Grossir le ciel de Franck Bouysse

Grossir le ciel de Franck Bouysse

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par DODODLB, le 18 janvier 2017 (Inscrite le 12 janvier 2017, 65 ans)
La note : 2 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (36 717ème position).
Visites : 1 934 

UNE CHRONIQUE PAYSANNE QUI SE VOULAIT POLAR

Impossible pour moi de classer ce roman dans la série Polar, encore moins dans celle des Policiers et surtout pas des Thrillers. Je ne comprends toujours pas ce que ce livre faisait dans le rayon des Policiers. Le résumé était pourtant alléchant, mais extrêmement trompeur.
Il ne s’agit pas d’une intrigue policière, mais plutôt d’une chronique paysanne dont l’histoire se déroule dans ce que l’on pourrait appeler la France profonde.
Dans un coin perdu des Cévennes, entre Alès et Mende en plein milieu des montagnes et des forêts enneigées, deux fermes éloignées d’une centaine de mètres, deux hommes taiseux, un chien, un fusil, un univers fermé solitaire et hostile aux visiteurs étrangers.
Gus le premier et Abel le second, plus âgé, se connaissent depuis toujours, mais leurs deux familles ne s’appréciaient pas, sans que Gus ne puisse comprendre pourquoi.
Au fil des pages, on découvre deux êtres meurtris par leur passé, qui se sont enfermés dans leur vies isolées dans cette nature sauvage et froide et dont les journées s’écoulent au rythme des travaux de la ferme, des soins du bétail et des petites réparations quotidiennes.
Certains critiques parlent d’un suspense, et là, je ne suis pas d’accord. Si ce livre m’a quand même intéressée, c’est parce qu’il est particulièrement bien écrit et que son auteur nous transporte page après page dans cet univers austère. On s’attache à ces deux personnages bourrus à souhait, car on devine de lourds secrets dans leurs passés et sous leurs aspects les plus durs on finit par deviner leurs blessures et même à les trouver parfois finalement sympathiques.
Pourtant, la fin totalement inattendue tombe comme un couperet, mais je l’avoue je suis restée sur ma faim, car, je suis peut-être bête, mais je préfère dire que je n’ai pas compris les dernières lignes, et au final j’ai refermé ce livre très déçue.

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Curieux roman

9 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 60 ans) - 19 décembre 2019

Voici un des plus curieux roman qu'il m'a été donné de lire.
Gus et Abel sont voisins dans un coin perdu des Cévennes. Tous deux exploitent leur ferme, ils sont célibataires, taiseux, préoccupés seulement par les saisons et ce qui sort de cette terre chiche et sablonneuse. Leurs relations sont courtoises, sans plus. Ils s'échangent des outils, s'entraident pour les travaux difficiles et parfois vident ensemble une bouteille de ce vin lourd. Ils parlent du temps et de la terre mais jamais leur conversation ne dérive vers des choses plus personnelles. Ils sont proches en étant finalement des étrangers. Quelques kilomètres les séparent mais le silence est lourd et agrandit les distances.
Et voilà comment se déroule ce texte : bien ficelé, sans garniture superflue mais l'ambiance est prenante et puis... boum ! D'abord quelques détails, des petits riens, mais dans cet univers dénudé, tout a son importance.

Voici un excellent roman construit de manière pyramidale. J'ai beaucoup apprécié ce style sobre qui s'adapte parfaitement au sujet. Un livre surprise !

Tout simplement un roman noir rural

9 étoiles

Critique de Odile93 (Epinay sur Seine, Inscrite le 20 décembre 2004, 65 ans) - 18 septembre 2019

Après avoir lu NÉ D'AUCUNE FEMME, j'ai voulu poursuivre la découverte de cette auteur avec GROSSIR LE CIEL.

J'ai retrouvé le style de Frank Bouysse qui excelle dans les description, celle de la vie de ses deux paysans, celle des lieux.

Les scènes de la vie à la campagne sont merveilleusement décrites comme la mort du faon, si touchante.

Le rythme de l'histoire est lent mais cela permet aussi de s'imprégner des lieux, de ressentir l'étrangeté du comportement des deux protagonistes de ce roman, Gus et Abel.

Au fur et à mesure, ma curiosité s'est intensifiée sans jamais deviner la fin de l'histoire.

L'épilogue m'a déçue mais j'ai tellement aimé la façon d'écrire de l'auteur, j'ai lu avec tant d'intérêt ce roman que je ne peux que le recommander.

J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour le personnage principal, Gus, ce paysan cévenole au langage direct mais d'une grande logique. "Cul terreux" mais loin d'être niais. Un brin provocateur mais profondément humain.

Et la description du père et de la mère de Gus, surtout de la mère de Gus à la page 71 donne le ton pour le reste du livre.

Pas un polar

4 étoiles

Critique de Jeancri (Pau, Inscrit le 28 août 2018, 73 ans) - 28 août 2018

Complètement d'accord avec DODODLB, rien à ajouter.

vieilles canailles

6 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 71 ans) - 17 mars 2018

Abel et Gus sont deux "vieilles canailles", pas si vieilles que ça d’ailleurs, mais la solitude et une vie rude, au contact de la terre et des bêtes dans ce coin perdu de la Cévenne protestante, ne constituent pas un sérum de jouvence. Abel et Gus se détestent et pourtant quel choix a-t-on lorsque le plus proche voisin est à plusieurs kilomètres et que l’on partage les mêmes valeurs ? Leur détestation réciproque, héritée d’une longue tradition familiale, va progressivement se muer en une amitié diffuse faite de rencontres, peu fréquentes, autour d’un verre de vin, mais surtout d’une confiance réciproque et l’assurance de trouver une aide en cas de malheur. Jusqu’au jour où une présence invisible se manifeste, sans que l’un ou l’autre ne veuille en dire plus. La méfiance refait surface, alimentée par les visites de prédicateurs évangélistes aux méthodes particulièrement intrusives. Et l’angoisse monte, dans cette vallée perdue où personne jusqu’à présent n’osait s’aventurer. Franck Bouysse sait distiller l’angoisse et enfler le suspense, dans ce thriller montagnard aux vagues accents gionesques, mais hélas sans l’exaltation de la nature et des hommes que savait si bien exprimer l’auteur du "Chant du monde". Et on ne peut guère pardonner à un natif de la Corrèze d’ignorer tout du culte calviniste, dont les temples n’ont jamais été couverts de vitraux ni n’ont jamais renfermé de christs en croix...

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