Seules les bêtes de Colin Niel

Seules les bêtes de Colin Niel

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Nathavh, le 10 janvier 2017 (Inscrite le 22 novembre 2016, 52 ans)
La note : 10 étoiles
Visites : 142 

suspense garanti

Un roman de saison, il débute en hiver dans les Causses. Il fait froid, il a neigé, la Tourmente souffle.
Une femme, Evelyne Ducat a disparu. On ne parle que de ça au village.

Alice ne fait pas attention à l'information qui circule, trop occupée à vouloir voir Joseph. Elle est assistante sociale, elle s'éloigne petit à petit de son mari, et, l'impensable est arrivé. Elle voit régulièrement Joseph qui est devenu son amant.

Joseph, un agriculteur, devenu dépressif depuis le décès de sa maman. Il vit isolé dans un coin des Causses avec seules ses bêtes qui lui apportent un peu de vie.

Les conditions sont difficiles pour ces agriculteurs. Nous sommes dans un roman rural, dans un roman choral en cinq actes.

Tour à tour cinq personnages nous présenteront leur vision de l'histoire : Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel.

Cinq personnes ayant en commun une solitude. La Tourmente souffle, c'est le vent qui crée de belles tempêtes, une légende colportée par les anciens nous dit que la Tourmente serait responsable de la disparition de personnes... Qu'en est-il ici ? Quel lien entre cette disparition et nos protagonistes ?

L'écriture est vive, chaque version s'imbriquera l'un à l'autre. La tension est palpable depuis le départ et croyez-moi, Colin Neil la fera gonfler et vous emmènera bien loin d'où vous pensiez aller.

C'est un maître des retournements de situation.

On se pose des questions, mais où veut-il nous emmener ? Soudain tout s'éclaircit, et puis non en fait.

Superbe thriller, j'ai adoré.

Vous voulez en savoir plus ? une seule chose à faire, lisez-le, vous ne serez pas déçu.

C'est pas loin du coup de coeur

Ma note : 9/10


Les jolies phrases

Dans le temps, les vieux disaient que ton ombre, c'était l'image de la mort. Comme un double de toi qui s'accroche à tes pas et qui te quittera le jour où tu seras sous la terre.

On aurait dit que la nouvelle année qui s'approchait, les gars l'attendaient avec impatience, comme s'ils croyaient vraiment qu'elle allait être mieux que celle qui finissait. Comme si ce monde meilleur, plus solidaire, plus équitable, qu'ils pensaient être en train de construire, il avait une chance d'émerger un jour. Leur utopie en ligne de mire, toujours en tête malgré les mille contradictions qu'ils s'employaient avec force à minimiser.

Elle avait un truc que jamais je n'ai retrouvé chez personne, une manière de me faire croire à la vie, au bonheur, à l'amour, à tous ces idéaux après lesquels je n'ai cessé de courir.

Au fond, je me demande même ce que ça veut dire ce mot : exister.

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