Mansfield Park de Jane Austen

Mansfield Park de Jane Austen
( Mansfield park)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Folfaerie, le 10 février 2004 (Inscrite le 4 novembre 2002, 48 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (19 711ème position).
Visites : 4 361  (depuis Novembre 2007)

So British...

La famille Bertram qui possède Mansfield Park dans le comté de Northampton, se compose de Sir Thomas, assez rigide et de nature imperturbable, de son épouse Lady Bertram qui préfère la compagnie de son chien à celle de ses filles, et des 4 enfants Tom, Edmond, Maria et Julia. L'aîné est égoïste, les deux soeurs sont frivoles et un peu chipies, seul le cadet est un jeune homme noble et généreux. La famille a donc recueilli une des nièces de lady Bertram, la jeune Fanny Price, que l'on soustrait à son modeste milieu familial sans la moindre vergogne. La jeune Fanny subit l'indifférence des Bertram et surtout la méchanceté de sa seconde tante, la veuve Norris, personnage parfaitement odieux. Sa seule consolation est donc le cousin Edmond dont elle est secrètement amoureuse.
Les années passent, Fanny a 18 ans et de nouveaux venus s'installent dans le voisinage de Mansfield Park, prétexte pour Jane Austen à créer des imbroglios amoureux dont elle a le secret. Miss Mary Crawford ne laisse pas Edmond indifférent, tandis que son frère Henry, séducteur volage, s'éprend de Fanny après avoir semé la zizanie chez les demoiselles Bertram...
On imagine donc les soucis et quiproquos qui vont découler de tout ceci, auxquels on ajoutera un drame familial doublé d'un scandale, ingrédients que l'on trouvait déjà dans Orgueil et Préjugés.

Et cependant, j'ai éprouvé un peu de déception à la lecture de ce roman majeur de Jane Austen, un peu trop moralisateur à mon goût. Nos deux tourtereaux manquent de saveur et on finit par se désintéresser de leur sort.

Néanmoins, comme d'habitude, le roman ne manque pas d'intérêt et Jane Austen brosse un portrait de ce milieu anglais tout en nuance, suranné mais plein de charme.
Il y a bien quelques scènes humoristiques, mais rien d'aussi savoureux qu'Orgueil et Préjugés, décidément mon préféré, et c'est certainement ce qui manque le plus à ce Mansfield Park.

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Les éditions

  • Mansfield park [Texte imprimé] par Jane Austen trad. de l'anglais par Denise Getzler
    de Austen, Jane Getzler, Denise (Traducteur)
    10-18 / 10-18
    ISBN : 9782264024701 ; EUR 8,60 ; 17/04/1996 ; 510 p. ; Poche
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Le style ravissant de Jane Austen est là

8 étoiles

Critique de Elya (, Inscrite le 22 février 2009, 27 ans) - 6 novembre 2012

Il aurait mieux fallu je pense que j'espace mes lectures de Jane Austen. Plus que ravie par Orgueils et préjugé il n'y a même pas 2 semaines, j'ai voulu directement replonger dans un de ces romans de l'époque victorienne illustrant la vie des classes sociales favorisées et surtout les relations entre les jeunes hommes et femmes. Mansfield Park reprend bien des choses que j'avais apprécié dans le plus connu des romans de Jane Austen : intrigue qui va crescendo, style parfait, retenue et ironie, caractères audacieux et opposés sans être trop manichéens... Avec cependant peut-être un peu moins d'attention portée aux ressentiments des différents protagonistes. Je vais attendre un peu avant de retrouver avec délectation Jane Austen, je l'apprécierai ainsi à sa juste valeur.

Mansfield Park

7 étoiles

Critique de Kirioul (, Inscrite le 21 avril 2012, 28 ans) - 28 juin 2012

Mansfield Park est le troisième roman de Jane Austen que je lis. Je l'ai lu d'une traite, l'écriture y est agréable et élégante tout au long. Les descriptions de l'époque 19eme sont toujours aussi distrayantes .
Ayant adoré les caractères d’Élisabeth et Darcy dans Orgueil et Préjugés et de Marianne et Élinor dans Raison et Sentiments, je n'ai pu m’empêcher d’être déçue par les personnalités trop effacées et prudes de Fanny Price et d'Edmund Bertram. Heureusement , la fratrie Crawfort révèle des caractères beaucoup plus complexes et rend la lecture moins fade.

Partagée mais tout de même satisfaite

7 étoiles

Critique de Anou (, Inscrite le 25 octobre 2010, 30 ans) - 25 octobre 2010

J'ai globalement aimé ce roman, qui est le 3ème que je lis de Jane Austen. Je viens cependant de le finir, aussi aurai-je peut-être un avis différent dans quelques mois...

J'ai trouvé que l’intrigue était lente à être mise en place, même si je crois me souvenir que j'avais eu la même impression lors de la lecture d'autres romans de Jane Austen.

J'ai également eu du mal à m'attacher au personnage de Fanny Price, qui me semble trop timide et silencieuse, et que j'aurais aimé voir parvenir à s’imposer face à des personnages comme Mrs Norris ou Maria et Julia Betram. Il lui manque un peu le caractère que j'appréciais chez Elizabeth dans "Orgueil et préjugés" ou la passion de Marianne dans "Raison et sentiments".

J'ai quand même commencé à apprécier Fanny et son intégrité au milieu du roman, justement au moment où selon moi l'intrigue reprend (je situe ce moment au retour de Sir Bertram).

J'ai également trouvé que les sentiments des personnages (hotmis ceux de Fanny) variaient trop rapidement. Ils parviennent ainsi à oublier en quelques pages une personne qu'ils aimaient jusque là par-dessus tout (comme si la fin du roman passait trop vite alors que le début était justement trop lent).

