Les bottes suédoises de Henning Mankell

Les bottes suédoises de Henning Mankell
(Svenska gummistövlar)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Marvic, le 5 janvier 2017 (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 351ème position).
Visites : 673 

Quand on a tout perdu...

Nous retrouvons Fredrik Welin où nous l'avions laissé quelques années auparavant avec "Les chaussures italiennes". Ancien chirurgien, septuagénaire solitaire sur son île, il fréquente peu de personnes ; Jansson, le facteur indélicat de l'archipel, Nordin, le commerçant du port et épisodiquement, il a des nouvelles de sa fille Louise, dont il n'a fait la connaissance que quelques années plus tôt.
Sa vie tranquille bascule quand il se réveille au cœur d'un brasier. Sa maison, celle qu'il a héritée de ses grands-parents maternels, disparaît dans les flammes détruisant toutes ses affaires personnelles, celles auxquelles il était attaché, ses souvenirs.
Devant ce vide, vient l'heure de faire un bilan.
"Autrefois, je croyais qu'un médecin mourait différemment de ses patients… En réalité, il n'en est rien. J'ai beau être médecin, la mort est aussi dure, effrayante et impossible à anticiper pour moi que pour quiconque."

À qui aurait-il manqué s'il ne s’était pas réveillé ?
Et pourquoi est-il soupçonné ? Les gens qu'il rencontre ne l'ont donc toujours pas considéré comme faisant partie de la communauté locale ?
Une jeune journaliste de 30 ans sa cadette, Lisa Modin, viendra enquêter sur cet incendie suspect, séduisant à son insu Fredrik.
"Pendant qu'elle me regardait, j'ai été envahi par une rage incontrôlée, qui a disparu aussi vite qu'elle était venue. J'ai bien peur de nourrir, au fond de moi, une sorte de ressentiment désespéré vis-à-vis de ceux qui vont continuer à vivre alors que je serai mort…. "

Ce dernier roman de M. Mankell a été publié quelques mois avant sa mort.
Une sorte de bilan par l'intermédiaire de son héros, des réflexions sur le sens de la vie, sur la vieillesse, l'amitié, l'amour et le désir à 70 ans, l'attachement à sa fille, la transmission de l'amour, mais aussi, la hantise, la terreur de la mort.
C'est donc plus une transmission posthume ; car le roman en lui-même manque un peu d'intérêt, de rythme. L'énigme et la recherche de l'incendiaire, en font une histoire calme, que j'ai lue sans grand enthousiasme.

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Les éditions

  • Les bottes suédoises [Texte imprimé] Henning Mankell traduit du suédois par Anna Gibson
    de Mankell, Henning Gibson, Anna (Traducteur)
    Seuil
    ISBN : 9782021303896 ; EUR 21,00 ; 18/08/2016 ; 368 p. ; Broché
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Sans déplaisir.

6 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 57 ans) - 20 août 2017

Après les chaussures italiennes, voici les bottes suédoises. On pourrait croire que Mankell fait dans la maroquinerie. Le choix de ses titres est assez surprenant mais le roman reste assez moyen.
Fredrik Welin, médecin septuagénaire vit seul (ou presque) sur son île glacée, fouettée par les vents quelque part dans un archipel de la Baltique. Sa vie est rythmée par les bains dans l’eau glacée et le cinéma de ses regrets et de ses remords. Quelques relations plus ou moins amicales mais tout est gelé (ou presque) dans cet environnement.
Mais voilà que cette tranquillité est rompue par l’incendie criminel de sa maison. Le vieil homme sent les soupçons peser sur lui et commence son enquête.

Je lu ce roman sans déplaisir mais sans plus.

Les deux pieds dans ses bottes

8 étoiles

Critique de Pieronnelle (un petit hameau quelque part, Inscrite le 7 mai 2010, 69 ans) - 1 mars 2017

Difficile de ne pas penser à la disparition prématurée de Henning Mankell dans cette lecture des Bottes suédoises. A vrai dire cette pensée ne m'a pas quittée et l'écriture en est principalement à l'origine. Dès le début on sent comme une sorte de course contre ou avec quelque chose qui ressemble beaucoup à la fin inéluctable qui va toucher tout homme quel qu'il soit. Ici bien sûr il y a l'âge qui revient comme un leitmotiv , 70 ans, c'est pourtant pas si vieux hein ? Mais il y a cet incendie de la maison de celui qui était le personnage des Chaussures italiennes et dont il sort indemne comme par miracle. Miracle oui et non, prémonition d'un naufrage annoncé ? Celui d'une vie dont l'énergie semble bien entamée ; introspection à outrance parfois, exacerbée par l'absence d'entourage, de véritables amis, d'une famille, d'une fille découverte sur le tard et très mystérieuse dans ses comportements. On sent l'homme comme abandonné, ballotté entre son île et le village par ces incessants allers-retours en bateau...

L'écriture est tendue, les questionnements permanents ; comment se reconstruire après la destruction d'un univers où le passé avait une si grande importance. Alors les souvenirs reviennent par saccades, surtout ceux de son enfance qui permettent de mieux cerner la nature du personnage assez énigmatique. La peur se sent, celle d'être accusé d'avoir provoqué l'incendie de sa propre maison, de ne pas savoir à qui à quoi se raccrocher.

Il est clair qu'il y a peu d'action dans ce livre, c'est une succession d'évènements ordinaires qu'on appréhende extraordinaires et en fait rien ne se passe vraiment. Au désespoir du personnage surtout ; symboliquement il lui faut ses Bottes suédoises qu'il a dû commander car il n'a plus rien et se balade avec des bottes dépareillées. Le besoin d'un amour possible se ressent cruellement, l'âge encore ! Aigreur, ressentiment parfois, quelques méchancetés qui le rendent parfois presque antipathique ; corrigé par certains actes généreux qui démontrent une fragilité et une sensibilité inavouées ; un homme un peu perdu réfugié dans une caravane, voire une tente, et qui attend... de pouvoir remettre les pieds dans ses bottes ... Solitude, auparavant recherchée, qui là pèse comme une chape de plomb.

Petite intrigue sur l'incendie, accompagnée d'une déception humaine , mais aussi d'un espoir par la venue d'une naissance ; ne dit-on pas parfois qu'une naissance peut compenser une mort ? Un texte plutôt désespéré, aride, tendu, qui nous ramène vers la disparition de l'auteur...

Merci Monsieur Mankell pour la richesse de vos livres ! Celui-là est bien particulier car cette course contre la mort vous n'avez pu la gagner !

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