Chambre obscure / Rire dans la nuit de Vladimir Nabokov

Chambre obscure / Rire dans la nuit de Vladimir Nabokov
(Kamera Obskura (Камера Обскура) / Laughter in the dark)

Catégorie(s) : Littérature => Russe

Critiqué par Saint-Germain-des-Prés, le 20 avril 2004 (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (806ème position).
Discussion(s) : 2 (Voir »)
Visites : 3 345  (depuis Novembre 2007)

De prédateur à dindon, il n'y a qu'un pas...

Mais c’est qu’il a fini par m’émouvoir, Bruno Kretchmar ! Pourtant, ça commence mal : marié, et probablement insatisfait, son sommeil lui ouvre les portes du fantasme, mais jamais il n’arrive à en passer le seuil ; le réveil le cueille alors encore plus frustré... Dans ce contexte, toutes les conditions sont en place pour une belle petite aventure, bien réelle : effectivement, il ne résiste pas bien longtemps au charme d’une ouvreuse de cinéma qui, Nabokov, ah Nabokov !, est une petite jeunette de 16 ans (si ma mémoire est bonne, à moi qui n’ai plus 16 ans !). Hélas, les intentions de la petiote ne sont pas nobles. Magda veut plumer ce riche quarantenaire…

Et voilà comment Kretchmar, de prédateur, devint dindon de la farce. Ne parlons pas de sa femme qui le quitte mais à qui il ne se résout pas à demander le divorce, parlons de l’état de dépendance auquel l’a réduit cette gourgandine rusée et sans aucun scrupule et qui mènera au drame final. Cette fille est à gifler, à condamner ! Je ne peux pas décrire comment se manifeste l’esprit machiavélique de Magda, je vous en dévoilerais trop ; mais sachez que c’est révoltant ! Tout y passe : manipulation, mensonge, tromperie,... Cette Magda m’a laissée blanche de colère.

Messieurs, s’il vous prend l’envie de tromper votre partenaire, lisez ceci en guise de douche froide !

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Une passion aveuglante

10 étoiles

Critique de Ravenbac (Reims, Inscrit le 12 novembre 2010, 51 ans) - 2 janvier 2013

Berlin au début de 1928. Kretchmar, la quarantaine, est critique d’art. Depuis neuf ans il est marié à Anne-Lisa qu’il aime tendrement. Mais elle n’a jamais vraiment troublé ses sens et secrètement il rêve à des jeunes femmes imaginaires. Un jour Kretchmar croise Magda, une jeune femme de seize ans ouvreuse dans un cinéma. Magda, dont la conscience morale et inversement proportionnelle à sa beauté, est très intéressée par la fortune de Kretchmar. Elle devient sa maîtresse. Anne-Lisa apprend cette liaison et quitte le domicile conjugal.
Peu après Kretchmar et Magda font la connaissance du célèbre caricaturiste Horn, créateur du non moins célèbre personnage Cheepy. Kretchmar est sous le charme. En fait Horn n’est autre qu’un ancien amant de Magda. Ils redeviennent amants, mais Magda est bien décidé à user Kretchmar jusqu’à la corde.
Le roman commence comme un vaudeville, une comédie légère, l’histoire éternelle du conjoint trompé. Il se poursuit ensuite comme un thriller (le naïf Krechtmar va-t-il enfin ouvrir les yeux ? Comment va-t-il réagir à sa désillusion ?), pour finir en tragédie. Krechtmar ne se rend pas compte qu’il n’est pas aimé de sa maîtresse ; l’amour rend aveugle, et c’est ce qui va le mener à sa perte. Le roman peut être vu comme une caricature d’histoires d’adultère mais le thème apparent n’est qu’un prétexte. Un roman très cinématographique, hitchcockien avant l’heure. La narration est brillante et rapide jusqu’à l’ellipse, chaque scène est stylisée. Le talent de conteur de Nabokov et sa science de la mise en scène rendent le roman évident.

Une passion destructrice

9 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 8 août 2012

Un livre de Nabokov qui se démarque non pas en raison du style mais bien en raison de l'intrigue tordue et des personnages odieux de Magda et Horn qui m'ont littéralement soulevé le coeur par leur cruauté et leur absence de conscience.

Pourtant le style de l'écrivain perce malgré tout et j'ai reconnu quelques traits caractéristiques dont entre autres les énumérations descriptives dont il est friand dans "Lolita". Mais le fait que ce livre se situe dans ses toutes premières oeuvres en fait un régal car Nabokov n'a pas encore chargé son récit de métaphores recherchées et de figures de style originales laissant ainsi toute la place au récit et surtout aux personnages. Son talent de conteur s'étale ici pour offrir au lecteur une histoire épouvantable et surtout d'une tristesse et d'une sordidité rarement encore atteinte en littérature. Du moins, rarement personnages ne m'ont autant révulsée. J'ai éprouvé un profond dégoût pour Magda et Horn.

