Notre révolution : Le combat continue de Bernie Sanders

Notre révolution : Le combat continue de Bernie Sanders
(Our revolution : a future to believe in)

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Colen8, le 4 décembre 2017 (Inscrite le 9 décembre 2014, 76 ans)
La note : 7 étoiles
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« Un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple »(1), pas moins

Quand la moitié de la population de la première puissance mondiale perçoit moins que le 1% des plus riches, quand 43 millions d’Américains survivent dans la pauvreté, quand une oligarchie parvient à imposer sa loi en dominant la politique, l’économie, la finance, la justice, la santé, l’éducation, l’énergie, les infrastructures, l’environnement, les médias, in fine les élections, quand une majorité démobilisée des électeurs se réfugie dans l’abstention ou subit des restrictions du droit de vote, alors c’est la démocratie qui est malade. Ce constat du mouvement progressiste américain a motivé la candidature de Bernie Sanders aux dernières élections présidentielles de 2016, avec le résultat que l’on connait. Ironie ressemblant à un qui perd gagne, les Démocrates à la convention d’investiture lui ont préféré Hillary Clinton alors que les sondages le donnaient, lui, gagnant avec plus de marge contre le candidat républicain qui l’a emporté. Qui sait si avec un peu plus de temps il aurait pu évincer sa rivale ?
Fils d’un juif polonais immigré aux Etats-Unis à l’âge de 17 ans, Bernie Sanders a grandi dans le quartier populaire de Brooklyn à New-York, fait des études à Chicago avant de résider à Burlington dans le minuscule état rural du Vermont en bordure du lac Champlain et de la frontière canadienne, où une carrière politique patiente autant que tenace le mènera au Congrès (Chambre des représentants puis Sénat). Infatigable à 75 ans, peu connu en dehors de son parti, n’ayant mis les pieds que dans une douzaine des cinquante états américains, il ose débarquer dans la primaire des démocrates contre une Hillary Clinton pressentie de longue date, largement soutenue non seulement par cette oligarchie qu’il dénonce mais par l’establishment démocrate du Congrès et la quasi-totalité des élus locaux. Le récit de Bernie Sanders est en deux parties, la campagne (200 pages) et le programme et/ou préconisations de réformes (300 pages).
Menant une campagne de terrain renforcée par les réseaux sociaux, avec une équipe soudée, le soutien sans faille de sa famille, la mobilisation de milliers de bénévoles, même très longtemps ignoré des médias nationaux inféodés aux intérêts privés, il s’est senti porté par l’affluence grandissante de chacun de ses meetings, principalement par la venue des jeunes tout prêts à s’engager pour faire revivre le rêve américain et les valeurs morales à partir desquels le pays s’est construit. En l’espace de 15 mois celle-ci a permis de récolter 232 millions de dollars en grande partie grâce à 8 millions de contributions individuelles de 27 dollars en moyenne. Les laissés pour compte de la richesse produite ainsi que les minorités victimes de discriminations ont été nombreux à se sentir concernés dans la mesure où ils ont été ciblés prioritairement : personnels de l’industrie ou des services sous-payés, chômeurs, familles monoparentales, anciens combattants, afro-américains, amérindiens, asiatiques, hispaniques, LGBT, handicapés, malades mentaux.
L’autre partie martelée pendant toute la campagne détaille des réformes fondées sur le bon sens, dont le financement a toujours été chiffré. On lui appliquerait sans hésiter le slogan républicain « Make America great again », à la lecture du tableau affligeant qu’il a brossé de son pays. Il s’agissait de redorer à moindre frais le blason d’une Amérique mise à mal par les conflits d’intérêts émanant de Wall Street, par un creusement abyssal des inégalités, par une accumulation de dysfonctionnements qui ont abouti à l’effondrement de sa classe moyenne. Pour intéressante que soit sa campagne vécue de l’intérieur expliquant la surprise avouée par les commentateurs du monde entier, le reproche somme toute léger qu’on peut adresser à Bernie Sanders serait un excès de verbiage et d’autosatisfaction.
(1) Citation du discours d’Abraham Lincoln prononcé le 19 novembre 1863 sur le champ de bataille de Gettysburg en Pennsylvanie.

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