Miniaturiste de Jessie Burton

Miniaturiste de Jessie Burton
(The miniaturist)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Monocle, le 12 novembre 2016 (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 58 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 163ème position).
Visites : 1 076 

Une caresse avec toi dure un millier d'heures !

Une caresse avec toi dure un millier d'heures !

Amsterdam mi-octobre 1686, Nella débarque dans la grande maison bourgeoise de son mari où elle vivra désormais. Le mari, un homme riche mais distant, se nomme Johannes Brandt. Il vit avec sa soeur, Marin, leur servante Cornélia et Otto un nègre ramené des voyages du Seigneur Brandt.
Nella et Johannes n'ont jamais eu d'autre rapport qu'un chaste baiser et ce mari si souvent absent semble se contenter de cette vie chaste.
Tout est froid et Marin, la soeur réserve un accueil polaire à l'épousée arrivante.
Un jour Nella reçoit en cadeau un meuble représentant une maison miniature, exacte réplique du bâtiment qu'occupe la famille. Peu-à-peu, avec l'aide d'une mystérieuse miniaturiste de petits personnages représentant les occupants viennent peupler ce curieux mobilier. Puis des objets domestiques superbement imités, des animaux accompagnés de messages énigmatiques.
Peu à peu l'histoire se construit avec lenteur et minutie et puis un jour gris, comme les autres à Amsterdam, tout éclate et ce qui semblait figé ne l'est plus.

Mais que ce livre est puissant ! La première moitié (soit 250 pages) est le tricotage méticuleux de la situation où tout commence. Amsterdam se délecte des surveillances réciproques, de l'étouffement de l'esprit de chacun par son voisinage. Il ne se passe rien (ou presque), que des détails qui s'additionnent.
Puis voilà, ce mari, ce maître, ce Seigneur s'avère ne pas être celui que l'on croit être.
Que dire de cette jeune épouse qui, contrairement à l'Isabelle Archer d'Henry James, participe activement à l'évolution de ses choix ?
Ce petit bout de femme qui dira cette phrase étonnante : "Fais vite pour mourir, sois libre !" ... Nous sommes dans la prude Hollande protestante, qui bannit le bon, le sucre, le gai.
A lire absolument.

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Le secret du mari

9 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans) - 4 janvier 2018

Quand Petronella arrive pour la première fois dans la maison de son époux, elle a la tête pleine de rêves, d'amour, de fonder une belle et nombreuse famille.
Mais l'accueil est loin de ses attentes. C'est d'abord l'absence de son mari, puis l'attitude froide et antipathique de sa belle-sœur Marin, la familiarité de la servante Cornélia, et le choc de voir pour la première fois un homme noir, Otto, employé de maison, qui la déconcertent.
Du haut de ses 18 ans, elle saura les découvrir, faire leur connaissance et s'attacher aux trois habitants même si la cohabitation n'est pas toujours facile, se sentant malgré tout, un peu perdue, et très seule dans cette ville d'Amsterdam, la puritaine qui cache aussi des choses moins reluisantes.
Son mari, de 20 ans son aîné, lui offre la reproduction miniature de la maison. Un meuble très coûteux et encombrant qui la met mal à l'aise. Surtout quand elle reçoit de quoi meubler et peupler cette miniature avec les personnages qui l'entourent, dont les détails sont si précis qu'ils en deviennent troublants. Et quand les miniatures précèdent les événements, Nella cherche à comprendre, veut en savoir plus sur la personne qui réalise ces objets ou ces personnages.

Un livre absolument incroyable ; le lieu et l'époque suffiraient à son originalité mais elle s'enrichit d'une analyse remarquable des relations humaines et d'une intrigante part de mystère.
J'ai commencé ce livre intéressée, je l'ai terminé passionnée, même si j'aurais aimé certaines réponses.

L'austérité sociale et ses effets pervers

6 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 40 ans) - 4 août 2017

Il nous est décrit la société néerlandaise du XVIIème siècle, empreinte d'un protestantisme assez rigide, où chacun ne doit pas déborder de son rôle social, ni quitter le cadre moral. La protagoniste en pâtit, en intégrant la famille de son mari, en quittant son environnement originel miséreux. Il en va de même de son mari, bienveillant mais distant, qui s'avère être homosexuel et qui est poursuivi pour cela. Aussi sa soeur, nerveuse et rigide, mène la vie dure à Petronella, dite Nella, la protagoniste.
Toutes les contraintes qui tombent sur ces personnages m'ont découragé de cette lecture, menée pourtant à terme, qui a fini par relever du pensum. Elle s'avère néanmoins intéressante, par la découverte d'une société et de son histoire.

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