La lenteur de Milan Kundera

La lenteur de Milan Kundera

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Francesco, le 16 février 2001 (Bruxelles, Inscrit le 16 février 2001, 72 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (31 192ème position).
Visites : 3 121  (depuis Novembre 2007)

À recommander

Premier ouvrage écrit en français par le grand écrivain tchèque connu pour ses ouvrages précédents tels que " la Plaisanterie ", " Risibles amours " et surtout " l'Insoutenable Légèreté de l'être " dont on avait tiré un film pas bien adapté du roman.
Il s'agit d'une espèce de fable de fantaisie et d'humour où l'auteur nous fait l'éloge de la lenteur et le procès de notre époque vouée au culte de la vitesse dans tous les domaines.
Son récit nous promène d'une époque à l'autre : du XVIIIe siècle des " Liaisons dangereuses " de Choderlos de Laclos au XXe siècle, à travers de multiples scènes, sortes de petites comédies humaines dénonçant la disparition aujourd'hui du plaisir de la lenteur au profit du démon de la vitesse, forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme.
Milan Kundera exprime dans ce livre son art incomparable de la variation : son récit nous déroute plus d'une fois, mais nous enchante par son style mêlé d'humour et de légèreté.
Je vous en recommande chaudement la lecture.

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Eloge de la lenteur

5 étoiles

Critique de Darius (Bruxelles, Inscrite le 16 mars 2001, - ans) - 6 janvier 2017

La seule idée intéressante du bouquin est celle-ci :
« Le degré de la vitesse est directement proportionnel à l'intensité de l'oubli.... »
« De cette équation, on peut déduire divers corollaires, par exemple celui-ci : notre époque s’adonne au démon de la vitesse, c’est pour cette raison qu’elle s’oublie si facilement elle-même. Ou encore ce corollaire-ci : notre époque est obsédée par le désir d’oubli et c’est afin de combler ce désir qu’elle s’adonne au démon de la vitesse ; elle accélère le pas parce qu’elle veut nous faire comprendre qu’elle ne souhaite plus qu’on se souvienne d’elle ; qu’elle se sent lasse d’elle-même, écoeurée d’elle-même ; qu’elle veut souffler la petite flamme tremblante de la mémoire »

Le reste du livre est inintéressant et/ou confus. L’auteur rédige tout un dialogue sur les danseurs auquel je n’ai rien compris.
- «Le terme de danseur s’applique exclusivement aux exhibitionnistes de la vie publique. Et la vie publique, je l’abhorre »
- « Tu te trompes en me qualifiant de danseur. Car le danseur veut être plus moral que les autres. Tandis que moi, j’ai voulu paraître pire que toi »
- « Le danseur veut paraître plus moral parce que son grand public est naïf et considère les gestes moraux comme beaux. Mais notre petit public est pervers et aime l’amoralité. Tu as donc utilisé contre moi le judo amoral et cela ne contredit nullement ton essence de danseur. »

Dans l'histoire, un certain Vincent, qui me semble con comme un balai, tente une aventure avec une certaine Julie mais il est très grossier dans ses propos, il serait doté « d’une petite bite » (je reprends les mots de l’auteur) et il est obsédé par les mots « le trou de son cul » et il le répète au moins une vingtaine de fois, que cela en devient lassant.

Selon moi, ce roman ne vaut pas la publicité qu'on a pu faire envers cet auteur qui s'est fait connaître en France pour avoir fui la Tchécoslovaquie après que les chars russes aient investi le pays en 1968.

Déroutants enchâssements

7 étoiles

Critique de Oxymore (Nantes, Inscrit le 25 mars 2005, 45 ans) - 24 juillet 2006

Ce roman de Kundera est très court puisqu'il fait 170 pages environ et la police est assez grosse mais la qualité est vraiment bonne même si je n'avais rien lu de lui auparavant.
L'histoire: Vera et le narrateur (Kundera) s'installent dans un relais-château mais cet espace n'est qu'un prétexte du narrateur donné à l'auteur pour enchâsser quelques petits récits.
Kundera s'amuse donc à jouer avec la forme de son roman qui en de multiples petits chapitres saute d'un couple à un autre: Madame de T. et son chevalier au XVIIIème siècle, Berck et Pontevin qui luttent pour le pouvoir de l'humanitaire télévisuel, Vincent et Julie rencontrés sur un congrès, et le savant tchèque qui essaie de raccommoder son histoire avec la grande histoire de son pays.
J'ai ressenti que Kundera cherchait à opposer la lenteur de l'histoire de Madame de T. avec la vitesse à laquelle se déroule le XXème siècle, tout en ayant une écriture très limpide, très claire; bref une espèce de philosophie à la portée de tous.
Voilà quelques exemples précis que j'ai adorés:
Il y a un lien secret entre la lenteur et l'oubli..... un homme qui marche dans la rue, et qui veut se rappeler quelque chose, ralentit son pas. Par contre quelqu'un qui essaie d'oublier un événement pénible accélère à son insu sa marche. Il veut s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, trop proche de lui.
Le degré de la vitesse est directement proportionnel à l'intensité de l'oubli....
Notre époque s'adonne au démon de la vitesse et c'est pour cette raison qu'elle s'oublie si facilement elle-même.

Je relierai Kundera car sur une oeuvre il est difficile d'entrevoir le style et le fond de l'auteur mais sur cette Lenteur j'ai bien aimé les cassures dans le rythme, les enchâssements de récits et l'opinion de Kundera sur tous ces pseudos-intellectuels qui occupent les écrans de leur pathos et qui s'agglutinent autour de la lumière des médias comme des petites phalènes sur une lampe à huile l'été.

fascinant

7 étoiles

Critique de Charles Brun (, Inscrit le 7 mai 2006, 33 ans) - 7 mai 2006

La lenteur est un roman qui m'a troublé...
pas tout à fait parce que les messages qui y sont véhiculés et les événements qui y sont présentés ont suscité en moi intérêts et réflexions (quoi que cela soit très vrai).
Pas tout à fait pour ça, mais plutôt par les très (trop...) fréquents jugements de l'auteur... ou plutôt du narrateur portant le même nom dans le texte et écrivant le roman que nous lisons.
Ce ton m'a un peu dégoûté.
Il y a peut-être moins d'actions non commentées dans ce roman que d'actions des personnages commentées de manière explicite.
Par chance, il y a une mise en abîme qui amène la lecture du roman à un autre degré sans quoi ce serait gravement mauvais. Et par chance ce n'est qu'un très court roman sinon la lecture serait gravement chiante.
Mais je n'ai pas trouvé ce roman mauvais, au contraire. C'est un roman philosophique qui nous parle du plaisir et de ce que l'humain est capable de sacrifier pour l'avoir. Tout cela avec humour et folie, et des situations révélant une impressionnante imagination.

Pas mal

7 étoiles

Critique de Fa (La Louvière, Inscrit le 9 décembre 2004, 42 ans) - 15 février 2006

Bon petit roman, avec un côté absurde et décalé. Des histoires qui se croisent parfois de manière bizarre, mais bon, c'est agréable de se faire surprendre.

Incompréhensible

5 étoiles

Critique de Norway (Entre le Rhin, la Méditerranée et les Alpes !, Inscrite le 7 septembre 2004, 42 ans) - 13 septembre 2005

J'ai été déçue par le manque de fil directeur de l'histoire...

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