Six degrés de liberté de Nicolas Dickner

Six degrés de liberté de Nicolas Dickner

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Libris québécis, le 24 juin 2015 (Montréal, Inscrit(e) le 22 novembre 2002, 75 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (18 316ème position).
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L'Univers des conteneurs

Avec ce nouveau roman, Nicolas Dickner suit le filon de ses œuvres précédentes. Tous les personnages cherchent la niche où se fixer dans un contexte rendu difficile par la communication déficiente entre autrui. Que répondre aux questions qui suis-je et où vais-je ? On doit puiser à une nappe phréatique des plus profonde pour apaiser sa soif de quête existentielle. Le parcours romanesque de l’auteur suit le sentier opaque du mieux-être. Il faut de l’entêtement pour rencontrer ses objectifs, voire sortir de sa cage pour rompre du quotidien rassurant comme l’illustre la magnifique page de couverture au titre plus ou moins judicieux.

À Huntingdon en Montérégie, Élisabeth, dit Lisa, suit un père passionné de rénovations et une mère entichée d’IKEA. Son ami Éric doit quitter le village avec sa mère, qui a uni sa vie à un Danois. Jay, une ancienne hackeuse, est affectée par la GRC (gendarmerie) aux fraudes électroniques. Mais chacun refuse d’être un golem. Lisa décide de se rendre au Danemark en empruntant la clandestinité que lui offrent les conteneurs. Éric, qui souffre d’agoraphobie, s’est doté chez lui de tout l’équipement nécessaire à l’informaticien qu’il est devenu. Il pilote ainsi à distance le projet de son amie d’enfance. Et Jay s’intéresse au transport des conteneurs. Il est facile de voir comment les fils de l’intrigue vont se croiser, surtout que l’agente de la GRC scrute particulièrement les déplacements de Papa zoulou, le conteneur que Lisa a transformé pour l’adapter à son voyage.

Derrière cette trame qui semble se construire en plans parallèles, l’auteur a brossé la fresque de la société moderne à travers la métaphore de l’univers des conteneurs. Roman allégorique illustrant une mondialisation qui rend opaque les liens entre les humains. Ils apparaissent comme des pièces interchangeables dans un puzzle planétaire. Il faut être rusé pour se faufiler entre les mailles d’un rets qui dépersonnalise l’humanité. Le roman enseigne en fait qu’il faut de la ténacité pour vaincre une société réductrice de nos enjeux qui se perdent dans le fatras de la complexité technologique.

Ce roman ambitieux se propose aux lecteurs comme une méditation sur le sort du genre humain. Pour répondre à son projet littéraire, l’auteur a eu recours à toutes les techniques de l’art romanesque. En passant du thriller à la science-fiction, il ressasse toutes les préoccupations de la société. C’est un peu, en plus nébuleux, le 1984 québécois de George Orwell appliqué à la modernité du jour. Six degrés de liberté est une œuvre colossale qui véhicule un savoir scientifique soporifique pour les profanes. Et toujours chez Dickner, il faut une loupe pour décrypter les sentiments d’autant plus que sa dystopie s’articule autour de pôles cabalistiques.

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9 étoiles

Critique de Ludmilla (Chaville, Inscrite le 21 octobre 2007, 62 ans) - 3 novembre 2017

Non, évidemment… Eh bien, lisez celui-ci !

Le roman décrit alternativement deux histoires se déroulant en grande partie au Canada, celle de deux amis adolescents : Lisa et Eric, et celle de Jay. Bien évidemment ces histoires vont se rejoindre…

Les parents de Lisa sont séparés, son père est rénovateur de maisons, sa mère passe ses week-end chez IKEA.
Eric est agoraphobe et un génie de l’informatique.

Jay est un personnage un peu mystérieux, interdite de séjour en république dominicaine – mais pourquoi ? Qu’a-t-elle donc fait ? D’autant qu’elle travaille à la Gendarmerie royale du Canada… et va s’intéresser à Papa Zoulou, un conteneur étrange, un exportateur introuvable, la seule trace étant la facture des droits de quai.

Difficile d’en dire plus sans gâcher le plaisir des futurs lecteurs/lectrices… (évitez de lire la critique principale , beaucoup trop informative à mon avis, si vous voulez découvrir l’histoire par vous-mêmes). Mondialisation, humour, quelques perruches, un chat…

« tout, mais vraiment tout, fonctionnait avec des logiciels »

« Si jamais Eric se faisait pincer à hacker le défibrillateur cardiaque du voisin, elle le condamnerait à se brancher à internet avec le vieux fax modem téléphonique 14,4 bauds qu’elle conservait au fond de sa garde-robe. Sous ses airs gentils, Mme Le Blanc savait l’art antique de la menace ».

« Rien n’est plus banal qu’un conteneur fantôme »

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