Une ténébreuse affaire, suivi du "Député d'Arcis" de Honoré de Balzac

Une ténébreuse affaire, suivi du "Député d'Arcis" de Honoré de Balzac

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Cyclo, le 5 novembre 2017 (Bordeaux, Inscrit le 18 avril 2008, 71 ans)
La note : 10 étoiles
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De la belle ouvrage


Arcis-sur-Aube, 1839 : la petite ville doit remplacer son député, François Keller, banquier parisien, et gendre du comte de Gondreville, régulièrement élu député depuis vingt ans, mais devenu pair de France. Keller soutient, pour lui succéder, la candidature – libérale-ministérielle – de son filleul Charles, officier en Afrique. Mais une partie de la population, se voulant indépendante de cette servitude qu’est une candidature « officielle », décide de présenter un autre candidat, l'avocat Simon Giguet, porté par le renom de son père, ex-colonel d’Empire, et qui espère bien, par cette élection, obtenir la main de Cécile Beauvisage, la plus riche héritière du pays. Le roman débute par la réunion électorale tenue chez Madame Marion, sa tante, par Giguet. Mais on apprend, pendant la réunion, la mort, en Algérie, de Charles Keller. Ainsi, l’avantage semble promis au parti de Simon Giguet. Ce dernier a pourtant comme ennemis, mais il l'ignore, les représentants de l’État : le sous-préfet, le juge, le procureur du roi et son substitut.
De son côté, à Paris, Rastignac, de nouveau ministre, confie à Maxime de Trailles, aristocrate ruiné et endetté (« le prince des débauchés » dans "Gobseck") une mission d’étudier la situation sur le terrain et éventuellement de devenir le candidat ministériel, avec la perspective d'un riche mariage qui rétablirait sa situation financière. Il arrive anonymement à Arcis, où « l’inconnu » fait le sujet des conversations à la soirée donnée par Mme Marion, puis dans toute la ville. Le roman inachevé de Balzac laisse supposer que Maxime deviendra député et épousera Cécile et sa dot. Cette « Scène de la vie politique » s’achèverait donc vraisemblablement par le triomphe de Maxime de Trailles.

Bien qu’inachevé, "Le député d’Arcis"est du très grand Balzac. Les mœurs de la bourgeoisie et de l’aristocratie provinciales y sont décrites avec sa sûreté coutumière, sans aucune des digressions qui alourdissent souvent ses grands romans. Ici, c’est à la fois sobre et impressionnant. Un roman qui éclaire encore les dessous de notre vie politique, malgré les changements d’époque et de régime. À lire par tout candidat député quelque peu ambitieux…
Et qu’on cesse de nous rebattre les oreilles avec Balzac, auteur ennuyeux (sans doute un reste des lectures scolaires obligatoires) ! C’est tout le contraire : après chacune de mes lectures d’un de ses livres, j’ai peine à me mettre sur un roman contemporain, tant ils me semblent futiles, complaisants, parfois niais et presque toujours creux. Mais encore faut-il sortir de son smartphone et se mettre dans le silence sacré qui convient à la lecture de ces grands auteurs ! Car la littérature aussi fait partie du sacré...

"Une ténébreuse affaire", qui figure dans le même volume, est aussi un roman magistral de Balzac, mais il a déjà été critiqué ici.

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