La sonate oubliée de Christiana Moreau

La sonate oubliée de Christiana Moreau

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Hcdahlem, le 30 mars 2017 (Inscrit le 9 novembre 2015, 61 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (36 870ème position).
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La sonate oubliée

Christiana Moreau a choisi de nous offrir deux romans en un pour ses débuts en littérature. Elle va d’une part nous raconter le parcours de Lionella qui vit à Seraing, cité industrielle belge en reconversion et d’autre part nous plonger dans le quotidien d’Ada qui vivait à Venise au XVIIIe siècle.
La technique du document ancien retrouvé par hasard n’est certes pas nouvelle – on se souviendra par exemple de la carte au trésor de Rackham Le Rouge cachée dans le mât d’une maquette de la Licorne, également découverte par Tintin dans une brocante en Belgique – mais elle est crédible. Comme on le découvrira au fil du récit, les relations entre Venise et le Nord de l’Europe étaient alors intenses et ce type de manuscrit a très bien pu faire partie des bagages d’émissaires ou de commerçants reliant la Sérénissime à l’actuelle Belgique.
Lionella fait partie d’une famille d’origine italienne venue chercher dans ce pays de charbon et d’acier un avenir plus prospère. Enfant de la seconde, voire de la troisième génération d’immigrés, elle assiste à la transformation de la ville, après la fermeture des hauts-fourneaux. Comme nous l’apprend le quotidien La libre Belgique dans un joli jargon technocratique il s’agit désormais de « procéder à une requalification urbaine et à une rénovation, de manière notamment à créer des espaces tampons entre les zones d'activités économiques reconquises et l'habitat, aujourd'hui entremêlés. L'idée est aussi de détourner certaines voiries longeant la Meuse pour permettre un accès direct des entreprises au fleuve. » Mais bien entendu, entre le projet et les réalisations, entre les métiers d’avant et ceux de demain, l’ambiance est davantage à la crainte – mêlée d’un brin de nostalgie – plutôt qu’à l’optimisme.
Lionella a pour sa part choisi la musique pour s’en sortir. À en croire son professeur de violoncelle, une belle carrière s’ouvre à elle et le concours télévisé des jeunes talents doit lui permettre d’accélérer sa carrière. C’est Kevin, son ami et amoureux transi, qui va lui offrir le moyen d’épater le jury en dénichant une partition en italien parmi les vieilleries du marché aux puces. Il a, sans le savoir, mis la main sur une sonate oubliée et un journal intime.
En déchiffrant le précieux manuscrit Lionella découvre qu’il est l’œuvre d’Ada, une pensionnaire de l'ospedale della Pieta à Venise qui va aussi trouver dans la musique le moyen de s’évader. Au fil des chapitres, on va pouvoir suivre leurs deux histoires en parallèle. Ada va très vite assimiler les cours de son Maître, Vivaldi en personne, et se lancer dans la composition d’une sonate. Un engagement qui va aussi lui permettre de sortir de son couvent, puisqu’elle se voit confier les achats de fournitures auprès d’un prestigieux luthier. Elle va en profiter pour nous faire découvrir Venise et tomber dans les bras d’un jeune et noble admirateur. Parviendra-t-elle à s’enfuir avec lui ?
De son côté Lionella a franchi les présélections du concours Arpèges et décide de jouer la sonate d’Ada pour la finale. Mais cette œuvre oubliée sera-t-elle du goût du jury ?
Jouant avec les contrastes, mais aussi avec les liens entre les deux époques, Christiana Moreau parvient à maintenir la tension dramatique jusqu’à l’épilogue des deux histoires, à rapprocher au-delà des siècles les deux jeunes filles, éprises de musique et de liberté. Ainsi, ce qu’écrit Ada en 1723 aurait pu être tout aussi bien écrit par Lionella des centaines d’années plus tard : «La sensualité de la musique m'habite comme une fièvre nouvelle. Vivre la musique empêche de mourir. J'ai goûté cette évidence en cette année 1723. Quand j'ai glissé l'archet sur les cordes, une myriade de notes se sont mises à vibrer dans la salle d'étude. L'émotion était si forte que les yeux me piquaient, m'obligeant à fermer les paupières pour retenir mes larmes...
C'était comme si mon âme avait trouvé la clé qui ouvre sur l'enchantement. Mon âme et l'âme du violoncelle réunies. » http://urlz.fr/539g

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Sympathique et divertissant

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 54 ans) - 1 janvier 2020

J'ai eu envie de lire ce roman suite aux critiques sur cette page et à cause du fait que l'histoire se passe en partie à Seraing, près d'où j'ai vécu mon enfance.

Le roman est bien mené et se lit avec plaisir mais - comme le dit un confrère critiqueur - l'histoire est un peu cousue de fil blanc et les clichés ne manquent pas. Mais on peut se prendre au jeu et dans ce cas on profitera d'un bon moment en compagnie de la jeune et sympathique violoncelliste et de son alter-égo, Ada, une orpheline dans le célèbre "Hospital de la piéta" à Venise.

Le roman est bien documenté et parle bien de Venise, de Vivaldi ... et de Seraing. Une agréable lecture donc.

éloge au prêtre roux

6 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 58 ans) - 23 mars 2018

Bonjour les lecteurs

Voici une jolie histoire pour les passionnés du prêtre roux et de Venise Maus sûon aurait peut-être aimé un peu plus approfondie .

Lionella vit dans la ville sidérurgique de Seraing ( province de Liège) et n’a qu’une passion, le violoncelle. Elle est retenue pour passer le célèbre concours Arpèges mais a du mal à choisir son morceau.
Son meilleur ami va changer le cours de son destin le jour où il lui offre un coffret, déniché aux puces,contenant une vieille partition pour violoncelle et le journal d’Ada.

Bon page-turner (lu en quelques heures cette nuit).
Certes on n’apprend plus grand chose sur Vivaldi, mais on se laisse porter par ce récit assez bien documenté même si il est cousu de fil blanc.

À lire en écoutant le Maestro.
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