Le début est plutôt classique et les thèmes ressassés mais plus on avance dans la lecture, plus l'intrigue se corse pour atteindre son apothéose à la toute fin que je ne dévoilerai pas heureusement pour vous futurs lecteurs.

Le personnage de Magda ne va pas sans rappeler la fameuse et célèbre Lolita. Nabokov possède l'art de décrire la femme/enfant, la nymphette dans toute sa grâce et sa délicatesse mais non pas dans sa naïveté car Magda est loin d'être naïve. Elle ressemble plutôt à une espèce de monstre prêt à toutes les bassesses pour réussir à se sortir de sa condition misérable et accéder à la vie de rêve ardemment désirée.

Je vous le recommande chaudement car moi j'ai beaucoup aimé malgré une fin tirée un peu par les cheveux. Mais Nabokov aime bien ce genre de fin spectaculaire n'est-ce-pas ?

brave margot...

10 étoiles

Critique de Jfp (Yerres (Essonne), Inscrit le 21 juin 2009, 69 ans) - 17 avril 2010

Albinus, un bourgeois "riche, respectable et heureux" (ainsi que le présente l'auteur), est piégé par la jolie Margot, une gamine de 16 ans, rouée et bien décidée à le plumer jusqu'à l'os, en compagnie de son alter ego, Axel Rex. Tel est le thème de ce court roman, qui vaut son pesant de lolitas. La morale en prend un coup, c'est sûr, et les "bons" sont méchamment punis, mais dans l'histoire (comme dans la vie?) qui est vraiment bon, qui est vraiment méchant? Vladimir Nabokov nous donne sacrément à réfléchir, dans ce court roman "berlinois", écrit en russe dans les années 30 et réécrit quelques années plus tard en anglais, donc bien avant le fameux "Lolita" qui fit sa réputation après guerre, pour le meilleur et pour le pire. Un thriller psychologique décapant, par un maitre du genre...

Un tourbillon d'événements

9 étoiles

Critique de Leparrainz (, Inscrit le 25 juin 2007, 28 ans) - 26 juin 2007

Attention: cette critique révèle en partie l'histoire.

Nabokov avec cet ouvrage démontre encore qu'il à un sens ultra développé du dramatique et du tragique à travers l'histoire d'un homme riche ayant tout ce qu'il faut mais qui va soudainement être attiré par une jeune fille (motif retrouvé dans Lolita ). Pour cette jeune fille, Magda il va tout abandonner, et tour à tour voir mourir sa fille, et se voir tromper par sa maitresse, trompé par un ami à lui dont les visites se font plus nombreuses. A cela, Nabokov rajoute à la vie de ce pauvre Kretchmar un accident de voiture le rendant aveugle ce qui va profiter à l'amant de Magda qui va (sublime scénario) rester dans la même maison sans se faire remarquer.

Un roman tragique rempli de larmes et débordant d'un dramatique terrible. De plus, une narration parfaite et une épuration des informations pour rendre le récit moins fatigant.
A travers aussi, les mots les plus justes et des rebondissements accentuant le vertige du roman, Nabokov réussit à nous faire avoir pitié de ce pauvre homme sans tomber dans le misérabilisme.
Très bien joué de sa part.

Vie intense de plaisirs, de jalousie et de vengeance

10 étoiles

Critique de Periple (, Inscrit le 24 juillet 2006, 40 ans) - 7 août 2006

La vie paisible et aisée d’Albinus est soudain bouleversée quand celui-ci, homme d’un certain âge et père de famille décide de sortir de l’ennui quotidien en prenant pour maîtresse une adolescente de 18 ans. Margot, fille volage qui a déjà eu d’autres aventures malencontreuses, notamment avec Rex qui la laisse tomber pour partir en Amérique, trouve l’occasion avantageuse.

Attention, spoiler
Avec la collaboration de son premier amant Rex, ils complotent la ruine d’Albinus après que celui-ci perde sa famille et voie sa petite fille mourir. Le vieil amant trompé soupçonne déjà qu’il y a une manigance lorsque un accident de voiture le prive de sa vue. Vivant dans la nuit, d’ailleurs comme auparavant, ignorant tout, et se fiant à tout le monde, il court vite vers sa perte. Informé et repris par son beau-frère Paul, il essaye de se venger et tuer la rusée Margot, mais cette lueur d’espoir que justice serait faite, s’éteindra quand il la rate et se fait tuer par la polissonne. Fin tragique pour un amour inconvenable comme dans Lolita.

Forums: Chambre obscure / Rire dans la nuit

  Sujets Messages Utilisateur Dernier message
  Merci de tout dévoiler... 6 Dirlandaise 9 août 2012 @ 18:10
  Dommage 2 Alphabétix 17 août 2006 @ 11:07

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