Les impostures du réel de Frédérick Tristan

Les impostures du réel de Frédérick Tristan

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Sundernono, le 24 mai 2017 (Nice, Inscrit le 21 février 2011, 35 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 468 

Un roman initiatique de grande qualité

Les impostures du réel, voici un titre qui à première vue peut faire peur. Et pourtant ! Il serait vraiment dommage de passer à côté d’un si bon roman.
Roman initiatique, à l’image des Egarés que je ne peux que vous conseiller et qui fut récompensé du prix Goncourt 1983, les impostures du réel nous conte l’histoire de Paul Fromentin, jeune garçon confronté à une situation familiale nébuleuse.

Rejeté par sa mère, père souvent absent, Paul grandit dans un foyer où l’atmosphère se fait pesante, comme si de nombreuses choses lui étaient cachées. Le récit alterne faces sombres et parts lumineuses comme les passages évoquant les films du jeudi après-midi projetés par le père Mulot ou encore les contes lus par Léonie, la servante dévouée.
Paul grandira et apprendra la véritable nature de ses origines.
De nombreux personnages graviteront autour du personnage principal, mais à l’image du Théâtre, thème central du roman, tout n’est qu’apparence, et comme chacun de nous le sait, les apparences sont souvent trompeuses. A ce sujet, le titre du roman est particulièrement révélateur.
Pour revenir sur les personnages, F. Tristan nous offre une galerie de personnages fouillés et approfondis, assurément l’un des points forts du roman. Vous y côtoierez la folie de Danièle, les fourberies de Sketel, le côté beau-parleur et roublard de maître Bombet, la légèreté du père de Paul, la froideur de l’Adrienne, l’humanité de Léonie le tout sans rentrer dans un manichéisme qui aurait plombé le récit.

A cela s’ajoute la touche de F. Tristan. J’ai ressenti à travers ces pages un regard mature et lucide sur notre société, une grande intelligence à travers les mots. Le roman est truffé de références culturelles mais sans aucune pédance. La culture est au service du récit. Le style, quant à lui, est fin et élégant et sans aucune lourdeur. Les 470 pages que compte le roman ont vite été parcourues, malheureusement ! Les temps morts sont savamment distillés au cours de la lecture et sont propices à la réflexion.

Voici quelques extraits qui à mon humble avis sont révélateurs de la qualité du roman :

« La distorsion du temps inscrit dans la mémoire un moment à la place d’un autre sans souci de chronologie »

« Une sournoise amnésie s’était insinuée dans le monde. Qu’avions-nous perdu ? Dieu ? Notre âme ? Dans une société du virtuel et du spectacle avions-nous égaré le sens de la réalité au point de nous demander s’il en est une ? Dans l’expression du chaos de ce monde, tout était, en effet, signes de singe ? »

Un roman fort et dense. A découvrir

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