J'ai trouvé enfin le discours des personnages très moralisateur, beaucoup plus en tout cas que dans "Orgueil et préjugés", dans lequel on parlait surtout de liberté et d'indépendance, notamment chez les femmes. Durant le roman, je me sentais ainsi souvent plus proche des opinions des Crawford que de celles des Bertram et de Fanny (notamment sur le clergé).

Cela m'a notamment un peu choquée dans la comparaison qui est faite entre la famille Price (bruyante, malpolie, sale) et la famille Bertram (calme, polie, réservée, bienséante). Où sont passées les critiques de Jane Austen sur l'hypocrisie de la famille Bertram, l'irresponsabilité de ses filles, la froideur et la méchanceté de Mrs Norris ? J'aurais aimé que Jane Austen ne brosse pas qu'un tableau déprimant de la famille de Fanny... Mais peut-être est-ce du à l'époque ou encore au fait que ce soit le point de vue de Fanny qui soit décrit lors de la description des Price...

Cependant et bizarrement, malgré toutes ces critiques, j'ai beaucoup aimé ce roman. Sur la fin, je n'arrivais plus à m'arrêter et j'ai lu les 150 dernières pages d'une traite, incapable de m'arrêter...

J'ai aimé les portraits quelque peu cyniques que Jane Austen fait des personnages, notamment de Lady Bertram ou Mrs Norris. J'ai beaucoup aimé également les personnages de Sir Thomas Bertram (dont les prises de position m'ont souvent surprise) et de Susan (même si celle-ci reste très anecdotique).

Comme toujours avec Jane Austen, j'ai aimé le portrait qu'elle dresse de la société dans ce roman (notamment la classe sociale des Price qui n'était pas du tout décrite dans les autres romans que j'ai lus de Jane Austen).

Fanny Price surannée?

6 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 5 janvier 2008

Je suis encore mitigée par rapport à ce livre. Ce qui est sûr c’est que je ne l’ai pas autant aimé qu'Orgueil et Préjugés. En particulier parce que j’ai trouvé le personnage principal, Fanny Price, un peu nunuche. Bon, c’est l’époque qui le veut, mais je la trouve coincée, plus que les autres héroïnes de Jane Austen. Il n’y pas vraiment de passion, ou moins que d’habitude et la fin est plutôt ordinaire, pas d’effusion de sentiments. J’ai préféré les Crawford, où on sent qu’il y a un peu de vie. Si on met de côté ces éléments, le reste m’envoûte. L’écriture est toujours aussi fluide. Il y a plein de descriptions d’époque, on voyage, on vit, des détails, des détails, des détails, des bals, la haute société, des péripéties. Oui, les péripéties rendent le livre palpitant, surtout que je n’avais pas vu d’adaptation cinématographique.

Je me suis quand même amusée.

I'm a Janéite

9 étoiles

Critique de Cuné (, Inscrite le 16 février 2004, 50 ans) - 31 août 2007

Il était une fois trois soeurs, qui étaient toutes trois fort jolies. C’était là leur plus grande qualité. L’une, Maria, épousa avec bonheur Sir Thomas Bertram, de Mansfield Park (Maria : un petit pois en guise de cerveau !). L’autre, fut contrainte d’épouser le révérend Norris, presque entièrement dépourvu de fortune personnelle (la tante Norris : une saleté de première, et jusqu’au bout !), et la troisième fit la pire des unions : « Quand à mademoiselle Frances, elle se maria, selon l’expression populaire, pour désobliger sa famille, et en arrêtant son choix sur un lieutenant de marine, sans éducation, fortune ou parenté, c’est une chose qu’elle fit à fond. » Tout comme de nombreux enfants (en s’occupant de tout ça par-dessus la jambe !).
Tant et si bien que ses deux sœurs, établies toutes proches l’une de l’autre, décident de prendre à Mansfield Park l’aînée de leurs nièces : Fanny Price.
Lorsqu’elle arrive à MP, elle a tout juste dix ans, et est déjà une nature effacée, timide, rougissante et détestant plus que tout être le point de mire de quoi que ce soit. Les années passent, le traitement qu’on lui réserve est souvent injuste, peu chaleureux ; la plupart du temps sans réelle mauvaise intention, plus par bêtise ou arrogance. Bien que, parfois… Heureusement son cousin Edmond est là, qui dès les premiers jours lui offre son affection pleine et entière.
Et voici que Fanny est devenue une belle, très jolie jeune fille de dix-huit ans. Les Crawford, proches voisins, vont être l’occasion de nombreuses péripéties…

Ouah, Jane Austen n’y va pas avec le dos de la cuillère dans ce long roman qui devient de plus en plus palpitant à mesure qu’on avance dans l’histoire. Ses portraits sont souvent carrément cyniques : « Et poursuivant le cours de ses idées, elle ajouta peu de temps après : « Ecoutez ce que j’ai à vous dire, Fanny, et c’est plus que je n’en ai fait pour Maria, la prochaine fois que mon carlin aura une portée, je vous donnerai un de ses chiots ». Voici le plus beau compliment et cadeau que puisse imaginer le pois chiche de Lady Bertram.
Ou encore la lettre de Mary Crawford pour s’assurer que Thomas est vraiment à l’agonie, auquel cas Edmond deviendrait « Sir » : rarement lu plus abject et follement pernicieux.

Et puis toujours, bien sûr, des bals, des revirements, des amours qui naissent, s’épanouissent, s’égarent, des pauvres sympas, ou pas, des riches bouffis, ou tendres, bref, le 19°, le faste et la plume vive et éblouissante de notre chère, chère Jane Austen.

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