Station Eleven de Emily St. John Mandel

Station Eleven de Emily St. John Mandel
(Station Eleven)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Killing79, le 19 septembre 2016 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 38 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (31 235ème position).
Visites : 582 

Dystopie pour adulte

On ne compte plus le nombre d’histoires qui débutent après l’apocalypse, lorsque le monde actuel s’est éteint. Au cinéma, dans les séries télévisées ou dans la littérature, c’est devenu monnaie courante. Dans le genre « Young adults », une catégorie a même été créée pour nommer ce type de roman. On appelle ça une dystopie. Le récit se situe dans un univers imaginaire où l’ancienne société a disparu et où de nouvelles idéologies ont pris le pouvoir.

« Station Eleven » est dans cette veine. Mais seulement dans le contexte, car contrairement aux fictions pour adolescents, ce livre n’ambitionne pas de tout révolutionner. Il imagine juste, avec un réalisme pragmatique, le devenir de notre civilisation après l’extermination de la plupart de la population.
Toutes les histoires tournent autour du personnage d’Arthur Leander, un comédien décédé quelques heures avant la pandémie. Portée par une écriture magnifique, la narration oscille entre le passé, avant la grippe mondiale et le présent, des années après le drame. En naviguant ainsi entre ces deux époques, Emily St John Mandel passe au révélateur notre modernité et ses évolutions technologiques. Celles-ci ayant cessé d’exister, les protagonistes en reviennent à la simplicité des relations. Privé d’électricité, de voiture, d’avion, de téléphone, on ressent tout le matérialisme de notre temps et toute la détresse qu’entraîne sa disparition.

Contrairement aux autres dystopies, dans lequel l’Homme est coupable et n’est qu’un ennemi de lui-même, l’auteure a fait de l’humain la force de son roman. Dans un décor de fin du monde, les êtres vivants, même amoindris, représentent le seul avenir de cette nouvelle planète. Tous les personnages, dont elle fait le portrait, sont très attachants et représentent le lien entre les deux mondes. Sans jamais tomber dans la facilité du grandiloquent ou du spectaculaire, Emily St John Mandel nous offre des tranches de vies passionnantes par leur maturité.
Alors que le synopsis souffrait de déjà vu, ce livre est empreint d’une grande mélancolie et d’une grande humanité, qui m’ont tenu en haleine du début à la fin et font de cette aventure un petit chef d’œuvre, à ne surtout pas manquer.

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Quand la Culture est le dernier rempart !

5 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 52 ans) - 26 juin 2017

Emily St. John Mandel (1979- ) est une romancière canadienne anglophone, spécialisée dans le roman policier. En 2014, elle aborde la science-fiction avec son roman "Station Eleven" qui est finaliste du National Book Award.

Toronto (Canada). Arthur Leander -acteur vedette- est sur scène, interprétant "Le Roi Lear" (Shakespeare). Brutalement, il se trompe dans une réplique, fait un malaise et finit par s'effondrer, mort.
La victime supplémentaire d'une pandémie de grippe géorgienne qui va décimer 99% de la population mondiale.
Progressivement, les moyens de communication, l'Internet, l'électricité et les transports ne fonctionnent plus.
La civilisation entre dans un chaos sans retour, le calendrier est remis à zéro, l'humanité entre dans une nouvelle ère.
L'auteur nous propulse 20 ans après. Une troupe de théâtre Shakespearienne itinérante sillonne quelques états américains pour jouer le répertoire du célèbre dramaturge.
Une trame faite d'allers et retours sur les 25 dernières années à la rencontre de personnages qui se révéleront avoir des liens entre eux.
Station Eleven est un roman graphique qui prend forme sous le crayon et le scénario de Miranda, la 1 ière épouse d'Arthur.
Une bande dessinée qui nous renvoie au chaos présent et aux interrogations des hommes : "Qu'adviendra-t-il après ce cataclysme ? " .
Quand une civilisation s'effondre, il faut maintenir la Culture qui identifie le genre humain.

Attiré par les critiques dithyrambiques, j'ai souhaité tenter l'aventure.
J'avoue avoir été très déçu. Il ne se passe absolument rien.
Certes, il nous tarde de connaître le dénouement mais il ne faut rien en attendre...
Admettons néanmoins que le style est agréable et que les chapitres s'enchaînent harmonieusement.
Les liens entre les différents personnages se tissent au fil de l'eau, éclairant le lecteur mais peu de messages forts.
Beaucoup de tapage médiatique pour un roman "post-apocalyptique " très moyen.

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