysans russes et leur hospitalité. Un ode au courage du serviteur dévoué et sa saine philosophie face à la mort.
C'est une véritable merveille.
Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 44 ans) - 11 août 2004 |
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| Pas beaucoup changé |
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La Russie d'aujourd'hui n'a pas beaucoup changé depuis Tolstoï, du moins dans les campagnes et les petites villes de province. Un proverbe russe moderne dit : "Moscou n'est pas la Russie"... et c'est bien vrai (tu verras, les Russes adorent les proverbes). J'y suis allé une dizaine de fois ces dernières années (dans des régions parfois reculées à vrai dire), l'accueil russe est quelque chose d'inimaginable par sa chaleur, même - ou surtout - l'hiver ! Bon voyage.
Bonne idée en tout cas de lire Tolstoï avant de partir... Une fois sur place, lis Dostoïevski à Petersbourg ou Boulgakov à Moscou et Kiev. Depuis quelques années, on organisme aussi des reconstitutions de la bataille de Borodino en septembre (les Français l'appellent la bataille de la Moskova)... un beau spectacle à voir à 200 km de Moscou.
Patman (Paris, Inscrit le 5 septembre 2001, 47 ans) - 31 juillet 2004 |
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| l'hiver russe |
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J’ai lu Tolstoï parce que j’allais en Russie. C’est bête. Je suppose que c’est comme si un étranger lisait Balzac avant de venir en France. Cela ne le renseignerait guère sur le Français actuel. Mais d’un autre côté…ce n’est pas bête de lire Balzac, ou Tolstoï. J’ai donc bien fait.
Pour les auteurs russes, j’étais restée sur une cuisante défaite, pour cause de confusion irrémédiable du nom des personnages, leurs prénoms et de leurs déclinaisons. C’est vous dire ma culture en ce domaine. J’ai donc prudemment choisi un ouvrage court.
Nouvel essai : Tolstoï. Je commence avec « Maître et serviteur ». Je suis tout de suite sous le charme de « l’âme russe ». Les « mon petit pigeon », les « ma chère âme » m’enchantent. J’aime le thé. J’aimerais sûrement les isbas si je les connaissais, et je vois bien que les Grognards de Napoléon n’avaient pas leur chance dans ces hivers que les autochtones eux-mêmes respectent.
Je parviens, je ne sais par quel tour de force à m’identifier aux deux personnages antagonistes. Je suis Nikita, l’exploité, qui parle aux animaux comme aux gens, mais je suis aussi Vassili, l’exploiteur, qui a gagné de ses mains, de sa dureté et de ses efforts tout ce qu’il possède… et ce n’est pas rien. Ainsi, forcément, je meurs et ainsi, forcément, je survis.
J’aime beaucoup l’écriture de Tolstoï. Son style fluide qui raconte, suit son fil et progresse inexorablement dans son récit, sans rien laisser dans l’ombre.
Les réflexions, sur la valeur que chacun peut accorder à sa vie (parfois pour changer d’avis presque tout de suite, comme Vassili) m’ont beaucoup intéressée.
Sibylline (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 59 ans) - 30 juillet 2004 |
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