Le Petit Jesus et la Vie Sexuelle des Poetes de Eric Dejaeger

Le Petit Jesus et la Vie Sexuelle des Poetes de Eric Dejaeger

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 24 mai 2016 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 70 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (18 345ème position).
Visites : 778 

Fans de Skomanski

Ne vous laissez pas abuser par le chatoiement de la couverture de ce recueil composée de collages de Jean-Paul Verstraeten, sous cette une aguichante, vous ne trouverez aucun texte ou autre document à l’honneur de l’arc-en-ciel ou des couleurs qui le composent. Non, vous n’y trouverez que des textes noirs, cyniques, sadiques, mais drôles, incongrus, surprenants, plein de l’humour noir dont Eric Dejaeger inonde régulièrement ses lignes pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

Dans ce recueil, Eric raconte les aventures burlesques d’héroïnes ou de héros qui ont toutes et tous en commun une immense admiration pour un écrivain célèbre connu du seul auteur : Edgar Skomanski en qui l’éditeur voit l’auteur lui-même ou son idole, l’écrivain qu’il vénère par-dessus tous les autres : Jacques Sternberg dont il est l’un des meilleurs spécialistes. Pour ma part, j’aimerais croire que ce Skomanski n’est qu’un double de Jacques Sternberg et que l’auteur est trop modeste pour s’admirer lui-même au point de se mettre en scène dans son recueil.

J’ai lu plusieurs recueils de poésie, d’aphorismes, de textes courts, de nouvelles et même deux romans d’Eric mais je crois que ce recueil est l’un de ses livres que j’ai préférés. Les nouvelles de ce recueil sont souvent inventives, les intrigues surprendront bien des lecteurs, l’écriture en est séduisante et, pour faire bonne mesure, l’auteur a parsemé ses textes de mots particulièrement rares, des mots qui souvent sonnent très joliment et fleurissent gaiement ses lignes.

Et déformation presque professionnelle ? Eric n’a pas hésité à glisser dans ses lignes quelques aphorismes du meilleur aloi comme ces titres d’œuvres attribuées à Skomanski : « Les sept nains de jardin dans la neige blanche », « Déraillement du train-train quotidien »…

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Contes cruels

9 étoiles

Critique de Kinbote (Jumet, Inscrit le 18 mars 2001, 58 ans) - 14 décembre 2016

Vingt-et-une nouvelles d’Éric Dejaeger qui dépotent. N’arrêtent pas de surprendre. Et de nous réjouir…

Avec un fil rouge, Edgar Skomanski, cet écrivain que dans chaque nouvelle des personnages lisent, et dont on n’en saura pas beaucoup plus, ce qui fait aussi le piquant de la trouvaille car l’œuvre d’un écrivain aimé vaut toujours plus que son pitoyable tas de secrets révélé, qui déçoit toujours et ne peut jamais expliquer la magie des livres.

Comme dans les meilleurs crus dejaegeriens (dans Dejaeger, il y a Edgar), celui-ci multiplie les genres et donne à ses différents récits des chutes cruelles, sans points de suspension. L’histoire s’arrête là, inutile de se lamenter ou d’imaginer une consolation. Telles nos vies vouées à un arrêt définitif et sans appel.

Il y a plusieurs histoires qu’on a hâte de rapporter sans toutefois dévoiler la fin. Celle du petit garçon qui trouve en rentrant de l’école d’abord un mot de son papa... (Nouvelle épistolaire). Celle du feu qui prend à la maison familiale ; la mère parvient à force de sang-froid à sauver ses enfants mais oublie une personne… (Le feu de l’amour). Il y a les vengeances non moins terribles que celles des films de Tarantino : celle qui se pratique par l’hypnose (Fais dodo, lecteur mon p’tit frère..), celle qui s’annonce par l’odorat de la victime (Le parfum de la dame en bleu), celle qui se pratique sur le même modus operandi que l’acte traumatisant (Séquelles des dernières vacances passées avec maman et papa). Puis il y a les troublantes, les plus marrantes, les presque tendres…

La mort omniprésente comme génératrice de récits ! Ce qui n’empêche pas l’humour, la poésie, la compassion, le suspense... quand l’auteur qui les agence sous la forme de contes (im)moraux vivifiants sait varier et doser les ingrédients.

Nul doute qu’Edgar Skomanski, s’il en a reçu un exemplaire, aura apprécié.

Le livre présente un alléchant collage de couverture de Jean-Pierre Verstraeten et est préfacé par Jean-Philippe Querton.

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